Notre-Dame des Landes, symbole de l’échec socialiste

Publié le 15 Novembre 2016

La cour administrative d’appel a validé les arrêtés autorisant les travaux engagés pour Notre-Dame-des-Landes malgré les conclusions contraires du rapporteur public dont tous attendaient explicitement ou implicitement qu’elles soient suivies (Le Figaro).

Surtout le gouvernement.

Thierry Mandon, qui demeure implacablement lucide et intelligent au sein de ce pouvoir qui s’effiloche, a déclaré sincèrement qu’il ne savait pas « comment on sortira de cette affaire » (Le Figaro).

De la même manière que l’affaire Tapie-Lagarde-Guéant-Sarkozy a été, pour le quinquennat de ce dernier, la transgression la plus grave pour la morale et les finances publiques, la gestion du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est révélatrice du comble d’incohérence, de désordre et de lâcheté de la part du pouvoir de François Hollande. Qui, pourtant, ne nous a pas privés sur ce plan infiniment négatif.

Un Courteline tragique

Il y aurait de quoi rire mais il faudrait plutôt faire appel à un Courteline tragique.

Cet aéroport, voulu par Jean-Marc Ayrault, avait vu son dessein formé avant 2012 et des travaux préparatoires ont été engagés avant que la responsabilité de la suite incombe exclusivement aux gouvernants socialistes et écologiques.

Ce qui me fascine est de devoir constater avec quelle persévérance, quel acharnement, quelle énergie, quel talent l’État a rigoureusement tout tenté, tout accompli pour n’avoir pas à exercer son autorité. Pour parvenir à se défausser. Pour n’avoir pas à reprendre à son compte ce qui avait été conçu avant lui. Pour ne pas risquer de sanctionner, d’expulser, de restaurer l’ordre public.

Comme il a essayé de tout exploiter — le droit, les zadistes, le comportement des gendarmes, la mort d’un manifestant à Sivens, le résultat pourtant clair du référendum, les recours administratifs, l’opposition entre le Premier ministre et Ségolène Royal — non pas pour entreprendre et mener à bien ce qui relevait de son devoir d’État mais au contraire pour l’éviter, y échapper !

Pas de nouveau prétexte pour le gouvernement

On comptait sur la cour administrative d’appel. Dans l’indépendance et la liberté, elle a refusé de fournir un nouveau prétexte au gouvernement. Il devra faire preuve d’autorité et de cohérence. Bouger vraiment. Mais son imagination est illimitée : il dénichera de nouveaux alibis pour son impuissance.

Je parie qu’il sortira encore quelque chose de sa manche pour résister à la tentation de l’action et de la fermeté.

Je suis certain qu’on ne verra jamais mieux ou pire. Le tour de force incessant, quotidien pour ne pas à avoir à user de la force légitime et espérée. Une machine à l’envers. Un délitement comme une avancée. Déguisé en progrès.

Notre-Dame-des-Embrouilles n’est pas encore derrière nous.

Philippe Bilger

contrepoints.org

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Socialistes

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