« L’indécente complaisance de l’extrême gauche française envers Maduro »

Publié le par LA REDACTION

« L’indécente complaisance de l’extrême gauche française envers Maduro »

Gilles-William Goldnadel dénonce une certaine extrême gauche qui, depuis la France, soutient le président vénézuélien, alors que les élections se déroulent dans un bain de sang. Pour lui, la complaisance française à l’égard de communistes doit cesser.

 

Le Venezuela s’enfonce dans la tourmente. Faillite économique, faillite financière, manque de tout et même de médicaments, et enfin et surtout une dictature paranoïaque qui fait tirer par ses gendarmes ou ses milices sur les opposants qui meurent par centaines.

 

Une nouvelle fois, toute aussi inutile que les précédentes, la preuve est faite que les produits du marxisme ou ses dérivés finissent dans la misère et le sang. Et que ses versions latines sont extravagantes dans leur religiosité, leur mystique, et leur catéchisme.

On ne peut pas grand-chose pour le malheureux peuple vénézuélien, sinon réprouver en France ceux qui ajoutent à son malheur en soutenant le pouvoir qui l’opprime.

Car dans notre pays, il est des gens, qui tranquillement le soutiennent.

C’est ainsi, que le Parti Communiste Français a salué l’élection de la constituante au Venezuela. Et tant pis si celle-ci est née dans un bain de sang.

C’est ainsi encore que l’ineffable Gérard Filoche, membre du Parti Socialiste, a gazouillé sur Twitter ce doux message: «que croire des médias français qui parlent du Venezuela? 42 % de participation au vote malgré l’insurrection de l’extrême droite!»

Tant pis si l’opposition majoritaire conteste absolument un scrutin truqué et contesté de toutes parts.

Comme hier, après Moscou ou Budapest, c’est la faute à l’extrême droite fascisante et complotiste, à l’Amérique et aux capitalistes

La réalité, incontestable elle, c’est que nos communistes, et autres compagnons de route soumis à la bonne vieille idéologie rouge vif tirant sur le brun, n’ont pas changé d’une harangue.

Comme hier, après Moscou ou Budapest, c’est la faute à l’extrême droite fascisante et complotiste, à l’Amérique et aux capitalistes.

Et pourquoi donc n’ont-ils pas changé? Car nul, fondamentalement, ne leur a demandé, ni à gauche et pas même vraiment à droite.

Dans un pays démocratique digne de ce nom, si un homme politique avait pleuré à chaudes larmes à l’enterrement de Chavez, avait récité une ode hallucinée à l’ambassade de Cuba en hommage à Fidel Castro ou avait déclaré officiellement son soutien à la dictature Maduro, il aurait disparu dans les égouts de l’histoire politique.

Jean-Luc Mélenchon l’a fait, et malgré cela, une réputation d’intelligence le précède, et les médias sont très avenants.

Pour comprendre cette situation assez exceptionnelle en Europe, il faut comprendre la triste exception française.

Pour ce faire, quelques ingrates vérités doivent être énoncées.

Le pays de 1789 et surtout de 1793 a toujours eu un faible pour la radicalité violente sur fond de jactance dès l’instant où elle émane du parti censé incarner les pauvres

Le pays de 1789 et surtout de 1793 a toujours eu un faible pour la radicalité violente sur fond de jactance dès l’instant où elle émane du parti censé incarner les pauvres. Ce n’est pas un hasard, si Mélenchon se réclame de Robespierre et si certains de ses insoumis d’opérette, sans cravates à défaut d’être sans culottes, affectent dans leurs propos un petit goût d’Hébert.

C’est ce pays moderne, et pas un autre, qui peut s’enorgueillir d’avoir une CGT où l’on déteste et les patrons et la police. Avec les résultats économiques et industriels que l’on sait. C’est dans ce pays que l’on course les cadres et que l’on menace impunément de faire sauter les usines.

Le personnel politique de ce pays a le cœur caraïbe et samba. On y aime encore le Che plus qu’ailleurs. Plus que chez les opposants cubains qui se souviennent comment celui qu’ils appelaient «carnecito» (le petit boucher) faisait massacrer les dissidents dans leur cellule.

C’est dans ce pays, qu’une ancienne candidate à la présidence de la république niait il y a encore quelques mois l’existence de prisonniers politiques à Cuba. On imagine si un homme politique d’importance avait rendu hommage au général Pinochet. Ses descendants auraient été maudits jusqu’à la dixième génération.

Le procès du communisme n’a jamais eu lieu et les auteurs du Le Livre noir du communisme* ont vécu pendant des années dans un ghetto dont ils sont à peine sortis.

La plus dure vérité, pour la fin.

Au regard des critères habituels de la science politique en la matière: respect du scrutin démocratique, violence dans la rue, complaisance à l’égard du terrorisme, du racisme et de l’antisémitisme, le parti le plus à droite sur l’échiquier politique français pourrait apparaître aujourd’hui comme moins extrémiste que les partis les plus à gauche.

Et pourtant. Pourtant, les médias utilisent le vocable «extrême droite» pour qualifier le Front National et répugnent à utiliser symétriquement celui d’«extrême gauche» pour qualifier le Parti Communiste et les Insoumis, préférant l’expression plus aimable «gauche de la gauche» ou «gauche radicale». Difficile de ne pas y voir une complaisance ou une bienveillante inconscience médiatique.

Pourtant, si un front républicain est toujours envisagé ou exigé entre les partis de droite, si on a même observé «un front antifasciste» efficace au second tour de l’élection présidentielle, il ne semblait poser aucun problème moral d’envisager des alliances électorales entre le Parti Socialiste et ces partis sur sa gauche qui aujourd’hui applaudissent la dictature vénézuélienne. Difficile de ne pas y voir une complaisance ou une inconscience culturelle et politique.

Tant que la France culturelle, politique et médiatique ne sera pas sortie de son indulgence extrêmement coupable pour l’extrême gauche, il ne faudra pas s’étonner que celle-ci ne se sente guère dans une culpabilité qui lui commande de faire enfin son examen de conscience.

Les vrais défenseurs des libertés devront attendre longtemps, à Paris comme à Caracas, des lendemains qui ne pleurent plus.

© Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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