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Peuple de France - Toute l'actualité politique en France

La double contradiction du président Macron

10 Mai 2017, 15:00pm

Publié par LA REDACTION

Emmanuel Macron sur l'écran géant de la cour du Louvre le soir de son élection

Emmanuel Macron sur l'écran géant de la cour du Louvre le soir de son élection

Emmanuel Macron a donc été élu avec une large majorité des votes exprimés le 7 mai. Avec 66% des « votants » il atteint un score impressionnant, mais en trompe l’œil. L’importance du nombre des abstentions et des votes « blancs ou nuls » ramène son score à 43% des inscrits. Ce niveau est à mettre en parallèle avec celui obtenu en 2002 par Jacques Chirac dans une élection présidentielle où, déjà, un candidat de Front national était au 2ème tour. Dans ce cas de figure très particulier, Jacques Chirac avait obtenu les suffrages de 62% des inscrits. L’écart de 19 points qui s’est creusé en 15 ans, entre l’élection de Jacques Chirac et celle d’Emmanuel Macron est hautement significatif. Il montre qu’il y a eu plus un vote par défaut : les sondages, à prendre avec précaution, indiquent que seuls 43% des personnes ayant choisi le vote Macron approuvent son programme.

Le succès d’Emmanuel Macron pourrait bien n’être qu’un trompe-l’œil. Le soutien de la presse quasi unanime, des grands médias qui se sont impliqués avec une rare indécence derrière ce candidat, n’a pas suffi pour qu’il retrouve un étiage correspondant à celui de Jacques Chirac. Les 19 points manquants en disent long sur la colère que ressentent les Français, une colère qui s’est largement exprimée durant cette campagne.

On marche seul

Lors des « festivités » organisées pour l’annonce des résultats, avec une mise en scène tellement étudiée et tellement dépourvue de spontanéité que même les journalistes des principales chaînes de télévision l’ont remarquée, on a assisté à la mise en place d’une double contradiction qui pourrait bien être celle de la présidence Macron.

 

La première fut de présenter l’élu comme un homme seul, dégagé de toute attache, ainsi que voulait le faire entendre sa marche solitaire vers la scène du Louvre, alors qu’en réalité sa candidature est une immense entreprise de recyclage de politiciens faillis ou à bout de souffle, du Parti socialiste, du « centre », mais aussi de la droite.

La seconde réside dans la tonalité ouvertement « européenne » de la mise en scène du Carrousel du Louvre, avec le discours prononcé par Emmanuel Macron à la tribune, un discours ou la France fut largement présente. Il a même assuré, ce qu’il avait déjà dit devant des télévisions étrangères mais qu’il avait tu en France, qu’il voulait « refonder l’Europe ». Mais, tout projet de changement des institutions de l’Union européenne, car – politiquement et institutionnellement – l’Europe n’existe pas, passe par la case d’un affrontement explicite avec l’Allemagne. Emmanuel Macron aura à choisir entre une préférence européenne et une préférence française. A vouloir combiner les deux et ne pas choisir, il se mettra dans la main de Berlin et montrera à tous que sa prétendue volonté de « refonder l’Europe » n’était que le masque de la soumission, voulue ou subie.

Article complet ici: causeur.fr

 

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