Macron et son antifascisme d'opérette

Publié le par LA REDACTION

Macron et son antifascisme d'opérette

Vous prendrez bien une resucée d’antifascisme ? Les soutiens d’Emmanuel Macron se sont bousculés, ce week-end, pour tirer les vieilles ficelles de la diabolisation du FN. Pour ses adversaires, Marine Le Pen c’est le retour de Vichy, le nouveau visage d’Hitler, l’ombre des camps. Même Xavier Bertrand (LR) y est allé de sa posture de résistant d'opérette, en moquant le ralliement, vendredi soir, de Nicolas Dupont-Aignan : "Quand on voulait se proclamer comme le Général de Gaulle et qu’on finit comme Pierre Laval". Le leader d’En Marche, qui s’est rendu à Oradour-sur-Glane avant de se recueillir, devant les caméras, au Mémorial de la Shoah puis au Mémorial de la Déportation, n’a pas manqué à chaque fois de mettre en garde contre "les extrêmes" et les "révisionnistes", instrumentalisant sans pudeur la mémoire sacrée des morts. Parlant de la propagande anti-FN mise en place par la gauche il y a trente ans, Lionel Jospin avait pourtant admis en 2007 : "L’antifascisme n’était que du théâtre". Dans Le Point de cette semaine, Brice Couturier, qui fut à l’époque rédacteur en chef du mensuel mitterrandien Globe, reconnait avoir participé à la stratégie imaginée par l’Elysée pour interdire tout rapprochement entre les droites. Il écrit : ""Halte au fascisme", "Le Pen = Hitler"…Nous ne trouvions pas de mots assez forts pour mettre en garde nos lecteurs contre "le retour des heures les plus sombres de notre histoire" (…) Mais l’accusation de "faire le jeu de Le Pen" a permis à une bande de censeurs d’exercer leur mini-Terreur durant une décennie (…) Le FN n’est pas un parti fasciste". L’utilisation que fait Macron de ce mensonge cache une faiblesse dans les arguments.

Si l’histoire doit être prise à témoin, elle n’est pas forcément glorieuse pour la gauche. L’historien Simon Epstein le rappelle (Un paradoxe français, p. 314) : "Beaucoup d’hommes d’extrême droite ne seront pas collaborateurs mais résistants, tandis qu’une nuée d’antiracistes, d’antifascistes, d’humanitaires et de pacifistes de toutes écoles se retrouveront collaborationnistes ou même pronazis fanatiques (…)". Laisser croire, comme le suggère Macron, que le risque antisémite serait porté par Le Pen et ceux qui la rejoignent revient à fermer les yeux sur l’authentique haine anti-juive qui s’observe dans les cités. La "bienveillante exigence" que le favori de la présidentielle préconise face à l’islam laisse voir des compromissions inquiétantes. L’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans, a déjà appelé à voter "massivement" pour Macron. Depuis, le théologien islamiste Hani Ramadan, expulsé par la France en avril pour "menace contre l’ordre public", s’est également fendu ce week-end d’un "message à l’adresse de tous les musulmans de France" (ici). Il y appelle à voter contre le FN, au nom de la "mobilisation citoyenne" et du "vivre ensemble".

Macron, otage du vote islamiste ? C’est en tout cas ce qui inquiète, non sans arguments, Mohamed Louizi dans un papier à lire ici. Ces compromissions, si elles devaient se confirmer, seraient une trahison. Ceux ont prôné l’"apaisement" face au totalitarisme hitlérien se sont perdus. L’apaisement devant le totalitarisme islamique produira les mêmes désastres.

 Ivan Rioufol

 

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