Les incohérences de la politique d’Emmanuel Macron

Publié le par LA REDACTION

Les incohérences de la politique d’Emmanuel Macron

Voilà plus de quatre mois qu’Emmanuel Macron a pris ses quartiers à l’Elysée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on peine grandement à entrevoir la cohérence entre ses déclarations tonitruantes et ses décisions subséquentes. La pensée du nouveau président est, nous dit-on, « complexe » : le serait-elle au point qu’il s’y perde lui-même ? Petit florilège des incohérences les plus flagrantes de la politique d’Emmanuel Macron.

Encourager l’investissement productif sans dispositifs fiscaux spécifiques

Emmanuel Macron a, tout d’abord, annoncé vouloir faire de la France la « nation des start-up » et « encourager l’investissement productif ». On ne peut que saluer ses déclarations qui, assurément, vont dans le bon sens !

Force est toutefois de constater que celles-ci ne sont pas assorties de mesures concrètes susceptibles de les mettre en œuvre. Certes, Emmanuel Macron entend exclure les actions de l’assiette de l’assiette de l’ISF et taxer davantage les propriétaires français dans l’espoir de les transformer à l’avenir en investisseur ; mais l’on sait d’expérience que ce type de politique fiscale coercitive n’apporte pas nécessairement les résultats escomptés, dès lors que les contribuables demeurent, de façon générale, moins réceptifs à la coercition qu’à l’incitation fiscale. Or, aucun dispositif spécifique pour inciter ces derniers à investir dans les start-up et PME françaises n’a, pour l’heure, été envisagé.

Emmanuel Macron n’a, en effet, pas jugé utile de reprendre à son compte la proposition de François Fillon visant à renforcer substantiellement le dispositif IR-PME en l’alignant sur le dispositif « EIS » (Entreprise investments scheme) existant au Royaume-Uni ; lequel permet aux investisseurs privés de déduire de leur impôt sur le revenu 30% du montant de leur investissement, dans la limite annuelle de 300.000 livre sterling.

Pire encore, Emmanuel Macron a dernièrement annoncé la suppression du dispositif ISF-PME permettant aux investisseurs de déduire de leur ISF 50% du montant de leur investissement, dans la limite annuelle de 45.000 euros. Reste donc seulement le dispositif IR-PME, lequel permet aux investisseurs de déduire 18% du montant de leur investissement, dans la limite de 18.000 euros par an. Il va sans dire que ce dispositif est très loin de répondre aux objectifs de financement des start-up et PME françaises ; et a fortiori à l’ambition de faire de la France la « nation des start-up ».

Céder les participations de l’Etat tout en nationalisant STX

Emmanuel Macron a, ensuite, annoncé vouloir céder les participations de l’Etat dans plusieurs entreprises publiques. Là encore, on ne peut que saluer cette déclaration, dès lors qu’il est incompréhensible que l’Etat français, notoirement incompétent en matière de gestion et, au demeurant, surendetté, reste actionnaire dans plus de 1750 entreprises.

Mais dans le même temps, le président a pris la décision, pour le moins surprenante, de nationaliser la société STX ; ce qui entre totalement en contradiction avec sa déclaration précédente, visant à désengager l’Etat de la gestion des entreprises françaises.

« Make our planet great again » tout en polluant davantage

Plus surprenant encore, Emmanuel Macron qui a récemment déclaré vouloir sauver la planète (« make our planet great again ! ») a nommé Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique afin de mettre en œuvre une politique environnementale qui ne pourra, à terme, que conduire à polluer davantage le territoire français.

Ce dernier a, en effet, annoncé vouloir fermer 17 centrales nucléaires d’ici 2025 afin de développer les énergie renouvelables (éoliennes, etc.). Or, on sait parfaitement que ces dernières ne seront pas suffisantes pour assurer les besoins énergétiques de la France et qu’elles devront, le cas échéant, être complétées par d’autres sources d’énergie, comme le charbon ; lesquelles sont beaucoup plus polluantes que l’énergie nucléaire.

Il suffit d’ailleurs de constater que l’Allemagne est le premier pollueur de l’UE pour comprendre que les énergies renouvelables ne vont pas nécessairement de pair avec une baisse de la pollution !

Réduire les dépenses publiques tout en augmentant les budgets des différents ministères

Emmanuel Macron a enfin déclaré vouloir réduire la dépense publique afin de résorber le déficit français. On ne critiquera pas cette décision. Mais ce dernier a, dans le même temps, décidé d’augmenter substantiellement les budgets des ministères de l’Education et de la Défense ; si bien que l’on peut légitimement se demander comment il parviendra à baisser la dépense publique française.

 

Virginie Pradel pour IREF

 

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pol 21/09/2017 21:32

cela fait déjà plusieurs décennies que la france est diriger par des personnalités dangereusement incompétentes ,les guerres d'aujourd'hui sont plus subtiles que par le passer et le calendriers de l'échec ne cesse de se remplir a l'encre rouge.

Basique 20/09/2017 16:45

Et maintenant, il veut "sortir de l'Etat de droit", lapsus qui en dit long sur les intentions réelles du nouveau Badinguet que 32% d'électeurs ont porté à la Présidence. "Français, encore un effort !" vous n'êtes pas au bout des surprises qui... vous attendent et nous, - hélas pour quelqu'un qui n'a pas voté pour ce qui est, - attendent. Et tout compte fait, est-ce si étonnant que cela ?