Après Hollande le déluge

Publié le 29 Novembre 2016

Après Hollande le délugeAyant terminé son mandat avant même de l’avoir commencé, François Hollande aura connu un parcours difficile et… pluvieux. A tel point qu’en mai prochain, il quittera le pouvoir sous une pluie diluvienne qui emportera la gauche toute entière. Toute la gauche ? Non, des îlots ont décidé de résister à la marée et s’affirment à travers la multiplication des candidatures. Dernière en date, celle De Sylvia Pinel, représentante du Parti radical de gauche et ancienne ministre sous Hollande…

Depuis le 20 novembre, Hollande se sentait pousser des ailes en voyant dans la victoire surprise de François Fillon à la primaire de la droite et du centre l’espoir d’un prochain triomphe dans son propre parti. Balloté, chahuté, contesté voire honni par une frange importante du PS et de la gauche, Hollande croit encore et toujours en sa bonne étoile. Mal aimé des sondages, il saura rassembler une fois sa candidature annoncée officiellement. Contre la droite, les électeurs de gauche se rallieront en masse derrière celui qui a tant déçu mais qui peut afficher en gros sur son front : produit socialiste.

La victoire de Fillon face à Juppé se doit être la première étape de l’ascension hollandaise. L’ultralibéral et tatchérien Fillon sera combattu par les troupes du général Hollande et sera vaincu en rase campagne. Une épopée électorale et politique digne de figurer dans les livres de la grande Histoire de la gauche. Sauf que cette épopée ne sera qu’à signaler dans les rayons « contes et légendes » faute de troupes prêtes à se sacrifier pour un Hollande qui a démontré toute son incompétence au cours de ces cinq dernières années. Les socialistes quittent le navire amiral un à un et les partis satellites du PS ont bien compris que leur survie à moyen terme passait par une indépendance (au moins affichée) vis-à-vis de leur grand frère. Battus, tous, ils verront dans la multiplication des candidatures la cause de l’échec retentissant de la gauche en mai 2017. Les plus lucides d’entre eux sauront que la défaite et le bilan de Hollande sont deux frères siamois.

A chacun son arche de Noé

Deux stratégies de survie s’affrontent. Il y a ceux qui savent que leur avenir personnel tient au parti socialiste (ou plutôt à ce qu’il en restera) et ceux qui n’ont d’autre choix que de rompre les liens avec le PS pour sauver leur petite boutique politicienne. Parfaits représentants de cette seconde thèse, les écologistes ont désigné leur candidat à l’issue d’une primaire qui a atteint des sommets de ridicule avec moins de 15 000 électeurs qui ont daigné prendre cinq minutes de leur temps. Une primaire qui se voulait moderne et la plus ouverte possible car faite en ligne et accessible aux animaux comme l’a démontré ironiquement une journaliste du Monde. Malgré tout, avec une tête d’affiche au premier tour de la présidentielle, les écologistes pourront expliquer aux électeurs de gauche qu’ils ne s’associent pas au bilan de Hollande malgré la présence au Gouvernement de plusieurs de leurs éléphants (Duflot, Placé…).

La même stratégie vient d’être adoptée par le Parti radical de Gauche dont les quelques représentants ont investi Sylvia Pinel pour porter leurs couleurs lors de la prochaine élection. Une candidature en dehors même de la primaire de la gauche qui est symptomatique de la maladie dont est victime le socialisme. La priorité est de se dissocier de l’échec attendu du PS tout en sachant qu’on ne pèsera pas sur les débats. En 2011, quand la gauche attendait l’alternance, Jean-Michel Baylet, président du PRG s’était essayé à la primaire afin de gratter un maroquin. 0,64 % des votes en sa faveur auront suffi à remplir cette mission peu périlleuse, mais l’ambiance a changé et quel que soit le score qu’obtiendrait le PRG à la primaire de la gauche, il se tirerait une balle dans la tête. Après Mélenchon puis Macron, François Hollande voit une autre brèche s’ouvrir. La faiblesse du PRG ne devrait pas l’effrayer, mais il est tant balloté qu’un demi-point de perdu est une catastrophe face à un FN au sommet et une dynamique Fillon incontestable.

Un ballotage historique pour un président de la République qui devra affronter ses anciens ministres et alliés au cours d’une primaire où toute la pauvreté intellectuelle du PS sera déballée sans fard. Une primaire destinée à se distinguer de son voisin et du bilan Hollande à laquelle le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, souhaite que Hollande et Valls participent. Un combat des chefs de l’exécutif qui doit enterrer définitivement un président capable de rien et dont la faiblesse aura créé tant de Brutus. Des « traitres » qui ne pensent qu’à leur survie et sont prêts à arracher des lambeaux du PS pour s’en faire une bouée de fortune. Triste mais sain crépuscule pour une gauche qui n’aura eu de cesse de martyriser la France.

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Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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