Viry-Châtillon : les deux policiers sont sauvés mais avec des séquelles importantes

Publié le 24 Octobre 2016

Le professeur Maurice Mimoun, chef du service chirurgie plastique, esthétique et traitement des brûlés de l'Hôpital Saint-Louis de Paris, revient sur le déroulement des soins prodigués aux deux fonctionnaires grièvement brûlés le 8 octobre. Une première communication médicale officielle.

«Les deux policiers grièvement brûlés lors de leur agression le 8 octobre à Viry-Châtillon sont sains et saufs». Tels sont les premiers mots que le professeur Maurice Mimoun, chef du service chirurgie plastique, esthétique et traitement des brûlés de l'Hôpital Saint-Louis de Paris, a confié au Figaro. Il a précisé que cette première communication médicale était officielle et se faisait avec l'accord des deux patients qui ont voulu que l'on témoigne de l'extrême violence de l'agression dont ils ont été victimes.

«Mardi, après la sortie de l'hôpital de la policière, nous n'avons pas voulu communiquer dans la mesure où le pronostic vital de son collègue restait engagé. Aujourd‘hui, on peut être raisonnablement rassuré. Et je peux communiquer selon leur souhait. Après leur violente agression, ils ont été admis au centre des grands brûlés de l'Hôpital Saint-Louis (Assistance publique - Hôpitaux de Paris). Ils souffraient de brûlures au visage et aux mains. La jeune femme a reçu des soins spécialisés et est maintenant traitée en soins externes. Dès son arrivée, le jeune adjoint de sécurité, brûlé au 3e degré profondément au visage et aux mains, a bénéficié des soins de réanimation réalisés par l'équipe du professeur Alexandre Mebazaa et des soins chirurgicaux prodigués par mon équipe. L'intervention chirurgicale a consisté à l'excision de toute la brûlure et à son remplacement par une greffe prise sur son cuir chevelu. Ses mains ont été traitées puis immobilisées par des fixateurs externes permettant ainsi de les maintenir dans la meilleure position pour qu'elles récupèrent au mieux leur mobilité.»

À la question pourquoi les mains et le visage des policiers ont-ils été si gravement touchés, le Professeur Mimoun répond: «Au moment où les projectiles et cocktails Molotov ont percuté leur véhicule, les policiers ont eu le réflexe de se protéger le visage avec leurs mains. Malheureusement, ce réflexe appelé «syndrome face-mains» ne permet pas de protéger le visage ni les faces dorsales des mains dont la peau est très fine donc très vulnérable. C'est pourquoi, ils ont été grièvement brûlés. Si le pronostic vital des deux policiers n'est plus engagé, il n'en demeure pas moins qu'une longue phase de rééducation et sans doute d'autres interventions chirurgicales seront nécessaires. La vie sauvée ne veut pas dire que leur parcours médical est terminé. Le visage et les mains sont les deux zones du corps les plus visibles. C'est pourquoi, il est important de préciser que le pronostic fonctionnel, social et esthétique des deux patients est quant à lui engagé. Ils garderont des séquelles importantes que nous nous efforcerons de limiter.»

Et le professeur Maurice Mimoun de conclure: «Les deux policiers ont affronté cette épreuve avec énormément de courage et de dignité constamment entourés de leur famille.»

lefigaro.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Faits-divers

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