Tout sauf Bayrou !

Publié le 11 Novembre 2016

Juppé et BayrouLe deuxième débat télévisé entre les candidats à la primaire de la droite et du centre, plus vivant, plus incisif que le précédent, les a vus longuement polémiquer à propos du fondateur du MoDem.

D’ordinaire, dans une compétition, les concurrents se liguent contre celui qui a le plus de chances de l’emporter : en l’occurrence, Alain Juppé selon les sondages. Or, les candidats n’ont pas jugé bon de l’interpeller ni de le houspiller. Ainsi a-t-il pu poursuivre son chemin tranquille de favori, la tête haute. Le plus curieux était de voir alignés côte à côte un ancien président et son gouvernement : son Premier ministre, François Fillon, son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, sa ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, et son ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. Tous l’ayant accompagné durant le quinquennat sans avoir trop l’air d’en souffrir. Jean-François Copé, qui présidait le groupe UMP à l’Assemblée nationale, a lui toujours conspiré à l’échec de Nicolas Sarkozy.Règlement de comptes retard, comme on le dit des effets des médicaments ? On s’est envoyé quelques piques entre amis : NKM était la plus griffeuse, Bruno Le Maire le plus redresseur de torts et Copé le plus retors. Nicolas Sarkozy leur a répondu en patron, les mouchant tout en gardant le sourire. François Fillon, égal à lui-même, s’est montré habile en disant prendre sa part du bilan du quinquennat, pour mieux plaider une politique radicalement différente à l’avenir.

Et pourtant, on est resté sur sa faim. Ce débat est long mais donne à chacun des temps de parole trop courts pour saisir ce qui les différencie. “Sept nuances de droite” ? Plutôt le choc de sept personnalités. Une hiérarchie est déjà établie, avec un tiercé (dans le désordre ? ) : Nicolas Sarkozy, ancien président, Alain Juppé et François Fillon, anciens Premiers ministres. La prime à l’expérience. La génération du renouveau devra patienter.

Alain Juppé, qui se place en héritier de Jacques Chirac, conserve son statut de préféré. Nicolas Sarkozy n’est pas le mieux placé, mais il demeure celui qui mobilise le plus le noyau dur de l’électorat de droite. Et François Fillon grignote du terrain, persuadé qu’il pourrait être la surprise de la primaire.

Tous ont jugé que l’on avait trop parlé de François Bayrou. La faute à Nicolas Sarkozy ? Une obsession chez lui, et aussi une nécessité. Le maire de Pau est son ennemi le plus tenace. Une incompatibilité d’humeur doublée d’une rivalité politique. François Bayrou, qui rêve de l’Élysée (il s’est présenté trois fois), n’a jamais accepté l’élection de Nicolas Sarkozy.

Les hostilités démarrent en 2007. Arrivé troisième au premier tour de la présidentielle (avec 18,57 % des voix), il a continué à débattre avec Ségolène Royal entre les deux tours, comme s’il était encore dans la course. Il n’avait donné aucune consigne de vote pour le second tour, avouant même avoir glissé un bulletin blanc dans l’urne. Dans la foulée, il franchit une étape de plus dans sa longue marche vers l’indépendance en créant le MoDem (“ni droite, ni gauche”) pour se substituer à l’UDF. Pour lui, plus question que le centre se fige dans une alliance traditionnelle avec l’UMP. Aux municipales, son parti s’alliera donc au cas par cas à la gauche ou à la droite.

En 2008, il publie un pamphlet contre Nicolas Sarkozy : Abus de pouvoir, le traitant d’« enfant barbare », façon de se poser en opposant numéro 1 et en candidat incontournable pour la présidentielle de 2012. Las, nouvel échec ! En 2016, il soutient Alain Juppé. Une erreur majeure selon Nicolas Sarkozy, qui n’a pas pardonné que François Bayrou fasse voter Hollande en 2012. « Je ne veux pas que la future majorité soit otage de Bayrou », dit l’ancien président, qui reproche à Alain Juppé de s’allier à « un homme de gauche ». « Je ne lui ai rien promis, il ne m’a rien demandé », rétorque le maire de Bordeaux. Sauf que, pour le noyau dur des partisans de Nicolas Sarkozy, le nom de Bayrou sert de repoussoir : tous aux urnes, tout sauf Bayrou !

Catherine Nay

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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Vent d'Est, Vent d'Ouest 11/11/2016 10:11

Ni Bayrou, ni LR/PS. Il reste qui ? Aucun n'est fiable. Hélas !

ressonus 11/11/2016 10:08

Tout sauf Bayrou et son acolyte Hollande. Un incapable ça suffit,deux c'est une indigestion assurée.

Charles 11/11/2016 08:15

...Bayrou = Modem bas-débit
Elle n'est pas de moi ...