Les ennemis de la France se nourrissent de sa tolérance

Publié le par LA REDACTION

Hommage aux victimes des attentats de Paris, près du Bataclan, novrembre 2015.

Hommage aux victimes des attentats de Paris, près du Bataclan, novrembre 2015.

Inutile de répéter ce qu’ont très clairement et très justement écrit Barbara Lefebvre dans Le Figaro et Jean-Paul Brighelli ici-même, même si à mon avis, cher Jean-Paul, vouloir combattre l’islamisation par la mixité sociale revient à essayer d’enrayer une épidémie en dispersant des malades contagieux dans la population saine.

Le combat contre l’islam politique est avant tout culturel. On peut même dire qu’il n’est que culturel, et que la volonté de défendre notre culture et nos vies y compris par l’emploi de la force légale n’est qu’un aspect, peut-être même un sous-produit, de ce combat culturel. Il est inutile de disposer d’un arsenal sécuritaire, qu’il soit policier, militaire ou juridique, si l’on n’a pas la force morale de s’en servir, ou si l’on s’interdit la lucidité de voir le réel tel qu’il est pour utiliser cet arsenal à bon escient.

« Le désarmement idéologique des États renforce partout la dissidence armée »

L’islamisation et la délinquance des banlieues ne doivent surtout pas être confondues, malgré les liens qu’elles entretiennent. Les idéologues d’Arabie saoudite et du Qatar ne sont pas connus pour avoir grandi dans des ghettos urbains, non plus que Hani et Tariq Ramadan, ou Alija Izetbegović. Cependant, islamisation et délinquance des « quartiers difficiles » ont en commun la faiblesse coupable de la réponse que l’État leur apporte, et son ahurissante inefficacité. Nous allons y revenir.

L’un des ouvrages les plus utiles et les plus stimulants pour qui veut comprendre ce à quoi nous sommes confrontés, est un court mais magistral essai intitulé Fascination du djihad. Fureurs islamistes et défaite de la paix. Nous le devons au médiéviste Gabriel Martinez-Gros, spécialiste d’Al-Andalus et d’Ibn Khaldoun. Historien, il a parfaitement compris ce qui continue d’échapper à beaucoup de journalistes, diplomates, criminologues, ministre de l’Intérieur se prenant pour un psychiatre et autres élus complaisants, ou prétendus experts en déradicalisation.

Voici, entre autres, ce qu’écrit Gabriel Martinez-Gros : « Le désarmement idéologique des États renforce partout la dissidence armée ». Nous sommes face à « des formes de refus et de violence d’autant plus radicales qu’elles sont plus efficaces face à des populations majoritaires de plus en plus désarmées matériellement et psychologiquement », en raison de « la domination sans partage du discours non violent. Il n’est pas de recours à la force, si légitime qu’en semble la cause, qui ne suscite réticence. Il n’est pas de guerre qu’on ne déclare absurde, ou dont on accepte d’examiner les raisons. » Or, « le djihadisme rompt avec la morale des masses, et se revendique en élite de guerriers. »

Excuser les coupables…

Sans la rejeter a priori, il disqualifie après examen la thèse de « l’islamisation de la radicalité. » « La première préoccupation de ceux qui la soutiennent est en effet de disculper l’Islam, et surtout la religion musulmane, de toute implication dans la violence du djihadisme – ou plutôt du terrorisme, selon les mots que la réserve médiatique et politique impose le plus souvent. Ces événements, disent-ils, pourraient survenir n’importe où. C’est évidemment faux. […] Ce choix de l’Islam, effectué par des millions de militants dans le monde, n’est ni fortuit, ni superficiel. Tout étudiant en sciences humaines sait – ou devrait savoir – qu’il est impossible d’analyser un phénomène – ethnologique, sociologique, historique – hors des mots dans lesquels il se donne. Imagine-t-on d’analyser le nazisme comme on prétend aujourd’hui analyser le djihadisme, en détachant sa « base sociale » de son « propos idéologique » ? On en conclurait que les nazis furent des ouvriers malchanceux, des petits commerçants ruinés par la crise, des intellectuels au chômage, des ratés du système capitaliste… La guerre mondiale, la hiérarchie des races, l’extermination des juifs ? Simple habillage infantile d’une violence de déshérités… »

Et il dénonce l’aveuglement de « la gauche en particulier, qui ne veut voir que problèmes sociaux là où éclate l’évidence d’un choix politique. Le paradoxe veut que ce même consensus, et cette même gauche, s’alarment d’une extrême droite populiste, dont le programme ne comporte pourtant aucune des condamnations radicales des fondements de l’Occident – en particulier la souveraineté du peuple, l’abolition de l’esclavage et de la polygamie, ou l’égalité des sexes – que les djihadistes proclament très ouvertement. »

(...)

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Publié dans France

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