Macron-Pierre de Villiers: Un chef ne devrait pas dire ça au chef d'état-major des armées

Publié le par LA REDACTION

Macron-Pierre de Villiers: Un chef ne devrait pas dire ça au chef d'état-major des armées

Alexandre Malafaye revient sur les reproches formulés par le président de la République au chef d'état-major des armées Pierre de Villiers. 

«Il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique. J'ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens, et devant nos armées, je sais les tenir. Je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire.»

Celui qui prononce ces mots durs ne s'appelle pas Charles de Gaulle. Un chef n'aurait pas dit ça. Celui qui recadre ainsi le chef d'état major des armées (CEMA) a obtenu 24 % - seulement - au premier tour de l'élection présidentielle. Depuis, à 39 ans, il a été élu Président de la République et, au fil des semaines, un autre visage se dessine. La campagne nous a montré celui d'un séducteur habile, soucieux de rassembler le plus largement possible, «en même temps» à droite et à gauche. Mais à la vérité, nous avons élu un inconnu. Avant lui, les Français n'ignoraient presque rien des grands traits de caractère de leur Président. Cette fois, nous découvrons en marchant la vraie nature du nouveau locataire de l'Élysée, l'autre visage de Jupiter. Celui qui affirme «je suis votre chef» n'avait jamais été placé en situation de commandement, jamais il n'avait été numéro un.

L'abus d'autorité peut masquer une faiblesse, ou bien refléter une certaine ivresse du pouvoir. Grisé par tant de puissance et l'image hypertrophiée renvoyée par le miroir médiatique, le meilleur des hommes peut se laisser aller à croire qu'il peut tout imposer, tout régler, tout dicter par sa seule volonté. Mais il faudra tout de même qu'à un moment ou à un autre, Emmanuel Jupiter Macron revienne sur terre et se familiarise avec un exercice maîtrisé du pouvoir et ses contingences.

 

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Dans son allocation prononcée à l'Hôtel de Brienne, devant la fine fleur militaire de la Nation, d'autres mots auraient pu produire un effet bien différent. Voilà, par exemple, ce qu'aurait pu dire un chef fédérateur et inspiré par le renouveau des pratiques politiques:

«J'ai n'ai rien perdu de vos débats et de vos inquiétudes, et je les entends. J'ai pleinement conscience des difficultés qui découlent de ces ajustements budgétaires année en cours, soyez-en persuadés. Mais nous n'avons pas le choix. Les efforts à court terme que le Gouvernement et moi vous demandons d'accomplir sont indispensables pour restaurer le crédit de la parole française sur la scène européenne. Il en va de la relance du projet européen avec nos partenaires. Les enjeux sont immenses, à la hauteur des attentes de nos compatriotes et des défis de ce siècle incertain à bien des égards. A l'évidence, ces efforts à court terme seront récompensés à long terme, nous nous y retrouverons tous, y compris nos armées dont j'assume le commandement en chef, et pour lesquelles j'ai le plus grand respect. Faites-moi confiance, vous ne serez ni déçus, ni trahis, je m'y engage solennellement devant vous.»

Voilà ce que nous aurions dû entendre, ce que nous aurions aimé entendre, ce qui aurait pu rassurer et clore le débat, redonner le sens et le souffle nécessaires, et motiver chacun sur l'objectif. Au lieu de cela, Emmanuel Macron se contente d'une nouvelle victoire à la Pyrrhus, en écrasant plus petit que lui. Mais à force de vaincre sans péril, il se pourrait bien qu'à la fin, il n'y ait ni triomphe, ni gloire.

Lire l'article complet de Alexandre Malafaye sur lefigaro.fr

 

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Publié dans Macron

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zerphirum 18/07/2017 20:01

bon alors l'armé en france comme la politique ou l'économie ou la sexologie ou la connardologie illuminatique , il suffit de faire une demande d'adhésion au grand orient de france parisien.

Vent d'Est, Vent d'Ouest 17/07/2017 20:15

J'oubliais, un petit message pour le Chef des Armées Jupiter himself, puisqu'il ne semble pas connaître certaines règles : le chef d’état-major des armées étant un « technicien » de la défense, il est de son devoir de dire si les moyens alloués aux armées sont suffisants ou non.

Vent d'Est, Vent d'Ouest 17/07/2017 19:53

"Il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique. [...]Je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire.» Il devrait déjà suivre ses propres conseils avant de donner des leçons à d'autres. Quant aux commentaires, eh, bien, si, du fait qu'il représente la France et les Français, il devrait se garder de tenir des discours sans queue ni tête et/ou insultants pour le pays qui le nourrit, comme il a coutume de les tenir très régulièrement.