Vous avez voté Fillon et vous serez représentés par des UDI-juppéistes ?

Publié le 30 Novembre 2016

L’arithmétique électorale est parfois d’une exactitude étonnante, comme dans ce second tour de la primaire. Il est vrai que les résultats du premier et le désistement logique de M. Sarkozy en faveur de Fillon, en cohérence avec les attentes de ses électeurs, étaient clairs. Tout comme le positionnement centriste de M. Juppé.

Ainsi, M. Fillon a totalisé presque exactement son score du premier tour avec ceux de MM. Sarkozy, Poisson, Le Maire : 2,9 millions de voix. Et M. Juppé avec celui de NKM : 1,45. Je ne compte pas les 0,3 % de M. Copé…

Il n’y a pas eu de surmobilisation, ni d’un côté, ni de l’autre. Ce qui en dit long, et pour l’un, et pour l’autre…

Si l’on tient compte des 15 % d’électeurs de gauche qui sont venus voter Juppé, le véritable rapport entre la droite Sarkozy-Fillon et le centre Juppé, c’est 80 %-20 %, et non 2/3-1/3, comme pourraient le laisser croire les chiffres bruts.

Cette primaire a eu aussi le mérite de rappeler cette vérité.

À l’heure où M. Fillon s’emploie à mettre le parti en ordre de marche pour la présidentielle, c’est une donnée majeure.

Certes, le rassemblement est légitime.

Mais pas à n’importe quel prix. Notamment celui de la ligne, et des convictions conservatrices.

 

Il ne s’agit pas de demander des têtes, mais de la cohérence. Non seulement au niveau des instances du parti, mais dans les fédérations, et pour les investitures aux législatives.

Les trois millions d’électeurs de M. Fillon, et notamment la droite de conviction qui lui a donné la victoire dès le premier tour – et qui lui sera indispensable pour l’emporter au printemps, notamment face au Front national -, n’accepteront plus d’être représentés, et trahis, par des responsables UDI-juppéiste pour qui « valeurs » et « convictions » ne sont que des mots creux, passe-partout. Et qui n’ont jamais daigné regarder ce qui se passait sur leur droite, depuis quatre ans.

Si le rassemblement et l’ouverture sont indispensables, les électeurs de novembre ont bien signifié vers quel côté il devait se faire.

Le peuple de droite qui a désigné Fillon ne lui a pas donné un blanc-seing. Il a aussi validé une ligne. Et des refus : M. Juppé et ses soutiens centristes et gauchistes. Si le candidat s’éloignait de cette ligne et de cette cohérence, nul doute que cet électorat, qui a su faire preuve d’une liberté et d’un esprit de révolte face aux consignes d’en haut, n’hésiterait pas à manifester à nouveau son mécontentement. Et son indépendance.

 

Pascal Célérier

bvoltaire.fr​​​​​​​

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

Commenter cet article

Vent d'Est, Vent d'Ouest 30/11/2016 16:28

Qui vous dit que l'on votera pour Fillon en 2017 ? C'était juste un moyen pour se débarrasser de Juppé.