Législatives. La France des oubliés: les dindons de la farce démocratique

Publié le par LA REDACTION

Législatives. La France des oubliés: les dindons de la farce démocratique

Une révolution est en marche. Mais il est peu probable qu’elle s’arrête à la victoire législative annoncée du parti présidentiel. Ce succès n’est qu’une étape, dans un cycle inachevé.

Avec une abstention historique de 51,3%, les 32,32 % du mouvement macronien ne représente que 15% du corps électoral. Pour autant, par le jeu du scrutin majoritaire à deux tours, les 4/5 e des sièges de l’Assemblée pourraient revenir aux candidats de La République en marche (LRM), à l’issue du second tour. Cette situation malsaine aggrave la crise de la démocratie sur laquelle Emmanuel Macron a construit sa stratégie de conquête.

S’il a réussi à bousculer le vieux monde politique et ses partis vides de projets, le champ de ruine ainsi créé ne pourra se contenter d’une renaissance à travers un parti unique progressiste dans lequel une large partie du PS s’est déjà recyclée. Si l’on veut bien admettre comme toujours valables les diagnostics sur la crise de la représentativité et sur la rupture entre les élites et le peuple, les résultats de dimanche soir n’apportent aucune solution apaisante.

Une fois de plus, les Oubliés se trouvent être les dindons de la farce démocratique. Elle a occulté les débats sur l’avenir de la civilisation au profit de préoccupations sur le PIB et la courbe de croissance. L’Assemblée de demain s’annonce plus éloignée encore du peuple. Une étude du Cevipof (L’Opinion, 9-10 juin) relève que 68,6% des candidats d’En Marche viennent des classes supérieures. A l’inverse, les ouvriers, employés et artisans-commerçants sont sous-représentés (8,5%). Une élite, à peine modérée par une société civile choisie et appelée à rentrer dans le rang, s’apprête à détenir tous les pouvoirs.

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Ivan Rioufol 

Publié dans Macron

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