Au secours, le Hollandisme économique revient !

Publié le par LA REDACTION

Au secours, le Hollandisme économique revient !

Fiscalité, dépenses, travail : pour Benjamin Masse-Stamberger, les mesures annoncées par le Premier ministre rappellent dangereusement celles adoptées par l'ancien locataire de l'Élysée.

Le hollandisme économique, que l'on croyait sorti de l'Histoire par la petite porte, serait-il déjà en train de faire son grand retour par la fenêtre?

C'est le cas, bien sûr, en matière fiscale: du fait des contraintes budgétaires, les baisses d'impôt promises sont reportées, délayées, étalées sur l'ensemble du quinquennat. C'est le cas pour les ménages, avec la réforme de l'ISF, renvoyée à 2019, et la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des ménages. Cette dernière réforme - qui rapporterait 325 euros annuels à un ménage moyen - a été repoussée «sine die». Selon Edouard Philippe, elle sera mise en œuvre «d'ici la fin du quinquennat». Pas très précis, s'agissant d'une réforme emblématique du programme de Macron, vendue comme le principal levier pour rendre du pouvoir d'achat aux classes moyennes.

Même punition pour les entreprises: la transformation du CICE en allégement de charges pérennes est elle aussi reportée à 2019.

Les hausses d'impôt, en revanche, c'est maintenant: la hausse de la CSG entrera en vigueur dès 2018, et ne sera donc pas compensée immédiatement par la suppression de la taxe d'habitation - ce qui était un des grands arguments des macroniens pour «faire passer la pilule», auprès des retraités notamment. Par ailleurs, le premier ministre a annoncé que la «montée en puissance de la fiscalité carbone sera accélérée», ce qui ne sera certainement pas sans conséquences sonnantes et trébuchantes pour les automobilistes.

Mais si les baisses d'impôt sont reportées, les baisses de dépenses, elles, sont accélérées. Si le contenu doit en être précisé, le montant du plan d'économie, lui a déjà été annoncé: entre 15 et 20 milliards d'euros en 2018.

Au final, des mesures restrictives qui s'appliquent immédiatement, et d'autres, plus favorables à l'activité, qui, hormis la réforme du Code du travail, sont reportées. On voit mal pourquoi les conséquences de ce décalage temporel seraient différentes de ce qu'elles ont été en 2012: entraver le début de reprise qui, comme à l'époque, a timidement commencé à se manifester.

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Publié dans Gouvernement, économie

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