Que Macron prenne garde à la colère des CRS

Publié le par LA REDACTION

Que Macron prenne garde à la colère des CRS

Les policiers sont des gens obéissants et disciplinés. Ils sont soumis comme tous les fonctionnaires au devoir de réserve et n’ont pas le droit de grève. Mais il ne faut pas abuser de leur docilité.
Depuis des mois, voire des années, les policiers rouspètent contre la dégradation de leurs conditions de travail : véhicules obsolètes, commissariats délabrés aux portes rafistolées et aux toilettes parfois inutilisables… Une situation que leur hiérarchie connaît parfaitement mais qu’elle feint d’ignorer. Visiblement, le confort des policiers ne fait pas partie des priorités de ce gouvernement, pas plus que des précédents d’ailleurs.

Sauf que la colère qui gronde dans les commissariats et au sein des compagnies de CRS risque bien d’exploser un de ces quatre matins. On en a eu un aperçu le jeudi 21 septembre lorsque 2 200 CRS se sont fait porter pâle. Une situation incroyable ! Du jamais vu ! Ce jour-là, alors que partout en France se déroulaient des manifestations contre la réforme du code du travail, 50% des effectifs censés assurer le maintien de l’ordre étaient en arrêt de travail. Un véritable mouvement de grève déguisé. Dans l’urgence, la hiérarchie a dû rameuter des effectifs dans les commissariats de police. Et comme cela ne suffisait pas, la gendarmerie a été appelée en renfort pour assurer la sécurité des manifestations.

Un mal aussi mystérieux qu’inexpliqué

Même le chef de l’État, en déplacement à Marseille ce jour-là, a été victime du ras-le-bol des policiers. Les 16 motards prévus pour l’escorte ont tous été frappés simultanément d’un mal aussi mystérieux qu’inexpliqué ! Bref, il a fallu, là encore, faire appel aux gendarmes. Motif de ce coup de colère des CRS ? La décision du gouvernement de fiscaliser l’indemnité journalière d’absence temporaire (IJAT). Une prime versée aux CRS lors de leurs déplacements en mission, qui constitue pour eux un complément de salaire non négligeable. Étant intégrée au salaire la prime est donc désormais soumise aux prélèvements fiscaux, notamment à la CSG. Ce que refusent les CRS par l’intermédiaire de leurs syndicats. De plus, le versement de cette prime est retardé. Il n’arrivera que trois mois après la fin de la mission. Inacceptable pour ces policiers corvéables à merci, envoyés en première ligne contre des manifestants souvent ultra-violents ou pour déloger les camps de migrants qui fleurissent un peu partout dans notre beau pays.

Des migrants souvent mieux logés et mieux traités que nos policiers comme en témoigne la mésaventure survenue récemment aux hommes de la CRS 16 de Saint-Omer. Ce 19 septembre, ils avaient participé à l’évacuation d’un campement sauvage à Grande-Synthe, dans le Nord. Épuisés après une longue vacation de 14h30, ils regagnaient leur hôtel à Valenciennes. Quelle ne fut pas leur surprise en arrivant de trouver, dans le hall d’entrée, plusieurs dizaines de migrants, ceux-là mêmes qu’ils avaient évacués au cours de la journée qui attendaient qu’on leur attribue une chambre ?
On comprend la colère de ces policiers qui, après protestation auprès de leur hiérarchie, ont dû changer d’hôtel. Les CRS délogés pour laisser la place aux migrants. Un comble ! Dans un tract le syndicat UNSA police CRS se demande « qui a pris la décision de mettre » les migrants évacués  « dans le même hôtel que les CRS ayant mené l’opération ». Un manque de considération évident de la hiérarchie, une véritable insulte vis-à-vis de ceux qui ont la difficile tâche du maintien de l’ordre dans notre pays.

Punaises de lit dans les chambres

Un désagrément qui survient quelques jours après un autre scandale survenu au Novotel Suites de Coquelles, un hôtel pourtant classé quatre étoiles, situé non loin de l’ancienne jungle de Calais. C’est là que sont logés les policiers de la CRS 55 de Marseille chargés d’empêcher l’installation d’un nouveau camp de migrants. Dévorés par des punaises de lit dans leurs chambres, ils ont dû passer la nuit du 28 août dans leurs véhicules. « Depuis trois ans on est très sollicités, témoigne un CRS. On travaille à flux tendu avec des congés réduits au strict minimum légal. Si en plus on ne peut pas récupérer, vous imaginez ? La fatigue, la nervosité…çà peut très vite jouer sur la sécurité. »
Il leur faut effectivement avoir les nerfs solides pour tenir dans ces conditions. Devant leurs protestations, l’administration a finalement décidé de loger les policiers de cette compagnie à Abbeville, soit à 1h20 de leur secteur d’intervention. Un beau gâchis !

Cette situation tendue ne pourra pas durer éternellement. Au lendemain de la manifestation nationale de colère des CRS, le ministre de l’Intérieur a reçu leurs syndicats. Dans l’urgence, il leur a promis 50 millions d’euros pour la rénovation des commissariats. Un geste du gouvernement qui n’apaisera pas, pour autant, la colère des policiers, des CRS en particulier.

Alain MARSAUGUY pour ripostelaique.com

 

Publié dans France, Macron

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Vent d'Est, Vent d'Ouest 05/10/2017 10:40

En attendant, ce sont les CRS toujours obéissants aux ordres, qui retournent leur colère vers des manifestants de GM/S de Corrèze ; alors, de quoi se plaignent-ils ?