Deux fillonistes: « Participer à l’élection d’Emmanuel Macron, c’est, pour nous, hors de question ! »

Publié le par LA REDACTION

Deux fillonistes: « Participer à l’élection d’Emmanuel Macron, c’est, pour nous, hors de question ! »

Jéromine et Pascal ont milité pour François Fillon. Jéromine a co-animé la section Les Républicains Sciences Po Bordeaux. Pascal est co-fondateur du Cercle Mauriac, think tank de droite au sein de l’école dont il a été le co-président pendant deux ans.

En militants fillonistes, c’est sans amertume – et sans surprise, au fond – que nous avons pris connaissance des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. François Fillon n’a pas réalisé un score à la hauteur de nos attentes. Ainsi va la démocratie, et c’est tant mieux. En revanche, nous sommes profondément atterrés de la tournure qu’a pris cette drôle de campagne.

Par ailleurs, comment ne pas soupçonner l’Elysée d’avoir orchestré la chute du candidat de la droite pour favoriser l’ascension du dauphin de François Hollande ? Un Président ne devrait pas faire ça… surtout lorsqu’il ne parvient pas à égaler le génie machiavélien d’un Mitterrand qu’il n’a jamais réussi à pasticher.

Atterrés, et même déçus, de voir certains cadres de notre parti lancer un appel presque unanime à voter pour Emmanuel Macron après avoir justement martelé au long la campagne qu’il n’était autre que l’héritier du quinquennat Hollande. A croire que certains élus, et même, certains militants n’attendaient que l’élimination du candidat Fillon pour rallier le chouchou des sondages. Une défaite de leur candidat à la primaire de novembre leur avait laissé un goût amer. A tel point que certains d’entre eux avaient déjà essayé de retrouver la super pêche au mois de mars, semant la division au sein de la droite. C’est cette division qui a coûté l’élection à François Fillon. Aujourd’hui, beaucoup au sein des Républicains appellent à se mettre en marche ; ce faisant, ils nous tirent une balle dans le pied. Arriverons-nous aux législatives en rampant ? D’autres, ailleurs, ont compris la vertu qu’il y a à demeurer insoumis.

Atterrés par la droite française qui se cache et n’ose pas son coming-out idéologique. Gênée sur sa droite par un Front national toujours plus fort, et sur sa gauche par une culpabilisation morale permanente, pourquoi la droite ne revendiquerait-elle pas une ligne propre et assumée ? La mémoire de la droite est plurielle, René Rémond l’avait parfaitement décrite ; il s’agit néanmoins d’une réalité sociologique solidement installée dans notre pays. Nous nous voyions déjà en haut de l’affiche, nous nous sommes épargnés le nécessaire combat idéologique, nous voilà désormais défaits. Nos convictions divergent de celles d’Emmanuel Macron. Comment pourrions-nous nous opposer demain à sa politique si nous lui offrons un blanc-seing aujourd’hui ? Participer à l’élection d’Emmanuel Macron, c’est, pour nous, hors de question !

Article complet ici: causeur.fr

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