Marine Le Pen renvoie à plus tard la sortie de l’euro

Publié le par LA REDACTION

Marine Le Pen renvoie à plus tard la sortie de l’euro

En cette fin de campagne, la candidate du FN ne cesse de relativiser l’urgence de ce projet, central dans son projet mais impopulaire dans l’opinion.

Le conseil vient tout droit de l’année 1990 et d’une note de l’Institut de formation national, un organe du FN destiné à l’instruction de ses cadres. «Se taire là où on est faible, recommande le texte. C’est par exemple le cas quand un point de programme est fort peu populaire […] Reconnaître ses torts peut être catastrophique, car l’adversaire saisira la balle au bond et concentrera le tir sur votre point faible». Près de trente ans plus tard, cet avis semble suivi à la lettre par Marine Le Pen : constatant l’impopularité de l’une de ses promesses fondamentales, la sortie de l’euro, la candidate du Front national ne cesse de la reformuler pour rassurer l’opinion. Une stratégie recommandée de longue date par certains membres de son entourage, mais qu’elle n’aura vraiment fait sienne qu’en fin de campagne.

Officialisant samedi matin leur alliance de second tour, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont ainsi présenté une «feuille de route commune», résultat des négociations entreprises cette semaine. «La transition de la monnaie unique à la monnaie commune n’est pas un préalable à toute politique économique, y lit-on notamment. Le calendrier sera adapté aux priorités et aux défis immédiats que le gouvernement de la France devra relever». Une formulation beaucoup plus vague que l’habituel discours frontiste, même si «le droit pour chaque pays de gérer sa monnaie et sa banque centrale» reste mentionné en toutes lettres dans ce document.

Aux micros de RFI et d’Europe 1, Marion Maréchal-Le Pen a ouvertement évoqué samedi un changement de tempo : «La question de la monnaie n’est pas le seul problème économique en France : il y a beaucoup d’autres chantiers à mener (…) La question de la monnaie attendra les élections européennes de 2018 dans l’espoir de voir arrivers nos alliés aux affaires, notamment en Italie (…) Il y aura un long débat, peut-être de plusieurs mois ou de plusieurs années, avant que nous ne prenions cette décision historique».

Confirmation dans l’entourage de la candidate : «Plusieurs années, sans doute pas, mais plutôt un an que six mois. L’idée, c’est qu’il n’y a plus de calendrier fixe. Il faut donner du temps en temps. Ce qui l’emporte c’est le pragmatisme. Beaucoup d’autres choses que l’euro peuvent être mises en place immédiatement. La question de la monnaie se posera, mais nous n’en faisons plus un sujet central».

Un référendum sur l’euro

Ce scénario n’est pas celui qu’avait jusqu’ici tracé Marine Le Pen. La candidate évoquait plutôt l’ouverture immédiate de négociations avec les autres pays-membres, visant à récupérer les principales compétences déléguées à l’Union européenne. Puis, six mois après la victoire de Marine Le Pen, un référendum sur le résultat de la discussion. Un délai qualifié samedi de «pas tout à fait réalisable» par Marion Maréchal-Le Pen. La candidate a plusieurs fois affirmé qu’elle ne resterait pas à son poste si les électeurs décidaient de maintenir l’Union européenne sous sa forme actuelle. Elle a aussi souligné que la sortie de l’euro conditionnait «70%» du reste de son programme.

Ce scénario se voulait lui-même plus rassurant, comparé à de plus anciennes prises de parole de certains frontistes, et notamment du vice-président Florian Philippot. Celles-ci pouvaient laisser entendre que le projet du parti était une sortie immédiate de la monnaie unique, aussitôt Marine Le Pen élue. La récente édulcoration de cet objectif a de quoi rassurer ceux qui, autour de la candidate, voyaient en lui un véritable repoussoir pour nombre d’électeurs, notamment les seniors et les sympathisants de droite. Le sujet représentait même «un « point de détail » économique», selon un membre de l’équipe de campagne : allusion à la célèbre déclaration de Jean-Marie Le Pen, et à la durable marginalisation qui s’en était suivie pour le Front national.

© Gaïa pour www.Dreuz.info

Source : Liberation.fr

Publié dans Politique, FN

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Vent d'Est, Vent d'Ouest 30/04/2017 13:14

Pour rendre Marine Le Pen forte et lui permettre de faire les réformes annoncées, il lui faut aussi une forte majorité parlementaire, voire très forte, car ses adversaires, on a tous tous pu le constater ces derniers sont machiavéliques à souhait. Aidez-la à aider la France à se reconstruire dans tous les domaines, pour nous, pour nos enfants et nos petits-enfants.

Vent d'Est, Vent d'Ouest 30/04/2017 12:18

À mon humble avis, c'est plus sage de ne pas se précipiter. Il faut lui laisser le temps de faire ce qu'elle estime devoir faire. Paris ne s'est pas construit en une minute. Faisons-lui confiance. Que chacun réfléchisse bien ce qu'il veut de la France, forte ou soumise aux diktats de Bruxelles, à l'islamisation galopante et à la perte de l'identité de la France.