Libérez Jacqueline Sauvage !

Publié le 26 Novembre 2016

Libérez Jacqueline Sauvage !Aujourd’hui a lieu la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. C’est un sujet de société majeur comme en témoignent les chiffres suivants.

Une femme sur sept (14,5%) déclare avoir subi au moins une forme de violence sexuelle au cours de sa vie. Le nombre de personnes disant avoir été victime d'au moins un viol, une tentative de viol ou des deux dans les 12 derniers mois est estimé à 62.000 femmes. Parmi ces victimes, 27.600 femmes cumulent au moins un viol et une tentative de viol. En ajoutant les personnes victimes d'autres agressions sexuelles dans l'année écoulée (attouchements, baisers imposés, pelotage) on dénombre au total 580.000 femmes victimes de violences sexuelles l'année passée. Au total, plus de 5% des femmes de moins de 35 ans, soit une sur vingt, disent avoir subi une agression sexuelle dans les douze derniers mois.

Ces chiffres sont le reflet d’une France devenue barbare, d’une “France Orange mécanique” pour reprendre le titre du best-seller de Laurent Obertone. Le pays de la galanterie, de l’amour courtois est en passe de devenir celui où les femmes doivent se méfier tous les soirs d’être suivies en sortant du travail, en rentrant chez elle ou dans leur parking.

C’est une bonne chose de sensibiliser tous les français par une journée annuelle consacrée à ce sujet douloureux. C’est encore mieux de la part de l’Etat de montrer l’exemple. Par exemple en rendant la liberté à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari qui l’a violentée pendant quarante ans et qui a de surcroit battu et violé ses trois filles. Or après un premier refus du tribunal d’application des peines de Melun le 12 août dernier, c’est la cour d’appel de Paris qui à son tour a rejeté cette demande d’aménagement de peine cette semaine, à laquelle le parquet général ne s’était pourtant “pas opposé”.

Sa condamnation avait suscité une vague d’indignation. Après la mobilisation de ses filles et de nombreux élus et personnalités, Jacqueline Sauvage a obtenu le 31 janvier dernier une grâce partielle du président François Hollande, notamment de la période de sûreté, lui permettant de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. Mais aujourd’hui, à l’occasion de cette journée des violences faites aux femmes, Jacqueline Sauvage croupit toujours dans sa cellule. Et ce double discours tenu par les pouvoirs publics est insupportable.

 

Yves de Kerdrel

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Justice

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