Est-il permis de critiquer Macron ? La question se pose

Publié le par LA REDACTION

Pierre de Villiers. Coupable de s'être exprimé

Pierre de Villiers. Coupable de s'être exprimé

Le limogeage du chef d'état-major, coupable de s'être exprimé en expert devant une commission de l'Assemblée est le premier accident majeur du mandat d'Emmanuel Macron. Mais il est aussi révélateur d'une méthode qui pourrait déjà trouver ses limites.

 

Après la démission du chef d'état-major Pierre de Villiers, en raison des coupes budgétaires imposées à l'armée, plusieurs voix se sont élevées pour prendre la défense du haut-gradé, y compris au sein de la grande muette. Le général Vincent Desportes a ainsi déploré sur BFMTV une crise extrêmement grave. «La plus haute crise politico-militaire en France depuis le putsch des généraux [contre De Gaulle] en 1961», a-t-il estimé, soupçonnant que le général de Villiers avait en réalité été démissionné.  

L'épisode Pierre de Villiers ne fait que confirmer les craintes, déjà exprimées notamment dans les médias – et par RT France alors que la «macron-mania» médiatique battait encore son plein – concernant l'approche «jupitérienne» du pouvoir d'Emmanuel Macron. Ou, pour reprendre l'expression de la juriste Mireille Delmas-Marty employée dans une tribune alarmiste de Libération de «despotisme doux».

Allergique à la critique, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner avait ainsi déjà appelé de façon très pédagogique les médias à ne pas trop attaquer la ministre du Travail Muriel Pénicaud, impliquée dans l'enquête sur le voyage d'Emmanuel Macron à Las Vegas en janvier 2016. Mais les députés de la majorité présidentielle ont aussi eu droit à leurs premières leçons, après que quelques voix dissonantes se sont fait entendre au sujet de la suppression des fonds de la réserve parlementaire dans le cadre du projet de loi de moralisation de la vie publique.

Marine Le Pen, affaiblie par sa défaite à la présidentielle et les dissensions internes du Front national est tout de même montée au créneau pour défendre Pierre de Villiers. «Cette démission illustre les dérives très graves et les limites très inquiétantes de Monsieur Macron, aussi bien dans son attitude que dans sa politique», a-t-elle déploré dans un communiqué. Et de poursuivre : «Humilier devant ses troupes un homme comme le général de Villiers n'est pas digne d'un vrai chef des Armées. Sabrer dans le budget de la Défense, au mépris de sa propre parole et des dangers du monde, n'est pas digne d'un chef d'Etat lucide et responsable.»

Même son de cloche du côté de La France insoumise, où l'on condamne le limogeage du chef d'état-major. «La démission du général de Villiers est une preuve cinglante d'échec de la politique de Macron et de sa méthode brutale», a ainsi dénoncé le député insoumis Alexis de Corbières. «C'est une situation sidérante. Le général a participé à une réunion à huis clos et son devoir et son honneur est de répondre franchement, clairement, à toutes les questions qui lui sont posées», a tempêté pour sa part Jean-Luc Mélenchon. Et d'ajouter : «Si le général de Villiers s'exprime de cette manière là c'est parce qu'il y a un problème [sur le budget de la défense].» Face à la majorité silencieuse des quelque 360 députés LREM et Modem, l'opposition risque toutefois de ne pas faire le poids.

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Publié dans Macron, Gouvernement

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