«Franc, honnête, c’est, aussi, pour cela qu’on l’aime, Florent Pagny !»

Publié le par LA REDACTION

Florent Pagny. Photo : capture d'écran @Le Parisien

Florent Pagny. Photo : capture d'écran @Le Parisien

Il y a des stars qui prennent la mouche quand on pointe du doigt leur émigration pour cause d’exil fiscal et il y a celles qui assument. Et plutôt deux fois qu’une. C’est Florent Pagny.

Il a déménagé ses pénates au Portugal, et alors? « La vie est extraordinaire, là-bas, mais j’y vais aussi pour de vraies raisons fiscales. »

Voilà, c’est dit, clair et précis. On se doute bien qu’après le soleil de Floride et celui, plus frais, de la pampa de Patagonie, la douceur du climat portugais seule n’aurait pas suffi pour lui donner envie de retraverser l’océan Atlantique.

En plus de ses paysages variés et sublimes de la côte sud, la gentillesse de ses habitants et ses innombrables et superbes monuments, le Portugal – il faut le reconnaître – sait prendre ses nouveaux arrivants par les sentiments. Mais attention : ce qui est valable pour Florent Pagny l’est tout autant pour les autres parents.

« Pas d’impôt sur l’héritage et sur la succession », dit-il. En d’autres termes, des parents ayant trimé toute leur vie et payé leurs impôts ont le droit de transmettre dans son intégralité le fruit de leur labeur à leurs descendants sans que l’État en confisque une part.

« Pas d’impôt sur la fortune » non plus… Chacun se souvient de la situation ubuesque de petits retraités sans le sou qui ont le malheur de vivre dans un endroit où la valeur de leur maison les assujettit à l’ISF.

Ce n’est pas le cas de Florent Pagny, eh bien, quoi ?

Depuis quand l’amour des parents riches pour leurs enfants vaudrait moins que celui qu’éprouvent les parents pauvres pour les leurs ?

Et puis, pourquoi croyez-vous que des centaines de Français, chaque année, emménagent, eux aussi, au Portugal ? Parce qu’avec 1.800 euros de retraite à deux dans un pays où le coût de la vie est 20 à 30 % moins élevé et qu’avec la vente de leur maison de 100 mètres carrés en France, ils ont le loisir d’en doubler la surface là-bas, en plus des avantages fiscaux susnommés, eh bien, oui, le calcul est vite fait. Et leur quotidien grandement amélioré.

En outre, selon le chanteur, question fiscalité, l’Italie vient d’adopter les mêmes règles. « On pourrait très bien vivre en France, poursuit-il, mais il y a un moment où il y a des limites à ne pas dépasser. »
 

Évidemment, tout le monde, dans le show-biz, n’assume pas. Certains épinglés pour leur exil fiscal se rebiffent.

Prenez Dany Boon, pour commencer. Lui n’a pas fui la France pour payer moins d’impôts, nan-nan, c’est pour « travailler au calme ».

Et Zidane, qui n’était pas choqué par la taxe hollandaise de 75 % ? Çà tombait bien, il a depuis longtemps élu domicile en Espagne.

Et Emmanuelle Béart, grande « défenseuse des sans-papiers », où crèche-t-elle depuis des lustres ? En Belgique, tout comme José Garcia.

Quant aux sportifs de haut niveau, ils sont légion à s’être mis à l’abri du fisc français : Gasquet, Mauresmo, Monfils, Tsonga, Bartoli – tous chez nos amis suisses! Les médias le leur reprochent-ils, à eux ?

Et on devrait jeter la pierre à Florent Pagny, un particulier, pour couler des jours heureux de façon légale dans son nouveau pays alors que, côté entreprise, Facebook (par exemple) paie 1,16 million d’euros d’impôts en France tandis que, selon BFM TV, le montant dont elle devrait s’acquitter s’élève à 80 millions d’euros ?

Entre nous soit dit, pas sûr que la fortune de Mark Zuckerberg (5e mondiale, avec 56 milliards de dollars) soit vraiment comparable avec celle de Pagny…

Franc, honnête et par-dessus tout en accord avec lui-même, ils ne l’auront effectivement jamais, [sa] liberté de penser, et c’est, aussi, pour cela qu’on l’aime, Florent Pagny !

Caroline Artus pour bvoltaire.fr

 

Publié dans France

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