Neuf millions de personnes vivent en France sous le seuil de pauvreté

Publié le 18 Novembre 2016

Le Secours catholique-Caritas publie, ce jeudi, son rapport annuel sur la pauvreté en France. Un bilan toujours plus noir, avec des marqueurs qui s’accentuent de façon dramatique, dessinant une société dont les fractures, loin de se réduire, s’écartent au contraire davantage.

Au vu des chiffres de 2015, la catastrophe se porte bien. Il suffit, pour en prendre la mesure, comme cela a été mentionné maintes fois ici, de sortir le soir dans les rues de la capitale : c’est un dortoir à ciel ouvert. Partout sur les trottoirs, sous les auvents des boutiques, dans les encoignures de portes, des familles sur des matelas de fortune. Ceux-là sont la partie « visible », l’abcès qui nous dit combien notre société est malade, mais les politiques ne les voient pas. Ils ne sortent pas le soir, ou alors sirènes hurlantes dans leur limousine avec chauffeur et vitres teintées.

Les autres sont des survivants, pas encore à la rue mais déjà sur le « skid row », comme on dit chez Donald Trump. La pente glissante.

En quelques chiffres : neuf millions de personnes vivent en France sous le seuil de pauvreté, fixé à 1.008 euros par mois en 2014.

Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique, confiait sur France Info que, parmi ces pauvres, on recense « trois millions d’enfants et 1,5 million de jeunes âgés de 18 à 30 ans ». En moyenne, les familles – le plus souvent la mère seule et ses enfants – disposent de 932 euros de revenus.

 

Les 68.000 bénévoles de l’association ont accueilli 1.463.000 personnes en 2015, soit une hausse de 2,7 % par rapport à 2014. C’est une population constituée à 54 % de femmes, mais il apparaît que « la pauvreté chez les hommes est repartie à la hausse et qu’elle se répand chez les personnes d’âge mûr et plus âgées ». Chiffre lui aussi très signifiant – mais Bernard Thibaud appelle à ne pas faire de discrimination entre les pauvres : la population étrangère est de plus en plus importante, jusqu’à représenter 34 % du total des personnes accueillies – en hausse de 8 points – alors que leur nombre en France « reste quasiment stable. […] Cela confirme leur précarisation croissante dans notre pays », écrit le rapport. Parmi ces migrants, « il y a plus de femmes, de jeunes et d’enfants. On compte aussi davantage de migrants d’Europe de l’Est et d’Afrique subsaharienne », lesquels, c’est évident, « arrivent en étant déjà en situation de précarité ».

Ainsi, en 2015, 19,5 % des personnes accueillies par le Secours catholique n’avaient aucune ressource, et le rapport souligne que 38 % des personnes accueillies pourraient avoir recours au RSA et ne le font pas, faute d’information.

De tout cela on peut tirer au moins la conclusion que la politique sociale dont les gouvernements successifs, toutes tendances confondues, se gargarisent est spectaculairement inopérante ! Dans un pays qui détient le record mondial de l’impôt, le chômage ne régresse pas, la pauvreté s’envole dans les hautes sphères, le système de santé vacille et le système éducatif qui passe son temps en réformes fumeuses produit toujours plus d’inégalités et de décrocheurs. Alors, quand va-t-on se décider à changer de politique ?

Marie Delarue
Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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Kalu 18/11/2016 10:14

Et pendant ce temps là, les envahisseurs toujours plus nombreux arrivent et sont pris en charge.