IVG : la liberté d'expression menacée

Publié le 1 Décembre 2016

IVG : la liberté d'expression menacéeL’Internet devient la bête noire du Système. Incapable de contrôler cette communication qui se joue des monopoles, le pouvoir suit une pente totalitaire en voulant mettre au pas ce monde libre. Ce dernier est déjà le plus souvent caricaturé sous le terme de "fachosphère", selon le vieux procédé stalinien de l’amalgame et l’insulte. C’est dans ce contexte liberticide que doit être replacée la proposition de loi de Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits de femmes, qui sera examinée jeudi par les députés. Le texte vise à appliquer un "délit d’entrave à l’IVG" à l’encontre de sites qui cherchent à dissuader les femmes de recourir à l’avortement. L’IVG n’étant pas une obligation légale, rien n’empêche de tenter de l’éviter. Or le sectarisme du gouvernement est tel qu’il ne veut voir qu’une provocation intolérable dans des démarches se proposant d’écouter la détresse existentielle de femmes confrontées soudainement à leur état. Cette atteinte à l’élémentaire liberté d’expression, que la gauche semble prête à assumer, est révélatrice de l’intolérance qui mine ses rangs. Le vote d’un tel délit viendrait légitimer la police de la pensée, que les Français se supportent plus. Cette régression démocratique deviendrait alors un fardeau supplémentaire à porter par un "progressisme" ayant décidemment trahi tous ses idéaux.

A dire vrai, l’entêtement que montre Mme Rossignol à vouloir banaliser à tout prix l’avortement reflète une idéologie féministe devenue irresponsable. L’esprit de la loi Veil de 1975 n’a jamais été de banaliser l’IVG, d’en faire une simple méthode de contraception. Or c’est cette voie qu’a emprunté le gouvernement depuis 2012 en supprimant la notion de "détresse", puis le délai de réflexion, en remboursant à 100% l’acte médical et ceux qui lui sont associés, en votant une résolution pour affirmer le "droit fondamental" à l’IVG. Dans Le Figaro de ce mercredi, le professeur Israël Nisand admet qu’"il n’est pas politiquement correct de dire qu’il peut y avoir des troubles psychiques ou des regrets en aval d’une IVG". Les sites que le gouvernement aimerait sanctionner n’existent que parce que lui-même ne se préoccupe pas d’offrir une information complète et équilibrée. Personne n’envisage en France d’interdire l’avortement et de mettre à nouveau la vie des femmes en péril par des recours artisanaux. En revanche, une information efficace sur les méthodes contraceptivespourrait éviter ces recours massifs (plus de 200.000 par an), qu’encourage de surcroit une pornographie accessible aux plus jeunes. Un exemple : Sausage Party, film d’animation interdit au moins de 18 ans aux Etats-Unis, sort ce mercredi en France avec une interdiction aux moins de 12 ans.

Ivan Rioufol 

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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