Les Roms dévalisaient les touristes à la tour Eiffel et au château de Versailles

Publié le 17 Novembre 2016

Le programme était quasiment immuable : escapade quotidienne au château de Versailles (Yvelines), le matin, et cap sur la tour Eiffel (VIIe), l’après-midi. Mais les seize hommes et femmes, tous ressortissants roumains, qui comparaissent depuis hier devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris, n’ont rien de touristes avides de découvertes culturelles.

Augustin, Rebecca, Rita, Alexandre et leurs complices présumés, qui occupent en rangs serrés les deux box de la salle d’audience, s’intéressent, eux, aux visiteurs, de préférence asiatiques, qui fréquentent par milliers les lieux touristiques de Paris et d’Ile-de-France. Des proies ciblées, et méthodiquement dépouillées par le gang, qui aurait sévi sans relâche entre 2013 et 2015, et engrangé des centaines de milliers d’euros. Des sommes investies dans de luxueux achats et des biens immobiliers dans leur pays d’origine.

Ce sont les autorités roumaines qui signalent en septembre 2014 à leurs homologues français les activités suspectes du groupe. Tous logent dans un hôtel Ibis Budget des Hauts-de-Seine qui leur sert de quartier général. Et les surveillances et écoutes téléphoniques, immédiatement mises en place par les enquêteurs de la Sûreté territoriale (ST), sont édifiantes. Chaque jour, Aurel et Suraj, les deux « logisticiens », constituent les équipes qui s’embarquent en taxi, direction Versailles, pour les uns, la tour Eiffel pour les autres.

 

« La vérité, c’est qu’on payait les gardiens ! »

Au château, les touristes sont piégés dans l’aile sud, aux caisses automatiques, où ils se font dépouiller de leurs cartes bancaires et portefeuilles. Ou dans la galerie du Roi, souvent plongée dans l’obscurité lors de la projection de films. « Ils volaient même devant nous, a soutenu une employée devant le juge d’instruction. L’un d’eux m’a fait, avec les doigts, un geste menaçant, signifiant que j’étais repérée, et il a volé un visiteur en me regardant dans les yeux. Les sommes dérobées étaient parfois colossales, jusqu’à 80 000 € en un week-end… Mais les touristes asiatiques ne restent souvent que quelques heures, et beaucoup d’entre eux ne déposent pas plainte. »

Dans le box, n’y tenant plus, l’un des prévenus se lève et tonne : « La vérité, c’est qu’on payait les gardiens ! Ceux qui donnaient le plus d’argent pouvaient voler plus ! » Mais autour de lui, le reste du gang réfute l’accusation portée. A la tour Eiffel, les pickpockets se mêlent aux touristes, à hauteur du pilier ouest : là encore, poches et sacs sont vidés à la faveur de bousculades savamment orchestrées. « Oui, on volait, acquiescent-ils, un brin goguenards. Mais on ne menaçait pas… » L’audience se poursuit jusqu’à vendredi.

 leparisien.fr

 

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Faits-divers

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