Christine Angot, visage outrancier de la « gauche morale »

Publié le par LA REDACTION

Christine Angot, visage outrancier de la « gauche morale »

Non, Christine Angot ne regrette rien. "Moi agressive ?", s’étonne-t-elle ce lundi dans Libération, au rappel de sa prestation de vendredi sur France 2 face à François Fillon. Sous la Terreur, la justice expéditive des Comités de salut public devait probablement ressembler à ce procès bâclé et bavard auquel l’écrivain s’est prêtée, au nom du peuple français. Son intervention aurait pu être l’interpellation légitime d’une citoyenne s’adressant à un candidat donnant le sentiment de vivre dans un monde à part. Mais le dialogue est devenu une accusation sans preuves, motivée par la seule certitude de Mme Angot de représenter le peuple, la vertu, la vérité. La haine et l’hystérie ont crevé l’écran. "Je n’ai aucun sens de la répartie", concède la harengère, qui ne pousse pas plus loin son autocritique. Mme Angot, accueillie en héroïne sur deux pages du nouveau Père Duchesne, résume ce qu’est devenue la "gauche morale" : une violente imposture qui ne s’embarrasse pas du respect minimum dû à l’interlocuteur, condamné avant d’avoir été entendu. Le scandale Fillon, que la justice et les médias mettent en feuilleton en tirant le moindre bout de ficelle, pourrait devenir un scandale d’Etat, tant le poids de l’exécutif apparait de plus en plus dans la volonté de faire tomber le candidat des Républicains, au profit d’Emmanuel Macron.

Le problème n’est pas de savoir s’il y a, concrètement, un "cabinet noir" à l’Elysée. La gauche abuse de cet argument, improuvable en effet, pour contester la "machination" dont Fillon accuse François Hollande. Il existe plus sûrement des connivences informelles, des structures clandestines, qui lient entre eux, pour des motivations politiques, des élus, des policiers, des juges, des journalistes. Cette amicale des comploteurs n’est pas propre à ce quinquennat. Cependant, celle-ci est sacrément efficace. L’opération de déstabilisation de Fillon laisse voir une professionnelle maîtrise du temps et des dossiers. Dans ce contexte, les Républicains ont raison de saisir, ce lundi, le procureur de Paris et le procureur national financier, suite à des révélations apportées par le livre "Bienvenue Place Beauvau". Selon six responsables LR qui ont lancé la procédure, 17 passages du bouquin relèveraient des qualifications d’association de malfaiteurs, corruption, trafic d’influence, atteinte à la vie privée, abus d’autorité, violation du secret de l’enquête, du secret professionnel, etc. Rien n’est pire que les donneurs de leçons de morale qui ne s’appliquent pas à eux-mêmes ce qu’ils exigent des autres. La gauche est dans cette tartufferie. Le déchaînement de Mme Angot contre Fillon a symbolisé le visage, outrancier et injuste, du camp du Bien. Attention au retour de manivelle.

Ivan Rioufol

Publié dans Gauche

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Vent d'Est, Vent d'Ouest 27/03/2017 20:10

Madame Angot, dans sa diatribe, ne représente qu'elle-même et ses semblables et en aucun cas la majorité des Français dont elle invente les états d'âme en miroir à ses propres ressentiments. Sa lecture - au propre et au figuré - des accusations hystériques face à un Fillon stoïque m'a profondément choqué. Si elle considère ne pas avoir été agressive, c'est son problème, en tout cas ce n'est pas ainsi qu'elle a été perçue, même par le public présent à l'émission que j'ai visionnée sur le Net, et qui l'a huée mais applaudi les réponses de Fillon à tel point que Pujadas a dû tenter de recadrer l'auditoire.