François Hollande, le boulet

Publié le 30 Novembre 2016

À 5 mois de l’élection présidentielle, la gauche est en train d’exploser. La raison ? Son navire amiral, le parti socialiste, est incapable de rassembler, car son capitaine, François Hollande, est devenu le boulet, certain d’entraîner tout le monde par le fond.

 

Alors que la droite et le centre viennent de se donner un nouveau leader qui a de bonnes chances de mettre des bâtons dans les roues du Front national par son conservatisme assumé, la gauche n’en finit pas de tomber en miettes. À la gauche de la gauche, les militants communistes ont décidé de valider la stratégie d’union derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon samedi dernier.

Soutenu par 53,6% du PCF, Mélenchon ne fait pas un plébiscite et pâtit des hésitations et des scrupules de la base. À la gauche de la droite, Emmanuel Macron tente de faire oublier sa proximité avec le gouvernement sortant et mise sur une social-démocratie moderne teintée de libéralisme. Manuel Valls lui-même se sent pousser des ailes et estime pouvoir proposer un bilan politique fondé sur le républicanisme et l’autorité.

Enfin, les éternels groupuscules satellites du Parti socialiste comme EELV et le PRG préfèrent miser sur leurs propres forces plutôt que de négocier des accords pré-électoraux avec leurs partenaires de toujours. Et les militants socialistes ? Ils se sont même déplacés aux primaires de la droite pour essayer de désigner un candidat qui puisse un peu leur rendre justice, Alain Juppé. C’est dire si la confiance en l’avenir règne…

Le Parti sans tête

Mais pourquoi la gauche se met-elle en ordre de marche en ordre dispersé ? Pourquoi autant de personnalités, même de second plan (pardon Sylvia Pinel et Yannick Jadot), estiment-elles pouvoir tenter leur chance lors de ces élections ? Pourquoi les électeurs de gauche se mettent-ils même à voter à droite pour tenter d’influencer l’orientation prise par LR ? Parce qu’il semblerait qu’il n’y ait personne à la tête du parti socialiste.

Il semblerait aussi que le bilan de l’exécutif, quel que soit l’angle pris, soit totalement indéfendable. En d’autres termes, François Hollande a réussi le tour de force de faire l’unanimité contre lui, jusqu’à créer la zizanie dans ses propres rangs.

Les médias pour se refaire

Non seulement le bilan politique de François Hollande est marqué par le sceau de l’immobilisme, mais son absence totale de sens politique a éclaté au grand jour avec les révélations de son livre d’entretiens avec Davet et Lhomme.

Non content de livrer quelques secrets d’État, de flinguer en public ses derniers soutiens et de juger doctement que Fillon ne serait jamais désigné comme candidat de la droite, F. Hollande a clairement indiqué qui étaient pour lui ses derniers soutiens : la presse et un certain journalisme de cour. Il n’est donc pas étonnant de lire dans Le Journal du Dimanche sous la plume de quelques artistes la nécessité d’en finir avec le Hollande Bashing. Malheureusement, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

Le boulet

La division de la gauche a donc à sa source le manque de leadership du parti socialiste, dont le candidat naturel est à peu près certain de perdre, dans tous les cas de figure, et surtout d’obtenir un score tellement pitoyable qu’il promet de renvoyer le PS dans l’opposition pour un bon bout de temps. C’est pour cette raison que tout le monde prend ses distances avec l’actuel président, qui semble frappé de malédiction.

Tout le monde a compris que pour lui, c’était fini. Seulement, la discipline de parti, d’allié, ou même la connivence idéologique, masquent l’évidence : Hollande est devenu le boulet qui entraîne la gauche de gouvernement vers le fond.

 

Frédéric Mas

contrepoints.org

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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