Gilles-William Goldnadel: «La place des terroristes n'est pas en psychiatrie, mais en prison»

Publié le par LA REDACTION

Gilles-William Goldnadel

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Pour Gilles-William Goldnadel, faire du dérangement psychiatrique la raison principale des passages à l'acte terroristes est un dangereux non-sens.

La plupart des psychiatres et spécialistes du terrorisme islamiste ne croient pas du tout à l'efficacité de la proposition du ministre de l'intérieur: «chercher à expliquer la radicalisation par la psychiatrie, c'est être à côté de la plaque, c'est ridicule d'en être encore là» critique le spécialiste de la question terroriste Romain Caillet (rtl.fr). Tout comme Jacques Raillane, connu aussi sous le pseudonyme d'Abou Djaffar qui juge cette idée «débile voire absurde»: «deux ans après le Bataclan, on pensait avoir dépassé ce stade du n'importe quoi» indique-t-il encore.

Comme le rappelle Raphaël Gaillard, professeur en psychiatrie à Sainte-Anne et expert à la cour d'appel de Paris: «la grande majorité des terroristes n'ont aucun rapport avec la psychiatrie».

Mais comme l'indique toujours Romain Caillet, voir la question à travers le prisme de la psychiatrie «évite de se poser les questions dérangeantes».

Je m'en vais donc à présent indiquer ce qui dérange secrètement le ministre, une grande partie du corps médiatique et politique occidental

J'affirme en effet que cette tendance médiatique ou politique à la psychiatrisation est de nature idéologique et tout aussi suicidaire. Elle signifie en creux, qu'un terroriste musulman ne peut pas être mauvais et donc qu'il ne peut être que fou. On comparera avec l'attitude médiatique adoptée dans l'affaire du terroriste norvégien Breivik - lui non plus en rien un modèle d'équilibre mental-et dans laquelle une partie de la presse, dont Le Monde, loin d'en faire un cas psychiatrique irrationnel, dressa des listes nominatives d'intellectuels responsables de son geste politique réfléchi…

J'affirme également que cette tendance signifie toujours en creux la répugnance à infliger une sanction judiciaire répressive à un être à qui on voudrait enlever toute responsabilité individuelle.

Sans doute en raison de l'incapacité à pouvoir le sanctionner légitimement, en vertu du complexe de culpabilité de l'être occidental, se jugeant responsable éternel de son mal-être existentiel.

J'affirme enfin que dans le creux de l'inconscient médiatique ou politique de cette propension à l'excuse psychiatrique, se dissimule aussi l'irrésolution à se défendre physiquement avec des armes létales et préférer l'usage de la déradicalisation pour rire ou des tranquillisants pour dormir.

Qui est fou? D'abord la société occidentale devenue névrotiquement masochiste.

 

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