En choisissant Macron, Fillon plonge Les Républicains dans le chaos

Publié le par LA REDACTION

En choisissant Macron, Fillon plonge Les Républicains dans le chaos

Après une campagne en forme de supplice, le candidat Les Républicains a immédiatement appelé à voter pour Emmanuel Macron. Stupéfiant une partie de son électorat.

 

Eclatement imminent à droite

 La droite s’apprête à exploser : personne ici ne doute de l’intégration prochaine de Christian Estrosi dans l’équipe d’Emmanuel Macron. Gérard Longuet confie qu’il ne votera pas pour l’ancien ministre de l’Économie. Pas tant qu’il ne se sera pas excusé pour avoir qualifié la colonisation française de crime contre l’humanité. Combien de ténors partiront rapidement chez le nouveau favori de l’élection présidentielle ? s’interrogent-ils tous. Hervé Novelli dégaine : “Avec sa consigne de vote, François a donné un permis de tuer…”

Deux heures plus tôt, au milieu d’un QG peu approbateur et largement sidéré par une telle consigne, François Fillon, arrivé troisième du premier tour de l’élection présidentielle, a sans attendre appelé à voter pour Emmanuel Macron. Réaction immédiate d’un partisan après l’allocution : “Fillon s’est flingué tout seul avec Macron. Personne n’ira voter pour lui.” De nombreux militants sont au mieux perplexes, quand ils ne disent pas clairement qu’ils voteront Le Pen. Aucun de ceux interrogés n’affirme vouloir voter Emmanuel Macron. Plutôt que de s’abstenir avec le “ni-ni”, François Fillon a ainsi ouvert une brèche dans son électorat, brèche dans laquelle se sont sans surprise engouffrés Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin ou encore François Baroin, en affichant leur soutien à l’ex-patron de Bercy. Macron contre Le Pen, c’était évidemment le pire scénario que Les Républicains pouvaient imaginer. L’obligation d’une recomposition de la vie politique, à droite. La fin de l’ère des ténors, la remise en liberté de la base électorale.

Emmanuel Macron ou “ni-ni” ?

En prenant cette décision, François Fillon pose son dernier acte d’indépendance, dessine son ultime contre-pied. Initialement un bureau politique Les Républicains devait se tenir le lendemain des résultats et acter, en cas de défaite, un “ni-ni” doublé de cette revendication : “pas une voix pour Marine Le Pen”. Bruno Retailleau avait dit : “Attention…” Pas de vote pour le Front national, certes, mais pas d’appel automatique en faveur de Macron non plus. Brice Hortefeux, Gérard Larcher, Bernard Accoyer ou encore François Baroin avaient convenu de cette tactique. Nicolas Sarkozy également. Les dirigeants ayant échafaudé cette idée partaient du principe suivant : aucune consigne ne pouvant satisfaire l’électorat, la priorité revenait à protéger les élus… 

François a voulu tenir bon sur la ligne Fillon. Jusqu’au bout : lors de sa conférence de presse au lendemain de l’attentat du 20 avril, le candidat Les Républicains joue résolument la sobriété, refusant, contre l’avis d’une partie de son entourage, de renvoyer, dos à dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron comme des risques d’aggravation de la menace terroriste. Par souci de sa stature. Au soir du 23 avril, Éric Woerth lâche ce mot terrible : “Ce n’est pas une défaite de la droite, c’est une défaite de François Fillon.” L’une n’empêchant pas de précipiter l’autre dans l’abîme de la recomposition.

Lire l'article complet de Tugdual Denis, Pierre Dumazeau, Patricia Sagazan ici: valeursactuelles.com

 

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