Retraite entre le public et le privé: l'insupportable écart

Publié le 7 Octobre 2016

Retraite entre le public et le privé: l'insupportable écart

Les précautions de style ont beau être nombreuses, le constat reste sans appel. Le dernier rapport de la Cour des comptes sur les retraites des fonctionnaires peut se résumer en deux mots : onéreuses et inéquitables. Selon les magistrats de la Rue Cambon, elles vont continuer à peser lourdement sur les dépenses publiques : le tiers - pour 7 millions de cotisants et de bénéficiaires - de ce que coûte le régime général, qui concerne cinq fois plus d’affiliés. À ce prix-là, elles garantissent évidemment des avantages dont sont loin de pouvoir profiter les salariés du secteur privé.

Devant cet insupportable écart, comment la ministre de la Fonction publique peut-elle, à la lecture de ce rapport, se féliciter de convergences « aujourd’hui réelles » entre le public et le privé ? Celles-ci ne sont d’ailleurs pas dues à la majorité présidentielle, mais essentiellement aux réformes conduites par des gouvernements de droite, en 2003 et 2010. À ces dates, on se souvient, au contraire, de députés socialistes vociférant à l’Assemblée nationale et se joignant dans les rues aux cortèges des manifestants.

En matière de retraite, la gauche a toujours refusé de regarder la réalité en face pour de basses considérations électoralistes. Elle fait mine d’ignorer l’inexorable allongement de la durée de la vie et l’impossibilité de maintenir les agents publics dans leurs dispendieux droits acquis. L’abnégation de nombreux fonctionnaires n’est pas en cause, c’est le ­caractère exorbitant de leur régime qui n’est plus tolérable...

Yves Thréard

Rédigé par La rédaction

Publié dans #économie

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