Débat de la présidentielle: au secours, Marx et Lénine sont candidats !

Publié le par LA REDACTION

Débat de la présidentielle: au secours, Marx et Lénine sont candidats !

Pour Nicolas Lecaussin, la plupart des candidats ont développé durant le débat une idée étatiste et marxisante du travail, par le prisme de la lutte des classes. Il s'étonne que cette vision domine les débat, en France et en 2017.

Ils étaient 11 sur le plateau télé afin d'aborder des thèmes comme l'emploi, la sécurité ou bien la moralisation de la vie politique. Qui aurait cru qu'on était en France, en 2017?

Sur les 11 candidats, 10 ont fait des propositions étatistes, voire... 10,5 si l'on compte la grande ambigüité de Macron pour une demi-part! Quatre d'entre eux sont des léninistes révolutionnaires prêts à en découdre, comme en 1917, avec la moitié de la population. Inquiétant à seulement quelques semaines des élections. François Fillon a été effectivement le seul à prôner plus de libertés pour les Français et à rappeler qu'il y a une dette - très importante - qui pèse au-dessus de notre tête. Les autres - à l'exception de Macron - ont désigné, à tour de rôle, les boucs émissaires favoris des politiques: l'Europe, la mondialisation, le libre-échange, l'Allemagne, le patronat, les multinationales, les riches, les marchés financiers, les banques, l'immigration… Qui dit mieux? Si la France va mal, bon dieu mais c'est bien sûr! C'est leur faute! et non pas celle… d'un Etat omnipotent et impuissant à la fois, d'une classe politique biberonnée à l'argent public, d'une énarchie qui enfonce l'économie du pays depuis plus de 40 ans ou des dépenses publiques largement au-dessus de la moyenne européenne.

Pratiquement tous les candidats (à l'exception de François Fillon) ont proposé d'augmenter les dépenses et d'embaucher plus de fonctionnaires. Mais dans quel monde vivent-ils? Avec des dépenses publiques à 57 % du PIB, des prélèvements obligatoires à 45 % et 6 millions de fonctionnaires, nous devrions avoir, selon leurs critères, les meilleurs services au monde et l'économie la plus prospère! Et la Guyane, qui ne vit que des subventions publiques, devrait être un paradis sur terre!

Sur les 11 candidats, 4 sont issus de l'ENA, deux seulement ont travaillé dans une entreprise privée (à moins que l'on ne considère aussi M. Macron avec sa courte période de connivence public/privé). Leur vision de l'économie est celle de la lutte des classes qui nécessite un fort interventionnisme. A remarquer aussi le fait que certains n'ont pas hésité à citer Marx lors du débat et que M. Poutou a même été applaudi ! On aurait pu lui rétorquer plus clairement que les délégués syndicaux bénéficient d'une «immunité syndicale», qu'il est pratiquement impossible de les licencier...

Aucun candidat n'a mentionné les réformes faites à l'étranger, quel que soit le secteur économique. D'ailleurs, tout ce qui vient de l'étranger est vu comme une menace.

Y a-t-il des libéraux dans la salle? A la fin du débat, si on l'on avait posé la question, aurait-on vu une main se lever? Etions-nous en 2017, ou en… 1917? Pauvre France.

Nicolas Lecaussin, Directeur de l'IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales).

lefigaro.fr/vox

 

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