Après la République en marche, la colère de la République en panne

Publié le par LA REDACTION

Après la République en marche, la colère de la République en panne

A côté des Français mobiles, les Français immobiles. Entre les citoyens à l’aise ici et ailleurs, les citoyens en détresse là où ils sont. Les premiers s’expatrient souvent, les seconds ne peuvent pas déménager.

Trop peu d’électeurs pour trop de députés

La victoire d’Emmanuel Macron repose sur un socle électoral très étroit : 57,36 % d’abstention pour le second tour des élections législatives. Un record ! Une véritable catastrophe démocratique.

18 millions de Français ont voté ; 28 se sont abstenus. Ces abstentionnistes, au sens propre, ce sont ceux qui ne veulent pas « soutenir la République » et se retiennent de participer à ses procédures. Eux qui se sentent socialement « dans le fossé », se mettent sur le bas-côté.

Les vrais attentes des Français méprisées par les Princes qui nous gouvernent

Depuis des mois, les médias ont escamoté les demandes politiques des Français au profit de la dénonciation morale de la « classe politique ». L’affaire Pénélope, les costumes, les assistants parlementaires, l’argent public. Une véritable surdité vis-à-vis des aspirations réelles des Français. Les solutions pour « moraliser » les politiques semblaient avoir plus d’importance que celles contre le chômage et l’insécurité.

Le besoin de renouvellement a fini par s’imposer au détriment de l’examen scrupuleux des vrais problèmes. C’est comme si, dans un hôpital, on s’interrogeait sur les conflits d’intérêts des médecins sans rien dire des traitements contre les maladies.

L’abstention est un désaveu qui touche tout à la fois les politiques et les médias. Ils vivent ensemble depuis trop longtemps, dans une sorte d’endogamie belliqueuse, au point de ne plus porter les préoccupations des Français qui, en retour, les prennent en grippe.

Au mépris du Peuple répond la haine contre ceux d’en haut : les politiques, les journalistes et toutes les Oligarchies qui nous oppriment.

De quoi cette abstention massive est-elle le nom ?

Les Français n’y croient plus, se sentent exclus de la République. A-t-elle encore besoin d’eux ? Non, pensent ceux et celles qui ne votent plus. La République fonctionne en vase clos. Et ce sentiment d’une oligarchie hors-sol, hors-peuple, qui ne règle rien et parle avant tout à elle-même, d’elle-même, pour mieux constater sa faillite morale, corrode tout. Tout, et surtout l’indispensable adhésion de tous à la République, la fragile confiance dans « la chose commune ».

Ne faut-il pas, toute affaire cessante, réfléchir à ce désaveu massif ? Faut-il rendre le vote obligatoire, introduire une dose de proportionnelle, reconnaître le vote blanc, considérer qu’une élection ne pourra être valide que si elle se fait avec un certain pourcentage des électeurs inscrits ? Faut-il tirer au sort des députés qui seraient « des représentants des Français abstentionnistes » ? Ce sont là des hypothèses que la Ligue du Midi propose au débat.

Cette réflexion est urgente. Si, comme à l’accoutumée, elle est mise sous les tapis dorés du Palais Bourbon, à l’amertume s’ajoutera la haine, et à la haine, le rejet du sentiment d’être ensemble responsables d’une même nation.

La Ligue du Midi appelle à la vigilance : il ne faudrait pas qu’un abstentionnisme de sécession républicaine renforce la partition des cœurs, des territoires et des esprits qui est déjà à l’œuvre chez beaucoup de nos concitoyens.

Fidèle à ses valeurs d’enracinement, La Ligue du Midi dénonce la montée des conflits intercommunautaires, la déshérence de la « France périphérique », les crises identitaires, les immenses malaises culturels. Il nous faut soigner ce « Mal français », panser nos blessures pour redonner une nouvelle vigueur démocratique à l’adhésion nationale.

La Ligue du Midi observe que le vote Macron matérialise l’idéologie Terra Nova : la théorisation du remplacement du « peuple de gauche », celui des ouvriers et de la classe moyenne, par un ensemble de minorités qui en tiendraient lieu. Le vote Macron réalise cette substitution car cette abstention massive déforme considérablement la sociologie du corps électoral. Il surreprésente les classes favorisées, éduquées, urbaines et intégrées au détriment de la « France périphérique ».

2/3 des plus de 65 ans votent, tandis que 2/3 des moins de 35 ans s’abstiennent. Et c’est une abstention massive des ouvriers et des employés (plus de 65 %) qui prive la nouvelle Assemblée nationale de toute légitimité.

Il faut se méfier des géants endormis par dégoût. Quand ils se réveillent, il peuvent devenir insensibles à la raison. Le ressentiment populaire cultivé sciemment par le système contre le peuple peut enfanter des monstres.

Richard Roudier pour ripostelaique.com

 

 

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Publié dans France, Macron

Commenter cet article

Vent d'Est, Vent d'Ouest 25/06/2017 14:19

Les Français n'y croient plus mais se sont abstenus parce que trop frileux d'un vrai changement. À qui la faute ?