Jean Pierre Pernaut, les SDF et les migrants: sans langue de bois !

Publié le 12 Novembre 2016

Jeudi 10 novembre 2016, 13 h 10, je viens d’allumer la télévision. JT de TF1. Des SDF – ils sont trois ou quatre, nous sommes à Limoges – sont groupés autour d’une camionnette de la Croix-Rouge et tentent, couverture sur les épaules, de résister au froid. Celui-ci, en ce début novembre, s’est brutalement abattu sur la région.

L’un bredouille, presque inaudible, je l’observe attentivement : une belle bouille de Français, même si le nez est un peu trop rouge et que d’imposantes cernes (de vraies valises Samsonite) mangent son visage. Mais non, je me trompe, il ne bredouille pas, il s’exprime avec aisance pour nous conter son malheur. Sa déchéance est celle d’un homme de la quarantaine, d’un inconnu, d’un monsieur Tout-le-Monde, privé de foyer. Plus de boulot, une famille désespérée, obligée de quitter le domicile avec les premiers frimas et, le plus grave, l’impossibilité de payer le loyer. Alors il s’est mis à errer, à marauder, comme disent les associations caritatives.

Un verre de soupe réchauffe ses pauvres mains. À voir celles-ci et sa mine chiffonnée, on peut le croire bien plus âgé. Il baisse les yeux, il ne veut pas que ses connaissances l’identifient, il a honte de son état.

Une gentille dame de la Croix-Rouge appelle sur son portable ; pour la énième fois, elle demande – je dirais même, au son de sa voix, elle implore – une place pour son protégé dans un centre d’accueil. Hélas, il n’y a pas de lit pour ce misérable chemineau.

Ils sont tous pris. Normal : priorité aux migrants. Eux sont médiatisés tous les jours, eux ont droit aux artistes et à l’ultra-gauche qui se mobilisent et les soutiennent.

 

La dame explique son désarroi puis exprime son dépit devant cette injustice : « Encore une fois, il n’y a pas de place pour eux ce soir. »

Après un bref au revoir, elle remonte dans sa camionnette, honteuse de ne pouvoir faire plus. L’homme, lui, confus, balance un merci au moment où la portière claque. Sans un mot de plus, il s’enfonce dans la nuit glaciale. Il ne tourne pas, une dernière fois, la tête vers la caméra, il ne veut pas que sa silhouette fasse la une des journaux. De toute façon, celle-ci est réservée aux nouveaux arrivants, son visage trop franchouillard ne peut fasciner les bobos des Buttes-Chaumont.

Car lui n’exige pas un lit dans un anglais approximatif, lui ne monte pas dans un bus climatisé, quartier Stalingrad, pour rejoindre un hôtel réquisitionné. Sa seule solution pour se réchauffer, il la valide dans un gros rouge qui génère aussi l’oubli.

Dans un rapport sévère rendu public en octobre 2015, les sages de la Cour des comptes ont relevé que la quasi-totalité des personnes déboutées du droit d’asile restaient en France après l’examen de leur demande…. Ils déploraient aussi, in fine, que cet « engorgement des hébergements pour les demandeurs d’asile se répercute sur l’hébergement d’urgence de droit commun » à destination des sans-abri et s’inquiétaient d’un « risque d’éviction des SDF ».

Sur le plateau de télévision, Jean Pierre Pernaut en fin de reportage, le regard triste, retenant peut-être sa colère, ose une phrase incorrecte : « On n’a plus de place pour les sans-abri mais, en même temps, les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France. » Sans transition, comme on dit à la télé…

Au feu la langue de bois, histoire de nous réchauffer un peu le cœur. Merci, Jean-Pierre !

 
J.-P. Fabre Bernadac
Ancien officier de Gendarmerie

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Immigration, #medias

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