Impôts: Ponctionnés sous Hollande, les Français le seront plus encore sous Macron

Publié le par LA REDACTION

Impôts: Ponctionnés sous Hollande, les Français le seront plus encore sous Macron

Ponctionnés sous Hollande, les Français le seront plus encore sous Macron. Leur niveau de vie va baisser. Si certains décident de partir, d’autres plongent dans la précarité. Avec en première ligne, les retraités.

L’État va m’enlever 32 euros de plus par mois ? Pour beaucoup, c’est peu, mais cela pèsera dans mon budget, même si je ne suis pas à quelques euros près… L’accent provençal de Roseline, 73 ans, n’arrive pas à couvrir la déception qui se devine dans sa voix. Cette veuve perçoit une pension de 1 518 euros chaque mois. Sur ce montant, elle paie 570 euros de loyer pour son deux-pièces, 96 euros d’électricité, 26 euros d’assurance habitation, 28 euros d’assurance auto et 15 euros d’impôt sur le revenu. Ce sont ses charges fixes. Côté charges variables, il y a la nourriture, ses frais de santé, une sortie par mois avec son club du troisième âge, l’essence qu’elle met dans son AX de 1986… et le petit billet de 10 euros qu’elle glisse chaque semaine dans la poche de son petit-fils et celle de sa petite-fille. « Comme tout le monde, je fais attention, poursuit-elle. À mon âge, on a moins de besoins, mais cela fait longtemps que je ne suis pas partie en vacances. »

Roseline fait pourtant partie des retraités riches… Pour le président de la République, la fortune commence en effet à 1 200 euros, montant à partir duquel les retraités supporteront la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG) : le taux appliqué à leur pension passera de 6,6 à 8,3 %. « Monsieur Hollande avait inventé les riches à 4000 euros par mois, En marche! vient d’inventer les retraités riches à 1 200 euros », résume Xavier Bertrand. La hausse de la CSG ne touchera pas uniquement les retraités mais tous ceux qui perçoivent des revenus (salariés, indépendants, propriétaires bailleurs, investisseurs, etc.).

Selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), la pension mensuelle moyenne brute s’élevait à 1 334 euros en 2015 (1 800 euros pour les retraités de droit direct ayant une carrière complète). Un montant qui cache des disparités : les anciens salariés du régime général perçoivent 1 820 euros tandis que les ex-fonctionnaires touchent 2 590 euros.

La hausse de la CSG frappera 60 % des pensionnés, soit 10 millions de retraités, selon le gouvernement qui tente tant bien que mal d’éteindre l’incendie en mettant en balance la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables. N’empêche… « Nous recevons beaucoup de courriers de la part de nos adhérents, constate Christian Bourreau, président de l’Union française des retraités. Tous disent : “Encore une fois, le gouvernement va taper sur notre pouvoir d’achat.” » Il existe des solutions, déjà parce que les fonctionnaires et les indépendants bénéficieront, eux, d’une compensation. « Le gouvernement pourrait supprimer la cotisation maladie sur les retraites complémentaires du privé ou permettre la déductibilité totale ou partielle de la complémentaire santé, qui coûte très cher », estime Christian Bourreau.

« Je leur demanderai cet effort pour avoir un système plus intelligent pour leurs enfants et leurs petits-enfants », expliquait Emmanuel Macron, il y a quelques semaines. Des efforts, parlons-en. Déjà en direction de l’État : jamais les retraités n’ont été autant pressurés que sous le quinquennat Hollande. En quelques mois, ils ont subi une vague d’assaut fiscal avec les derniers effets de la suppression de la “demi-part des veuves” (sans que le gouvernement Ayrault juge bon de revenir sur cette mesure du gouvernement Fillon), la création de la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa), la fiscalisation du bonus de pension pour ceux qui ont élevé trois enfants et plus, l’encadrement de la CSG à taux réduit.

Autre coup de pied de l’âne, le report de la revalorisation annuelle des pensions du 1er avril au 1er octobre, suivi du gel des pensions depuis 2013. Pourquoi Emmanuel Macron s’arrêterait-il en si bon chemin ? Les retraités sont des proies faciles. On a rarement vu, lors des manifestations, souvent à l’initiative des syndicats CGT, FO, CFTC… et rassemblant peu de monde, des septuagénaires brisant les vitrines, renversant les poubelles et mettant le feu à des voitures de police…

« Des efforts pour leurs enfants et leurs petits-enfants » ? Allons, Monsieur le président, ils en font d’énormes selon un sondage Odoxa de décembre 2014, commandé par la Caisse d’épargne et le Parisien : 29 % des retraités aident leurs enfants. « Avant la Première Guerre mondiale, les jeunes qui gagnaient leur vie donnaient de l’argent aux plus âgés. Cette donnée s’est désormais inversée. Ils soutiennent les actifs de plus en plus confrontés à des problèmes d’emploi », explique Céline Bracq, directrice d’Odoxa.

La crise a accru la solidarité intergénérationnelle mais est-ce que cela durera longtemps ? Dans son rapport de 2015, le Conseil d’orientation des retraites (Cor) constate que le niveau de vie des retraités a augmenté jusqu’en 1996, mais que depuis il stagne à 103 % des actifs. Le plus dur est à venir en raison de l’indexation des pensions sur l’inflation, quasi nulle. Le Cor, qui vient de repousser de 2025 à 2050 le retour à l’équilibre des systèmes de retraite (lire page 45), a calculé qu’en 2040 le niveau de vie des retraités ne sera plus que de 81 à 94 % celui des actifs.

Il y a deux ans, l’Insee avait remarqué que le taux de pauvreté des retraités, inférieur à celui des actifs, avait augmenté de 0,2 point, à 7,9 %. Parmi ces retraités pauvres figurent les anciens agriculteurs qui vivent avec 776 euros par mois. Des invisibles à la situation précaire ; beaucoup vivent avec moins de… 350 euros par mois.

8 % des retraités coulent des jours heureux à l’étranger

Faut-il dès lors s’étonner que certains retraités, assommés de tous côtés, aient choisi des cieux plus cléments ? Ils seraient 1,3 million (sur les 15,3 millions de retraités) à avoir franchi ce cap, attirés par le triptyque fiscalité adoucie, immobilier à bas prix et faible coût de la vie. Parmi les pays plébiscités, le Portugal, suivi par l’Espagne et le Maroc. Tous ces États ont passé des conventions fiscales avec la France.

Mais n’oublions pas qu’un salarié est un futur retraité et que, là encore, les prévisions — pour le privé — ne sont guère réjouissantes. Emmanuel Macron a beau promettre l’alignement des régimes du public et du privé, la route promet d’être semée d’embûches. Pendant ce temps-là, les salariés du privé savent à quelle sauce ils seront mangés une fois qu’ils seront à la retraite : ils constateront qu’ils auront fait toujours plus d’efforts pour percevoir une pension toujours plus maigre, qu’il y a des retraités mieux traités que d’autres… et que finalement, l’histoire ne fait que se répéter.

Frédéric Paya pour valeursactuelles.com​​​​​​​

 

 

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Publié dans économie

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