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Peuple de France - Toute l'actualité politique en France

Présidentielle: Le hold-up politique du siècle

24 Avril 2017, 10:00am

Publié par LA REDACTION

Présidentielle: Le hold-up politique du siècle

Ainsi donc, l’imperdable a été perdu. L’impensable s’est imposé. L’impossible est advenu. La droite, qui pendant cinq ans aura étrillé les socialistes dans tous les scrutins, la droite, dont les idées et les valeurs n’ont jamais été aussi majoritaires dans les profondeurs du pays, cette droite à qui la victoire ne pouvait pas échapper a été, hier, sèchement éliminée. Alors que le désir d’alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n’a jamais été aussi puissant, elle ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l’élection présidentielle.

Ahurissant tour de passe-passe qui méritera d’être enseigné dans les écoles de la politique: Emmanuel Macron sera très certainement le prochain président de la République française. Dans deux semaines, c’est à son ex-conseiller, ex-ministre, que François Hollande remettra les clefs de l’Élysée.

Il faudra un jour écrire l’histoire de ce hold-up politique du siècle,

retracer l’enchaînement fatal des causes et des conséquences, qui, de la primaire aux affaires, auront frappé la droite et précipité cet immense gâchis. En attendant, l’urgence, pour elle, est de ne pas ajouter le désastre à la défaite en donnant tête baissée dans le traquenard que, sans attendre, lui tend Emmanuel Macron.

Bien sûr, entre la grippe et le choléra, entre la poursuite du déclin hollandais et la catastrophe immédiate - politique, sociale et financière - que serait une sortie unilatérale de l’euro, le choix va de soi. Le projet économique de Marine Le Pen est suffisamment insensé pour dissuader de voter pour elle quiconque serait tenté de le faire pour d’autres raisons.

Mais c’est une chose de refuser l’aventure économique, et de voter Macron, c’en est une autre de tomber dans le piège politique tendu par ceux qui, après avoir méthodiquement détruit François Fillon avec un sectarisme d’airain, viennent aujourd’hui, la main sur le cœur, entonner le cantique de « l’union de tous les républicains ».

Disons-le franchement, ce « rassemblement républicain » auquel les responsables de la droite seraient sommés d’adhérer illico pour, nouveaux castors, « faire barrage au Front national », est une duperie de plus. Ce serait enfoncer le dernier clou dans le cercueil de la droite républicaine en la condamnant d’abord à l’explosion, ensuite à la disparition. Ce serait aussi rendre un immense service au Front national, érigé de fait en seule force d’opposition, et assuré ainsi d’accéder au pouvoir quand viendra l’inévitable alternance.

La vérité, que chacun connaît, est que Marine Le Pen n’a quasiment aucune chance d’être élue, et c’est tant mieux. La République n’est pas en danger, mais la France, elle, l’est. Le devoir de la droite est maintenant, dans la mesure de ses moyens – qui ne sont pas nuls -, d’épargner à notre pays les conséquences négatives du vote d’hier ou, à défaut, de les limiter.

Ne nous y trompons pas: un homme a perdu, victime de ses propres faiblesses, de ses erreurs, de l’acharnement de ses adversaires, de la vindicte des médias et des lâchetés de son camp. Mais ses idées n’ont pas été disqualifiées pour autant: c’est cette synthèse libérale-conservatrice qui en dépit de tout, et souvent de lui-même, a permis à Fillon de tenir dans la tempête, alors qu’il aurait dû cent fois sombrer.

Ces idées-là – liberté économique, réalisme financier, ordre et autorité, fierté nationale – sont plus que jamais nécessaires à la France dans les temps incertains qu’elle va devoir affronter. La droite, si elle veut juguler l’hémorragie, ne doit pas les abandonner au Front national. C’est sur la base de ces idées que, sans se désunir, sans céder au découragement, elle doit repartir à la bataille. Les législatives lui donnent l’occasion d’obliger le nouveau président à les prendre en compte: soit en lui imposant une cohabitation, soit en créant un rapport de forces politique qui le contraindra.

Les électeurs de la droite, qui tout au long de la campagne auront fait preuve d’une force d’âme remarquable, y sont prêts. Ils brûlent de laver dans une victoire législative l’humiliation de la présidentielle.

Encore faudrait-il que leurs chefs, qui n’ont pas tous jusqu’ici brillé par leur courage ni par leur cohésion, ne désertent pas le combat …

Alexis Brézet pour le Figaro

 

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Mais quel printemps ! 24/04/2017 23:53

C'est quoi cet article ? Mais quelle humiliation à la présidentielle ? Macron fera la même chose que Fillon. Il doit bien le savoir ce monsieur Brezet. Les gens qu'il a derrière lui sont les mêmes. Et puis la logorrhée tout le long de ce torchon (tempête, hémorragie, brûler, ...) vraiment c'est pas nécessaire.