Les lycéens manifestent pour Theo : ces claques qui se perdent…

Publié le par LA REDACTION

Les lycéens manifestent pour Theo : ces claques qui se perdent…

On connaissait Émilie Jolie, la jolie comédie musicale de Philippe Chatel, mais on ne savait rien du MILI. Le MILI, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’a rien d’une pâte fromagère à tartiner pour le goûter, mais d’un truc autrement plus sérieux que ces petits plaisirs d’interclasses. Car le MILI, c’est le Mouvement Inter Luttes Indépendant. Inter Luttes et pas turlute, amis lecteurs – un peu de concentration, tout de même ! C’est de trucs sérieux, qu’on vous cause…

Le MILI, donc, appelle à la mobilisation pour Theo – à ne pas confondre avec Pokémon GO, pour demeurer dans le registre estudiantin. Le MILI, disions-nous, est parvenu à bloquer quelques lycées parisiens, situés dans les quartiers les plus cossus de la capitale, tel qu’il se doit. Non sans quelques problèmes, sachant qu’aux alentours du lycée Colbert, dans le Xe arrondissement, une trentaine de lycéens auraient été molestés par des ouvriers, sûrement un brin agacés qu’on vienne les empêcher d’aller gagner leur croûte sur un chantier voisin.

Être de gauche, ce n’est pas facile tous les jours, surtout lorsque des gosses de riches doivent aller expliquer à un ouvrier les inévitables et malheureux aléas des classes laborieuses.

Semble-t-il, ce n’est pas non plus du velours d’aller assurer les racailles de banlieue d’une sorte de solidarité prolétarienne, face aux violences policières, réelles comme présumées. Ce mercredi dernier, dans les couloirs de « Bistro Libertés », où j’allais porter haut et fort les couleurs de Boulevard Voltaire avec ma chère consœur Charlotte d’Ornellas, cette dernière nous expliquait, durant la pause, ce qu’elle avait vu à Bobigny, lorsque couvrant les manifestations censées défendre Theo, à grand coups de vitrines fracassées, de voitures brûlées et de flics molestés.

 

En fait, rien de bien neuf sous le soleil et rien que l’on n’ait constaté ces dernières années.

Si l’on résume, les derniers Blancs de ces « quartiers » sont des Arabes, le reste étant tenu par des Noirs originaires d’Afrique subsaharienne. Le peu d’ordre qui subsiste, on le doit aux mères, souvent seules, mais également seules à se faire respecter. Le gros de la troupe n’est pas forcément hostile, quoique… Le reste profite de la situation pour s’amuser à tout casser, et même à faire flamber une voiture de RTL. Et au milieu ? Quelques dizaines de gauchistes, ambiance zadiste, qui crient très fort contre les flics, histoire de se faire respecter de l’indigène, mais pas trop fort quand même, de crainte de se faire taxer son portable dernier cri.

 

Puis, la nuit tombée, tout ce joli petit monde s’en va rejoindre les lofts parentaux en évitant de faire trop de bruit. Logique : maman lit Télérama et papa prend des nouvelles de sa prostate. Bref, c’est la fin de la récré. Et de s’endormir en rêvant aux exploits militaires du Che Guevara. Encore un petit effort, camarade : MILI pour commencer et militaire demain ? Dans tes rêves, gamin !

 

Nicolas Gauthier
Journaliste, écrivain

bvoltaire.fr

 

Publié dans France

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