Pourquoi François Hollande n’est plus respecté

Publié le 4 Novembre 2016

François HollandeGénéralement, on respecte la fonction, même si l’on n’apprécie pas la personne. Pascal distinguait les « grandeurs naturelles », qui méritent l’estime, et les « grandeurs d’établissement », qui doivent la mériter. Il tient à ce sujet des propos que nos politiciens pourraient méditer : « Si vous êtes duc et honnête homme, je rendrai ce que je dois à l’une et à l’autre de ces qualités […]. Mais si vous étiez duc sans être honnête homme […], en vous rendant les devoirs extérieurs que l’ordre des hommes a attachés à votre naissance, je ne manquerais pas d’avoir pour vous le mépris intérieur que mériterait la bassesse de votre esprit. »

Le problème de Hollande, c’est qu’il a montré, au cours de son mandat, qu’il ne possédait ni les « grandeurs d’établissement », ni les « grandeurs naturelles ». Il a lui-même abaissé sa personne et sa fonction. Faut-il s’étonner, dans ces conditions, qu’il soit de moins en moins respecté ? Aujourd’hui, plus attaqué que jamais – y compris dans son propre camp -, il est conspué par l’opposition et même par son Premier ministre. Tout respect, fût-il d’apparence, a disparu !

Ce déclin de respectabilité ne date pas d’hier, mais la publication de son livre de confidences, Un Président ne devrait pas dire ça, a provoqué une déflagration qui a détruit le peu de crédit qu’il gardait encore chez quelques irréductibles fidèles ou affidés. Signe de la gravité de la crise : François Hollande subit à la fois des critiques contre son action et contre sa personne, comme si l’on ne pouvait démêler l’une de l’autre. Les Présidents antérieurs ont pu révéler des failles de comportement ; aucun n’avait à ce point suscité l’irrespect.

Dès l’origine, une grande partie de la population se moquait d’un Président élu par défaut.

On raillait aussi cet homme qui, voulant être « normal », manquait de prestance, prenait comme plaisir à s’habiller de costumes étriqués et froissés, ne savait pas faire un nœud de cravate, raffolait de « petites blagues », comme si le manque de distinction et une espèce de vulgarité pouvaient le rendre populaire. Quel mépris pour ce peuple qu’il prétendait défendre ! Il a contribué à renforcer le dégoût de la démagogie et les interrogations sur la manière de faire de la politique.

 

Les premières manifestations de son quinquennat, notamment contre le mariage pour tous, ont remis en cause la légitimité, non seulement du garde des Sceaux, mais aussi du Président, qui disait tout et son contraire. On entendit dans les rues, puis l’on vit dans les airs, au-dessus des plages, le slogan « Hollande, démission ! », marque d’une rupture profonde entre le chef de l’État et une majorité de Français. Des huées et des sifflets, un 14 Juillet sur les Champs-Élysées, s’élevèrent au premier passage du chef de l’État avant le défilé.

La gestion des attentats de 2015 aurait pu rehausser la réputation de François Hollande : sa cote de popularité remonta bien quelques jours… pour mieux retomber, tant sa crédibilité était déjà abîmée. L’approche des élections présidentielles, les primaires délient des langues généralement plus policées. Des personnalités de gauche comme de droite déclarent ouvertement qu’elles n’ont « pas de respect pour François Hollande ». Le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre ne ménagent pas leurs critiques. C’est bientôt l’hallali !

Car une dernière raison explique ces manifestations d’irrespect – pas la plus honorable. Les uns veulent dissuader François Hollande de se représenter, les autres veulent le déstabiliser et le décrédibiliser davantage : tous se jettent sur lui comme sur un animal blessé pour l’achever.
 Malheureusement pour lui, Hollande l’a bien cherché ! Sa seule issue serait de renoncer à une nouvelle candidature.

Jean-Michel Léost
Professeur honoraire

bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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