Zones de non-droit: bientôt des Casques bleus dans les cités ?

Publié le 13 Octobre 2016

Zones de non-droit: bientôt des Casques bleus dans les cités ?

Premier sauvageon –« Mais juste, c’est pas parce que je cautionne pas que, euh, je sais pas comment vous l’expliquer en fait… »

Journaliste – « Vous l’excusez, ça, ou pas ? Vous le comprenez ? »

Deuxième sauvageon – « Moi, je le comprends. Je le comprends très bien. Ils viennent, ils nous contrôlent, ils nous parlent mal, ils font les malins. C’est-à-dire, ils nous bousculent. Hey, ils nous font des trucs de ouf. Hey, faut pas se plaindre qu’après on pète les plombs. Hey, comme j’ai dit hein.

Hey, vous ou n’importe quel citoyen lambda, il se mange le contrôle, un contrôle que nous on se mange tous les jours par la BST, mais demain, il va chez le psychologue ! »

Le courroux des jeunes « sauvageons » de cette jolie bourgade de Viry-Châtillon est parfaitement légitime. Ne sont-ils pas constamment harcelés par la police alors qu’ils incarnent l’innocence même d’une jeunesse travailleuse et foncièrement honnête ? Ils ont eu raison de jeter des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre. Après tout, un État étranger a tenté d’occuper leur zone de non-France sans prévenir le dealer en chef de l’ambassade, ni même les autorités religieuses. Une déclaration de guerre en bonne et due forme en l’an 2016 après la République française !

En fait de policiers, il faudrait rebaptiser nos forces de l’ordre« Casques bleus de la République », tant leur rôle ressemble à s’y méprendre à celui des forces de maintien de la paix de l’ONU en zones de conflit. Certains quartiers sont sortis de la France. Les habitants ne veulent plus appliquer les lois du pays, rétifs à toute forme d’autorité. Pour préserver la paix civile, l’État demande à la police de surveiller des instruments de surveillance qui ne conduiront à aucune interpellation et ne réduiront pas l’insécurité chronique de ces poudrières en puissance que fuient tous ceux qui le peuvent encore.

Conscients qu’il est plus facile de gérer politiquement et médiatiquement les morts de deux policiers que de se retrouver avec de nouvelles émeutes de « banlieues » sur le modèle de celles connues en 2015, les pouvoirs publics ont décidé de laisser des quartiers en autogestion, vivant grâce aux aides publiques qui achètent la paix sociale et au trafic de drogue que l’on fait mine de surveiller pour mieux le tolérer car il nourrit des familles qui, autrement, prendraient peut-être un jour les armes.

Quelles solutions a trouvé l’exécutif pour lutter contre ce pourrissement qui menace l’existence même de notre nation ? Pardi : des dispositifs anti-caillassage sur les voitures de police et des tenues ignifugées ! Plus effrayant pour les voyous, Manuel Valls envisage « d’entamer une réflexion » sur l’usage de caméras mobiles en temps réel. Jamais l’expression « pansement sur une jambe de bois » n’aura été aussi proche de la réalité…

Effrayés par les zones de non-France qui menacent d’exploser dès que la police essaye de faire correctement son travail, les pouvoirs publics n’ont plus d’autre choix que d’équiper les policiers pour éviter que les cadavres s’amoncellent… L’État a renoncé à maintenir l’ordre public, se contentant de réagir mollement au cas par cas et de jeter nos impôts dans le tonneau des Danaïdes appelé « politique de la ville » (100 milliards d’euros gaspillés depuis 40 ans). Nous devons affronter des bandes de meurtriers qui haïssent la France, pas des écoliers ou des « sauvageons », selon le terrible euphémisme du sinistre de l’Intérieur.

Gabriel Robin
Juriste

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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