Vel' d’Hiv: ça suffit la repentance démagogique !

Publié le par LA REDACTION

Vel' d’Hiv: ça suffit la repentance démagogique !

Je pensais que ce Macron nous épargnerait tous les poncifs du genre tant il me semblait plus brillant que certains de ses prédécesseurs mais non, il a fallu qu’il nous refasse le coup de la repentance :  » C’est bien la FRANCE qui organisa la rafle du Vel d’Hiv !  » avec ce mot France sur lequel il força le ton.

Et bien non, mon con, ce n’est pas la FRANCE qui organisa cette rafle. Ce sont quelques dizaines hommes de pouvoir qui, avec leurs nervis et autres collabos, organisa cette rafle. Même que parmi ceux qui œuvrèrent ce jour-là, certains n’eurent pas le choix : obéir ou partir avec. Le courage de dire non, c’est pas donné à tout le monde ; aurais-je dit non ? Bien top facile d’accuser le pays tout entier.  Les livres d’histoire et le Macron me disent qu’aucun Allemand ne prit part à cette rafle. Soit la chose, et alors ?  Cela suffit-il pour accuser tous les Français de l’époque ? Non, certainement pas. Mon grand-père, mon père, mes oncles et tantes n’ont aucune responsabilité dans ce qui a été commis. Comme la grande majorité des Français. Comme cette grande majorité de Français qui n’ont même pas su ce qui se tramait et s’organisait à Paris ou à Vichy. Vichy n’était pas la France. Et quand bien même l’un des miens eut participé à cette horreur que je ne m’en sentirai pas coupable pour autant.

Trop facile de tenter de culpabiliser les générations suivantes. Moi, je n’y suis pour rien, mes neveux et nièces, le gosse du voisin ou les enfants de la commune n’y sont pour rien. Nous n’avons rien fait et il est hors de question que nous soyons obligés, parce que Macron, Hollande ou Chirac l’auront décidé, de nous battre la coulpe pour ces crimes d’antan. Hors de question que pour caresser dans le sens du poil les victimes encore vivantes de la Shoah, les juifs d’aujourd’hui, quel qu’ils soient, et tous les antiracistes à deux balles que je prenne une part de responsabilité dans un crime que je n’ai pas commis. Ça va, ça suffit la repentance ! Repentance démagogique forcée, ras la frange.

Il n’y a pas de repentance qui tienne, c’est pourtant simple à comprendre, il s’agit d’une page peu glorieuse de notre histoire de France, comme tant d’autres, ni plus ni moins. Faisons-nous repentance pour le génocide vendéen ? Pour les milliers de têtes injustement coupées lors de la révolution ? Non. Le premier n’est toujours pas reconnu et la Terreur fut le terreau de notre République.

Il ne s’agit pas de relativiser (et donc de minimiser) les déportations, la Shoah et les millions de morts de la folie nazie, il s’agit uniquement de les replacer dans leur contexte, de laisser cela au bon endroit dans nos livres d’histoire. Et de ne pas oublier.

Il s’agit de se souvenir de quoi l’homme est capable quand il se laisse aller à des dérives criminelles. Ni plus, ni moins. Se souvenir, pas culpabiliser et encore moins faire culpabiliser les enfants d’aujourd’hui. Car à trop jouer avec cela, à trop culpabiliser les uns et les autres, on attise ce que l’on est sensé combattre. On le voit tous les jours depuis des années, l’antiracisme et la lutte contre l’antisémitisme ont généré l’exact contraire : racisme et antisémitisme.

Alors, le souvenir, je veux bien. Porter la mémoire de ceux qui furent raflés, déportés et/ou exterminés, je veux bien, mais me repentir comme l’attendent tant de manipulateurs démagogiques, certainement pas.

Corto74 pour lagauchematuer.fr

 

 

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Publié dans France, Macron

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Nathalie 17/07/2017 12:02

rectif : "et ne permettre"

Nathalie 17/07/2017 12:01

Il n'y a pas de contexte historique qui tienne face à l'ampleur d'un génocide unique dans toute l'histoire de la civilisation. Il n'y a pas de contexte historique qui tienne face au questionnement ontologique et métaphysique de l'existence du mal. Moi non plus, je n'étais pas née à cette époque, je suis une enfant du baby-boom post soixante-huitard, pour autant je me sens investie d'un devoir de mémoire car la nature humaine est oublieuse. J'ignore de quelle manière je me serais comportée face à l'envahisseur nazi, ce dont je suis sûre, en revanche, c'est que je n'aurais pas fait d'excès de zèle. Et le fait est que l'Etat français a fait preuve d'un zèle hors du commun dans l'organisation de la rafle du Vel'd'Hiv. et oui l'Etat français est responsable de cette indignité !

Je vous rappelle au passage qu'il ne s'agit pas d'un évènement à caractère anecdotique, d'un "point de détail de l'histoire" mais d'un crime contre l'humanité. En tant qu'être humains nous sommes tous concernés.

Par ailleurs, le président Macron n'est pas le premier à faire acte de repentance face aux crimes commis par l'Etat français et pas seulement par le gouvernement de Vichy. C'est Jacques Chirac qui, le premier, a pris l'initiative, en 1995, de reconnaître les exactions de la France et, partant, sa responsabilité pleine et entière, en la matière. Il était temps !

Enfin, ce n'est pas s'abaisser, ni dégrader l'image de notre pays, que reconnaître les erreurs du passé. C'est, au contraire, faire preuve de grandeur et d'honneur ! Aucune piqûre de rappel n'est inutile face à la barbarie. Combattre la barbarie d'hier, c'est combattre celle d'aujourd'hui, celle de demain en ne permettre qu'aucune zone d'ombre ne profite au doute, au déni, qui sont des manifestations du mal. La devise du diable c'est "diviser pour mieux régner" : ne vous laissez pas diviser !