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PEUPLE DE FRANCE

Mélenchon-Arthaud-Poutou : la victoire du communisme dédiabolisé ?

14 Avril 2017, 13:00pm

Publié par LA REDACTION

Mélenchon-Arthaud-Poutou : la victoire du communisme dédiabolisé ?

Sur les onze candidats qui briguent la magistrature suprême, trois sont communistes : Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou. Les deux derniers se revendiquent du trotskisme. En 2002, c’étaient trois candidats trotskistes (en plus de Robert Hue, candidat du PCF) qui se présentaient. Surement une spécificité française dont se gaussent allègrement les journalistes étrangers. C’est que nous sommes le seul pays d’Europe où l’on peut trouver trois ou quatre partis communistes concurrents à une élection. A titre de comparaison, aucun communiste ne figurait parmi les candidats aux élections allemandes, britanniques, irlandaises, autrichiennes, serbes, croates, tchèques, lituaniennes, islandaises, hongroises, lettonnes, bulgares, roumaines, moldaves et néerlandaises qui se sont tenues durant ces dernières années, entre 2014 et 2017.

A l’heure où l’idéologie rouge recule dans tous les pays développés, elle est encore présente dans le paysage politique français, malgré ses échecs, ses crimes, son irréalité et sa vétusté. « Aucun crime n’a été commis en France par les communistes » dira-t-on… C’est que le grand public ignore les méfaits des « résistants » communistes lors de la Libération, qui ont ôté la vie à plusieurs centaines de personnes. C’est moins que Pol-Pot et Mao, certes, mais cela n’en demeure pas moins un crime.

Malgré cela, malgré l’utopie du programme communiste, malgré la violence du syndicalisme (encouragé par les communistes comme Poutou ou Besancenot) le communisme prospère en France. Non seulement il n’est pas interdit (comme ce fut le cas en Pologne, en Hongrie et dans de nombreux pays ayant expérimenté le bonheur rouge) mais on le laisse même s’afficher librement et régner sans partage dans des bastions comme les universités : véritables nids de cloportes rouges.

En outre, un important groupe communiste siège aux deux Chambres du Parlement; et le PCF (qui tente de se « décommuniser » afin de se donner un côté « cool et branché ») a encore des places dans nombre de conseils régionaux et généraux, et de nombreuses villes sont toujours aux mains des rouges. Sans compter les syndicats soi-disant « apolitiques », qui sont en réalité des continuateurs d’un marxisme syndical digne des années 1920, au sein desquels s’exerce une mainmise sur certains corps professionnels comme les ouvriers ou les enseignants.

On s’étonnera que cette idéologie vaincue, archaïque et utopique soit encore si représentée en France alors même que de moins en moins de gens se reconnaissent dans leur credo politique. A titre de comparaison, le FN n’a que deux députés et quelques maires (aucune région ou département) et ses membres – malgré les 25% que tutoie le parti – doutent encore d’être au second tour. Pire, certains doivent souvent taire leurs opinions même à leurs amis ou à leur famille. Ce, en pleine « droitisation » de la société…

Plusieurs raisons expliquent cette vivacité.

Le communisme a eu le génie, reconnaissons-le, de se « dédiaboliser » (du moins en apparence) bien avant nous, et de renoncer au stalinisme pour embrasser un « euro-communisme » sur le modèle du parti communiste italien. La distance fut prise avec le PCUS dès l’arrivée de Georges Marchais à la tête du parti en 1972. A cela s’ajoute le prestige d’avoir fortement participé à la Résistance et d’avoir ainsi contribué à la victoire sur le Troisième Reich. Et tant pis si beaucoup de communistes collaborèrent avec l’Allemagne ou que Thorez passa la guerre au chaud dans une datcha moscovite, désertant son unité et son pays. Forts de ce prestige et du surnom usurpé de « parti des 75 000 fusillés », les communistes se sont très tôt posés en rempart de l’antifascisme : ce qu’ils font toujours. Tant pis s’il n’y a eu que 25 000 fusillés français parmi lesquels seuls 4 à 5000 devaient être encartés au PCF.

