Un gendarme assassiné. Quand rejoindront-ils le mouvement des policiers ?

Publié le 29 Novembre 2016

Sa femme et ses enfants l’ont attendu en vain. Le major Christian Rusig ne rentrera plus à la maison : il a été assassiné.

23 heures, samedi soir, sur une petite route de campagne entre Ussat et Tarascon-sur-Ariège.

Une patrouille de police avec, à son bord, le commandant de la brigade (55 ans) et un gendarme (48 ans) qui terminent leur service et s’apprêtent à regagner leur logis. Alertés par le comportement suspect d’un véhicule, ils appellent immédiatement des renforts et le prennent en chasse.

Le suspect effectue un demi-tour et roule vers leur voiture. Pensant l’intercepter, les gendarmes se mettent en travers de la route et le commandant sort du véhicule. Mal lui en prit : le suspect fonce, le percutant de plein fouet. Le major Rusig décédera quelques heures plus tard.

Oh, bien sûr, au gouvernement, on montre les muscles ! « Le conducteur du véhicule devra répondre devant la justice de cet acte inqualifiable », annonce le résident de l’Élysée.

Son ministricule de l’Intérieur fait part « de sa très vive émotion et de sa grande tristesse ».

Il parle d’« acte odieux [qui] rappelle que, chaque jour, les gendarmes comme les policiers exposent leur vie pour protéger celle des autres ». Il en appelle, comme à chaque funeste occasion, à la justice qui devra faire preuve de « toute la fermeté nécessaire ».

 

Ah oui, la fermeté de la justice ? Celle grâce à qui un délinquant notoirement connu des services de police se balade en toute liberté ? Personne ne les a « briefés » sur son pedigree, Hollande et Cazeneuve, avant qu’ils ne nous servent leur soupe habituelle ?

Ce type-là – sur lequel aucun journal ne s’est appesanti concernant sa nationalité ou origine — qui a « délibérément » foncé sur les gendarmes, on va donc leur rappeler pourquoi il a été de nombreuses fois incarcéré.

Viol sur mineur, incendies, cambriolages, vols, rébellion, port d’armes, outrage, violation d’interdiction de séjour en Ardèche, conduite sans permis de conduire. Rien de moins.

Ah, oui, la justice ! Celle qui permet à un délinquant, d’évidence doté de tous les vices et sans la moindre parcelle de repentir, de continuer de commettre ses forfaits ?

La justice, mais quelle justice, quand les médias cherchent par tous les moyens à les minimiser ?

Des « délits plutôt mineurs », selon Le Figaro.

Un individu qui n’appartient « pas au grand banditisme » – c’est censé rassurer ? – selon Libération. Qui va d’ailleurs jusqu’à occulter le flagrant délit puisqu’il n’encourra la réclusion à perpétuité, peine prévue dans le cas « d’homicide volontaire sur militaire ou gendarmerie nationale », que… « s’il est mis en examen et reconnu coupable ». Il pourrait donc être reconnu innocent ?

Quant à francetvinfo, le site parle d’un « suspect »… heureusement neutralisé par le second gendarme !

La justice ? Celle évoquée par un procureur de la République prenant soin de préciser que le coéquipier « l’a mis en joue (le tueur à la voiture) sans faire usage de son arme malgré le contexte » ? Sous-entend-elle – en écho à la vision de Bernard Cazeneuve pour qui un bon policier évite de faire usage de son arme – que le contraire eût été fâcheux ?

Deux gendarmes tués dans l’exercice de leurs fonctions, en 2015. Christian Rusig est la 8e victime en 2016. Qui aurait dû être évitée. Ne reste plus, à Hollande et Cazeneuve, qu’à organiser une énième cérémonie de remise de médaille à titre posthume…

 
Caroline Artus
Ancien chef d'entreprise
 

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Faits-divers

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