Les juges autorisent Bedos à traiter Nadine Morano de « conne »

Publié le par LA REDACTION

Les juges autorisent Bedos à traiter Nadine Morano de « conne »

La Cour de Cassation, en déboutant définitivement Nadine Morano, députée européenne et ancienne ministre, de sa plainte pour injure contre Guy Bedos, vient de donner à celui-ci la permission d’injurier qui il lui plaira en général, et d’injurier Nadine Morano en particulier. Elle n’est pas belle la vie pour Guy Bedos ?…

En octobre 2013, lors d’un spectacle à Toul, circonscription où Nadine Morano est élue, Bedos l’injurie, la traitant de conne, de connasse, et de salope. Nadine Morano, estimant qu’il y a des limites à l’humour, porte plainte contre Guy Bedos, qui est poursuivi pour « injure publique envers un dépositaire de l’autorité publique ». Elle demande 15 000 euros de dommages et intérêts. Deux jours avant le jugement, à la demande provocante de Ruquier, Bedos réitère ses insultes sur le plateau de « On n’est pas couché », et traite à nouveau Nadine Morano de connasse :

http://www.lexpress.fr/culture/tele/guy-bedos-insulte-encore-nadine-morano_1715299.html

Le procureur avait requis une peine d’amende contre Guy Bedos, mais Bedos est relaxé en octobre 2015 par le tribunal correctionnel de Nancy, au motif que l’humoriste était dans son registre habituel !… Raisonnement imparable. Il n’y a plus qu’à, pour tous ceux qui veulent pouvoir librement insulter quelqu’un, en faire son registre habituel. Simple, non ?… Sauf que ces injures n’ont rien à voir avec de l’humour. Si c’est cela l’humour, si avoir de l’humour c’est injurier, Guy Bedos a une notion bien simpliste et bien épaisse de son métier. Ce pitre officiel et à plat-ventriste du politiquement correct n’est pas du tout drôle.

Nadine Morano fait alors appel, mais la Cour d’appel de Nancy estime en août dernier que c’est la personne privée qui est visée par les propos de Guy Bedos et nullement la fonction : ces propos ne comportaient « aucune référence à la qualité de dépositaire de l’autorité publique » de Nadine Morano.

Nadine Morano, à juste titre sûre de son bon droit, et qui croyait encore sans doute à la justice de son pays, se pourvoit alors en Cour de Cassation. Las, la justice-mur-des-cons a encore fait son œuvre hier mercredi, en donnant raison à la Cour d’appel. Pourtant, Bedos avait bien précisé qu’il insultait et la personne et la fonction, en commençant par dire aux spectateurs de Toul « ah, elle est élue dans cette ville, non ?… »

Voilà une décision impossible à comprendre. Sauf si…

Sauf si, comme le dit Finkielkraut auquel il arrive d’être bon malgré tout, on pense que pour la gauche il est permis d’insulter et de piétiner les femmes, surtout (voire exclusivement) lorsqu’elles sont de droite.

Sauf si on peut penser que les juges de nos jours se comportant avant tout comme des militants de gauche, ils ont voulu punir Nadine Morano pour avoir dit sur le plateau de « On n’est pas couché », en 2015, que « la France est un pays judéo-chrétien, de race blanche », faisant ainsi allusion aux propos bien connus et plus précis de de Gaulle. Ces propos de Nadine Morano avaient bien entendu été signalés par la Licra, subventionnée malgré eux par les patriotes, et toujours sur la brèche pour dénoncer ce qui est vrai et inverser les valeurs. Mais la justice avait pour une fois classé sans suite, estimant que personne n’était stigmatisé par ces propos. En effet.

Compréhensible ou pas, cette décision de la Cour de Cassation donne donc le droit à Guy Bedos de traiter indéfiniment Nadine Morano de conne, de connasse et de salope. Ainsi que tous les gens qui ne lui plaisent pas. Et évidemment la Cour de Cassation donne aussi ce droit d’injurier n’importe qui à n’importe quel mufle dont ce serait « le registre habituel » et qui ne viserait pas la fonction.

Le registre habituel, on n’y avait pas encore pensé. Et si, avec la même logique, on cessait d’être poursuivis pour délit d’opinion lorsque cette opinion est notre registre habituel ?…

On ne peut pas dire que Guy Bedos sorte grandi de cette affaire, tout à fait contraire à la réputation de galanterie et de savoir vivre des Français à l’égard des femmes. Il est vrai que Guy Bedos se fait vieux, il est de 1934. Il peut mal vieillir. Est-ce une raison pour injurier les femmes ?… Et pour y être autorisé par la Cour de Cassation ?…

Il va être beaucoup plus facile désormais d’injurier quelqu’un, ce n’est que le début et attendons nous au pire avec ce « permis d’injurier ». Il est vrai qu’avec le mur des cons, on avait déjà été bien servis.

 

Sophie Durand pour ripostelaique.com

 

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Vent d'Est, Vent d'Ouest 10/06/2017 02:03

Et insulter Bedos comme il injurie les autres, on a le droit aussi Monsieur le Président ? Probablement puisque cela fait partie du registre habituel que tout auditeur invective affectueusement son comique préféré par des noms d'oiseau. Me voilà rassurée car je croyais, par plus tard qu'il y a une minute, que la plus haute juridiction rendait ses arrêts sur la base de l'application correcte de la loi, ou si l'on préfère, sur le fond, pour peu que le comique en question soit levé du mauvais pied ce jour-là et ait décidé, sa mauvaise humeur aidant, de porter plainte contre le fan naïf qui se serait cru autorisé à lui dire en face tout le bien qu'il pense de lui.