« je te propose de gagner chaque mois 12 fois le SMIC sans rien faire » Comment les candidats LREM ont été recrutés

Publié le par LA REDACTION

« je te propose de gagner chaque mois 12 fois le SMIC sans rien faire » Comment les candidats LREM ont été recrutés

Dans le but d’avoir 577 députés à sa dévotion, Emmanuel Macron a dû faire appel à des agents recruteurs. L’un d’entre eux, Alain, a bien voulu me rapporter ce que fut son entreprise. J’en donne l’essentiel ci-après.
 

 

« Alors, Célestine, où en es-tu ?

– J’en suis toujours au même point, Alain, toujours au SMIC.

– Écoute, Célestine, je te propose de gagner chaque mois 12 fois le SMIC sans rien faire.

– Comment cela ? C’est extraordinaire.

– Célestine, tu n’as qu’à me donner ton accord pour être candidate à la députation sous les couleurs du président Macron.

– Macron ? Qui est Macron ?

– Célestine, tu ne connais pas Macron ? C’est incroyable. Emmanuel Macron est Jupiter renaissant. Il personnifie la lumière et les phénomènes célestes.

Il est le souverain maître du monde, notre Jupiter optimus, maximus, très bon, très grand.

– Ah bien, Alain, mais moi, je ne sors pas de la cuisse de Jupiter. Je n’ai que mon certificat d’études. Comment pourrais-je assumer les fonctions de député ?

– Mais, pas de problème, Célestine, tu auras trois attachés parlementaires qui feront le travail. Tu recevras chaque mois 9 618 euros pour les payer. Tu n’auras rien d’autre à faire qu’à applaudir Jupiter.

– Oh, ben ça, pour applaudir, je sais faire. Mais je dois m’occuper avant tout de mon petit dernier.

– Là aussi, pas de problème, Célestine, ton petit dernier, tu le mettras à la crèche de l’Assemblée.

D’ailleurs, l’Assemblée nationale, elle-même, est une grande crèche, et par-dessus le marché avec buvette. Pas de soucis, Célestine, ton petit dernier sera bien soigné.

– Bon, dans ces conditions, Alain, j’accepte. »

Et arriva le grand jour des élections et Célestine fut élue, malgré 60 % d’abstention, avec 60,69 % des votants.

Célestine était députée d’En Marche. Aussitôt, conseillée par Alain, elle se rendit au Palais Bourbon, 126 rue de l’Université, un quartier un peu triste où elle n’avait jamais mis les pieds.

Là, on lui remit une belle valise, avec une écharpe tricolore et des tas de gadgets.

Célestine fit alors l’essentiel : elle donna toutes les précisions nécessaires pour recevoir ses indemnités générales, plus l’indemnité représentative des frais de mandat, plus, plus etc.

Et le jour solennel se leva, celui de la rentrée parlementaire. Célestine trouva sa place à la gauche de l’hémicycle, avec pour voisine Marilyse, députée socialiste depuis 35 ans, mais, malgré cela, très sympathique.

À sa droite, Célestine avait une autre compagne, Évangéline, d’origine africaine, mais parlant très correctement français, très sympathique aussi.

Marilyse expliqua à Célestine qu’elle était socialiste, courant Hollande, mais qu’elle avait senti le vent et qu’elle avait barré du côté Macron. « Un type tout à fait bien, dit-elle.

Il m’a invitée à dîner l’autre jour. C’était super bon : caviar en entrée, puis filet de bœuf de l’Aubrac, plateau de fromages républicains et, comme dessert, crème renversée sur LR. »

« À ce propos, dit Célestine, puisqu’on parle menu, je me permets, Marilyse, de te demander un conseil. Je prépare pour demain une blanquette de veau à l’ancienne.

Les croûtons frits, je les mets à mi-cuisson ou en fin de cuisson ? » Marilyse répondit après avoir réfléchi : « Les croûtons, tu les mettras plutôt en fin de cuisson. Mais n’oublie pas l’oseille. L’oseille, y a qu’ça d’vrai ! »

Et Marilyse reprit aussitôt ses souvenirs du dîner offert par Macron : « Il y avait là les grands frères, francs-maçons tous nimbés de lumière, Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian, et aussi de vieux copains socialistes, anciens ministres, ainsi que Sylvain Fort qui écrit les discours du président.

C’est un « pro du spin », comme dit la presse.

Il y avait aussi, en bout de table, le Catalan et l’Andalouse, mais, comme ils parlaient espagnol, je n’ai pas compris ce qu’ils disaient.

Ceci étant, Célestine, soyons concrets. Il faut choisir ta commission.

– Non, Marilyse, maintenant que je suis députée, je ne ferai plus les commissions.

– Célestine, comprends-moi bien. Il ne s’agit pas de commission chez l’épicier, mais d’une commission parlementaire. Je te conseille la commission des Affaires étrangères.

Membre de cette commission, tu pourras voyager comme tu voudras. Par exemple, tu adhères au groupe d’amitié France-Chine et tu vas à Cheng Du dans les meilleures conditions voir les pandas. Ou tu iras analyser l’alimentation des paysans du Hopei central.

– Marilyse, non et non ! Là où j’habite à Paris, il n’y a que des Chinois, c’est plein de Chinois. Tous les magasins sont chinois. Les restaurants, les écoles, tout est chinois.

Je n’ai pas besoin d’aller en Chine pour voir des Chinois : ils sont tous à Paris. Non, j’adhérerai plutôt au groupe d’amitié France-Suisse, parce que mes grands-parents habitent le Jura.

Ainsi, en passant, je leur dirai bonjour. Et aussi au groupe d’amitié France-Belgique, parce que j’ai un bon copain qui s’est fixé à Louvain depuis plusieurs années.

Il m’a dit que c’était à cause des impôts en France. J’en ai un autre fixé à Bruxelles. Il a un très bon job à l’UE.

Il est chargé de l’harmonisation fiscale. Mais, depuis 5 ans, il n’a pas eu une heure de travail, parce que les Français veulent une harmonisation fiscale par le haut et tous les autres par le bas.

Pour autant, il ne s’est pas ennuyé : il a relu Clochemerle et la Divine comédie.

– Très bien, Célestine, mais maintenant, il faut te mettre au travail ou plutôt voir travailler tes trois attachés.

Tu verras, ce sont des petits gars très bien, issus des jeunesses socialistes et de Sciences Po.

L’un d’entre eux rédige même une thèse de doctorat sur la fiscalité : « Les impôts les plus lourds dans l’histoire du monde, avec Caligula et François Hollande ».

Donc, tu vois, tout va bien, Célestine, mais il faut aussi, et avant tout, penser à l’avenir, penser à ta réélection dès maintenant.

Alors, écoute-moi bien : si tes électeurs t’interrogent, tu leur répondras ceci. Prends note : « Dans un esprit de solidarité citoyenne, une augmentation des recettes s’impose, de manière à consolider les dépenses dans une perspective de croissance accélérée. »

C’est ce que je dis depuis 35 ans à mes électeurs et ça a toujours bien marché. Tu as bien pris note, Célestine ? »

Lambert Christian pour les4verites.com

 

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Publié dans France

Commenter cet article

Vent d'Est, Vent d'Ouest 13/07/2017 17:39

Si je raisonne bien et si je résume bien, les candidats députés LREM auraient donc été soudoyés ? Cela ne constitue-t-il pas un délit pénal de la part du corrupteur ? Maintenant on comprend mieux leur indigence à tous niveaux...