Bernard Cazeneuve et les « Sauvageons »

Publié le 22 Octobre 2016

La multiplication récente d’agressions de plus en plus graves à l’encontre de la police et des enseignants porte à se demander si elles ne sont pas le signe avant-coureur d’affrontements plus graves, d’émeutes. Sont-elles concertées ou tout simplement l’effet de la vacuité du pouvoir?

 La grogne policière pourrait être le témoin objectif de cette dernière éventualité. De même que la valse hésitation du ministre de l’intérieur à l’égard des policiers, allant d’enquête administrative à cérémonies de conciliation. Une politique erronée depuis de nombreuses années arrive au bout d’un cycle et montre la faiblesse du Pouvoir, si bien que des émeutiers à la petite semaine conçoivent l’audace de s’attaquer à ses emblèmes, tandis que ses soutiens policiers se sentent abandonnés par leur hiérarchie.

 Il n’est pas dénué de sens que cette révélation au grand jour ait éclaté au lendemain de l’invraisemblable parole du ministre de l’intérieur qualifiant de « sauvageons » des apprentis terroristes maniant cocktail Molotov et mortiers (mais au fond, on ne faisait pas mieux avant avec les « loups solitaires »). On croit entendre la reine Marie Antoinette s’exclamant devant la foule révolutionnaire à l’assaut de son palais, « s’ils n’ont plus de pain qu’ils mangent donc de la brioche ».

La désinvolture terminologique de Bernard Cazeneuve a effectivement laissé entrevoir le décalage abyssal qui séparait la réalité de la société française du discours qui lui a fait écran depuis 15 ans. Depuis Chevènement, qui avait recouru à ce terme il y a quelques années , il s’est, en effet, passé bien des choses : 250 morts notamment et des centaines de blessés. Le livre d’interviews de François Hollande ne pouvait que faire caisse de résonance à cet état de faits en montrant que le président pense autrement en privé que ce qu’il dit en public.

 

Les Juifs expérimentent ce divorce entre les paroles et les faits depuis 15 ans. Les termes de « tensions inter-communautaires », de « conflits importé » ont caché l’antisémitisme mais aussi l’atteinte à la paix civile qui s’est aujourd’hui étendue à toute la société.

 La parole de Cazeneuve aujourd’hui  nous envoie un très mauvais signal. Elle nous montre que le Pouvoir n’assume toujours pas la situation réelle. La cacher, la travestir sous une terminologie qui fait rire tout le monde, loin d’amoindrir sa gravité, ne fait que l’empirer tandis qu’elle confère à la violence des émeutiers potentiels une impunité. Les faits parlent d’eux mêmes. Les émeutiers et les organisations qui ont défilé aux cris de « Mort aux Juifs » lors de la manifestation de la Bastille sont restés impunis. Mais cela ne suffit pas. Ceux qui ont vu sur la chaîne nationale l »‘émission « Complément d’enquête » fustigeant l' »hystérie » française autour du voile, ou l’émission intitulée « Au nom de fils, du père et du Djihad » peuvent comprendre comment les « radicalisés » n’ont pas besoin d’écouter les messages de Daesh. Il leur suffit de voir France 2 ou Arte.

 L’abstention de la France à l’UNESCO, après que certains de ses représentants aient assuré du contraire, témoigne de cette démission, non pas seulement sécuritaire et politique mais, bien plus grave, symbolique. La négligence du pouvoir socialiste à l’égard de la communauté juive ne concerne pas cette fois-ci seulement les personnes physiques, pour ce qui est de leur sécurité, mais aussi la personne morale, son identité historique et religieuse. Or, cette dimension retentit directement sur leur sécurité car suggérer qu’Israël et le judaïsme sont des imposteurs à Jérusalem, c’est encourager les falsifications islamiques et le discours du djihad, c’est légitimer une revanche envers les Juifs où qu’ils soient.

Les implications de cette démission sont encore plus grave. L’absence de réaction du monde chrétien est aussi significative. Si elle entérine en effet l’idée que la présence juive à Jérusalem ne fut jamais qu’un mensonge et que Mont Moriah est un sanctuaire de l’islam, entérine-t-elle l’idée coranique qui en découle et selon laquelle Jésus était un prophète de l’islam et qu’il ne fut pas crucifié dans une Jérusalem, musulmane dès ses origines?

 Le fait que la résolution votée à l’UNESCO l’a été à l’initiative de l’Autorité palestinienne (accompagnée du Maroc qu’on dit si pacifique) montre par ailleurs le fond exterminationniste de la politique du « deuxième Etat » appelé de leurs vœux par les pacifistes.

 Le vote infâme de l’UNESCO s’est produit à la veille de soukkot, une fête durant laquelle les prêtres du Temple de Jérusalem offraient un sacrifice de rachat pour les 70 nations de l’humanité.

 C’est impressionnant, eschatologique, de voir qu’aujourd’hui, sauf quelques justes, que ces nations rejettent ce rachat.

 

Shmuel Trigano

*Chronique sur Radio J

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Rédigé par La rédaction

Publié dans #France, #Gouvernement

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