A travers une communication (pour ne pas dire « propagande ») bien huilée, les communistes français ont réussi à ne pas voir leur idéologie compromise après la révélation de toutes les immondices commises en son nom à travers le monde. Bien que nombre d’historiens aient écrit sur la position ambiguë du PCF face aux crimes staliniens et maoïstes, l’image du communisme meurtrier n’a pas pris pied au sein de l’opinion. En effet, le mot « communiste » nous évoque plutôt un syndicaliste ronchon ou un étudiant utopiste aux cheveux longs qu’un garde rouge torturant un détenu. Quand le terme « nationaliste » évoquera à certains l’image mentale d’un chauvin hurlant drapeau en main, d’un skinhead, voire d’un SS gazant des déportés…. Le communisme nous a damé le pion sur ce terrain à travers son excellente communication qui touche (comme nous le verrons plus bas) même les non-communistes et influe sur leur manière de parler et d’accorder telle définition à tel mot.

C’est précisément là que le nationalisme a échoué. Compromis par la Collaboration et les accointances de certains groupes minoritaires avec le néonazisme, le nationalisme français n’a pu se défaire de l’image de « facho » qui lui colle encore à la peau. Il suffit qu’un Norvégien illuminé tire sur la foule, et voilà que l’infamie retombe sur les patriotes de France qui doivent immédiatement « condamner » le geste. Le FN a ainsi été obligé de se justifier après que le fils d’un élu ex-frontiste a blessé ses camarades de lycée.

La dédiabolisation, entreprise par Marine Le Pen, peut être comparée à la déstalinisation khrouchtchévienne de 1956 ou au 22e congrès du PCF tenu en 1976. Si en cinq ans, cette dédiabolisation a porté ses fruits en augmentant considérablement la base électorale du FN, les patriotes sont encore associés au fascisme par une partie de l’opinion publique, qui reprend, sans même s’en rendre compte, des éléments de la novlangue bolchévique. L’influence du communisme reste durable sur l’opinion : là où ils tiennent le bon rôle de « libérateurs » et d’ « égalitaires », « humanistes », nous sommes associés au nazisme, au grand patronat, à l’obscurantisme et à l’arbitraire. L’école (souvent gauchisée) a un grand rôle dans la transmission de cette stigmatisation antipatriotique.

Eh oui, si le communisme a échoué politiquement, c’est sur le terrain culturel et langagier que sa victoire est nette. La novlangue est si répandue dans le langage quotidien que ses locuteurs réalisent rarement la teneur communiste de leurs propos. Pire, cette novlangue rouge s’est même immiscée dans notre camp. En effet, nous avons pris l’habitude de dire « fasciste » pour désigner un acte d’autorité brutal ; « collabo » pour désigner ceux que l’on pense être des traîtres. Et d’autres mots qui tirent leur origine et leur essence dans un vocabulaire originellement communiste…

Le communisme français a réussi un autre coup de maître : demeurer indépendant tout en se posant en allié nécessaire de la gauche socialiste. Peu à peu rattrapé et devancé par un Parti socialiste mitterrandien regonflé à bloc, les communistes ont accepté de jouer les seconds rôles à condition d’y trouver leur compte. Si l’union des gauches est à exclure (le PS et le FDG ayant trop de divergences pour s’entendre), la négociation est de mise. On peut toujours monnayer son soutien en échange de sièges à l’Assemblée, au Sénat, dans les assemblées locales et régionales, dans les mairies. Le PS s’engage informellement à ne pas présenter de candidats face aux communistes, ou même à s’allier pour former des listes communes. C’est ce qui explique la forte présence des élus communistes et la quasi-inexistence du FN dans la représentation politique locale. « Élections, pièges à cons » disaient-ils en 1968… C’est pourtant à eux que profite ce système électoral.

Nicolas Kirkitadze pour ripostelaique.com

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