Attaque d’un TER à Cannes : doit-on vraiment se faire à tout ?

Publié le 8 Novembre 2016

Gilles-William GoldnadelDes «jeunes» ont attaqué avec des bombes lacrymogènes les passagers d’un TER à Cannes. Gilles-William Goldnadel remarque la banalité d’un acte comme s’il fallait finalement que l’opinion s’habitue à tout, y compris au pire.

La semaine écoulée aura été marquée par sa banalité. Comme je l’ai déjà signalé dans une précédente chronique hebdomadaire, l’opinion commence à s’habituer au pire. Une sorte de banalité du mal qui s’installe pour de bon.

Ainsi, les 7 samouraïs républicains, au-delà de leurs talents respectifs et de leur programme économiques et sociétaux décomplexés sur le papier, ont perdu, ce me semble, un peu de la hauteur. Les attentats passés commencent à s’estomper.

Quant à l’avenir tragique, on verra plus tard. Le train-train pépère de la violence est arrivé vendredi encore, avec une régularité dont plus personne ne s’émeut vraiment médiatiquement. C’est dans un T.E.R Vintimille-Grasse qu’une bande de «jeunes» pleins de sève ont gazé quelques vieux impuissants. Samedi, c’est à Dijon que le train-train est descendu sans crier gare! Des pompiers et des policiers attaqués à coups de pierres mais aussi de cocktails Molotov (France Info). Pourquoi des pompiers? Comme dans la fameuse blague sur les coiffeurs. Sauf qu’ici ce sont les flics qui remplacent les juifs…

Les migrants qu’on évacue et qui reviennent sans fin. L’État dépassé mais qui pérore encore. Hollande qui plastronne à propos de Calais et Cazeneuve qui affabule effrontément en prétendant qu’aucun des évacués de la ville du Nord ne s’est retrouvé près de la Gare du Nord.

L’opinion commence à s’habituer à cette bataille de Stalingrad qui ressemble chaque jour un peu plus à une guerre de position. Le ministre de l’Intérieur, qui a, pour toute stratégie, une propagande à laquelle personne ne croit plus, risque de finir comme un certain Paulus.

Toutes les images auront été galvaudées, du tonneau des Danaïdes au sapeur Camembert qui écope sans fin une barque trouée. Est-ce tellement difficile de reconnaître que la situation migratoire n’a strictement rien à voir avec ce que la France a connu lors des vagues des époques passées? Est-il si difficile de reconnaître une infraction exceptionnelle à la légalité constitutive d’une invasion délibérée?

Au passage, on remarquera la discrétion avec laquelle la presse de gauche, hier encore ultra-papiste, a feint de ne pas entendre la conversion de François à plus de «prudence» dans l’accueil par l’Europe des migrants d’Orient. Le souverain pontife conseille subitement aux responsables européens de «calculer» si leurs pays respectifs peuvent se permettre d’accueillir des gens qui risqueraient sinon d’être «ghettoïsés».

En ce qui concerne la France, les calculs sont faits, c’est même la Cour des Comptes qui s’en est chargée… 70 % de réfugiés non éligibles au droit d’asile. 1 % de ceux-ci expulsés conformément à la loi républicaine. Un coût de la migration qui s’élèvera à 1 milliard. Dans ce contexte, ce seront les SDF français qui pâtiront les premiers de la tragédie financière. Les uns auront froid cet hiver, les autres seront ghettoïsés. Peut-être, le successeur de Pierre aurait pu y penser avant ses déclarations chaleureuses du temps des mois d’été.

Alain Juppé quant à lui, s’est rendu calmement sur la dalle d’Argenteuil. Zen. Un fakir sur une planche à clous. Rien à voir nous dit-on avec le petit nerveux au discours belliqueux. La gauche ayant fait son deuil des lendemains qui chantent, préfère à tout prendre une droite qui déchante.

Quelques jours avant, dans la même cité «sensible», un enseignant était roué de coups par deux voyous qui l’ont traité de raciste parce qu’il réprimandait l’un de ses élèves dont il leur avait dit qu’il était leur maître. Le professeur, salement amoché et traumatisé, ne se souvient plus si les jeunes lui ont dit que seul «Allah est le maître».

Et manifestement, lors de la visite d’Alain Juppé à Argenteuil, tout le monde, y compris le visiteur placide, avait oublié la bastonnade de l’enseignant impudent.

On se fait à tout. Même à la fraude dans les médias américains. La presse française plus convenue que convenable avait fait des gorges chaudes des accusations de Trump sur les tricheries des grands organes de presse acquis à la cause démocrate. Elle est donc passée en trombe sur la démission de la politologue Donna Brazile de la chaîne CNN, pour avoir prévenu à l’avance Clinton des questions qui lui furent posées lors d’un débat crucial.

Exactement le type de comportement qui rendrait populiste un professeur d’histoire médiévale de Cambridge.
La chaîne franco-allemande Arte, délibérément acquise à la cause clintonienne, sans complexe de neutralité obligatoire excessif, a diffusé toute la semaine passée un reportage sur le climat électoral qui régnerait à Nashville Tennessee. Je supplie mon lecteur incrédule de visionner le film que la télévision progressiste a posé fièrement sur son site. Un cas d’école. Un must. Qui me dispensera de tout commentaire. Voici ci-après la liste des cinq personnes retenues pour commenter l’élection à venir:

1: un pasteur chrétien résolument anti-Trump.
2: une militante noire antiraciste radicalement contre Donald.
3: une musulmane incriminant l’islamophobie de Donald Trump
4: un latino clandestin regrettant de ne pouvoir voter.
5: un travailleur blanc autant écœuré par les démocrates que par les républicains.
6: Faut-il vraiment se faire à tout ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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