Présidentielle: « L’atmosphère qui règne en France est de type totalitaire »

Publié le par LA REDACTION

Présidentielle: « L’atmosphère qui règne en France est de type totalitaire »

Il règne une atmosphère insupportable en France. Il serait plus simple de procéder à une réforme de la démocratie française, et de limiter les élections à un parti unique.

Cela simplifierait les formalités.

Il n’y aurait plus besoin de campagne électorale, plus besoin d’affiches, et il y aurait un seul bulletin dans les bureaux de vote, peut-être deux, le deuxième étant un bulletin blanc.

Il y aurait un seul candidat. Il obtiendrait un score du type de ceux obtenus par les dirigeants soviétiques dans une autre époque.

Il y aurait un seul parti politique. Ce parti incarnerait le progrès, l’ouverture, la générosité, la beauté, le bonheur, la lumière, l’avenir radieux, et quiconque s’opposerait à lui serait digne d’être jeté dans les ténèbres.

Il règne une atmosphère insupportable en France, oui.

Tous les magazines, tous les journaux de la presse quotidienne, toutes les chaînes de télévision, toutes les stations de radio sont en campagne pour un candidat, et un seul.

Quiconque n’affiche pas son soutien pour ce candidat est suspect et se trouve soupçonné du pire.

L’autre candidat, en l’occurrence la candidate, est censé être l’adversaire démocratique de l’Élu d’avance, mais quiconque la soutient se trouve aussitôt frappé d’anathème et d’excommunication.

Quiconque oserait voter pour la candidate semble devoir être traité comme un pestiféré et doit raser les murs.

Quiconque manifeste, même, une simple réticence vis-à-vis de l’Élu d’avance paraît dégager soudain une odeur de soufre.

L’adversaire de l’Élu d’avance semble destinée uniquement à faire peur, à servir de repoussoir vers le ralliement en direction de l’Élu d’avance, et à ne pouvoir avoir d’autre rôle.

L’Élu d’avance, en ces conditions, n’a pas à présenter un programme ou à le défendre. Il n’a pas à se livrer à un débat contradictoire (il doit y en avoir un et il n’a pas encore eu lieu, mais je m’attends à ce qu’il soit plutôt un non-débat).

Il a juste à cracher au visage de son adversaire en proférant des invectives du type « fasciste », « raciste »…  

L’atmosphère qui règne en France est censée être celle régnant dans un pays démocratique dans le cadre d’une élection démocratique.

Ce n’est pas l’atmosphère qui doit régner dans un pays démocratique et ce n’est pas l’atmosphère d’une élection démocratique. D’où ma suggestion de réforme, à peine ironique, au commencement de ces lignes.

L’atmosphère qui règne en France est de type totalitaire, et l’élection qui a lieu en France n’a, depuis des mois, plus grand-chose de démocratique.

L’élimination de François Fillon par une campagne de presse soigneusement orchestrée et préparée d’avance et par le recours à des juges biaisés a été sordide, voire répugnante.

(François Fillon a été un piètre candidat et s’est mal défendu par ailleurs, mais c’est une autre histoire.)

Et me dire que c’est un hasard si certains dossiers sont sortis au moment précis où ils sont sortis, et si des juges ont trouvé des motifs pour le mettre en examen au moment précis où ils l’ont mis en examen serait insulter mon bon sens.

La mise en place de la candidature et de la campagne d’Emmanuel Macron par l’appui de quasiment tous les médias existants, voire de ceux qui restent à inventer, et le soutien unanime, ou presque, dont il a joui depuis, a été un processus constituant, lui, une insulte au bon sens de l’ensemble de la population française.

Ce qui est effroyable et consternant, c’est que les Français aient largement donné raison à ceux qui ont insulté et insultent encore leur bon sens.

L’hystérie autour de Marine Le Pen est digne des minutes de la haine décrites par Orwell dans « 1984 ». Si Marine Le Pen est effectivement fasciste, raciste ou antisémite, qu’elle soit condamnée et exclue de la vie politique. Si elle ne l’est pas, qu’elle soit traitée comme une candidate à la présidence. Point final.

J’ai des réserves vis-à-vis de nombre des positions de Marine Le Pen, mais la façon dont on veut me faire accepter la présidence d’Emmanuel Macron m’est insupportable.

Je suis donc résolument hostile à Emmanuel Macron et je ne le considérerai jamais comme un Président légitime, quel que soit son score le 7 mai.

Guy Milliere pour les4verites.com

 

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