Evacuation jungle de Calais: le renoncement de l’Etat à faire appliquer la loi

Publié le 25 Octobre 2016

Dans quelques jours, la jungle de Calais aura cessé d’exister. La facture totale s’élèvera pour les contribuables français à 200 millions et nul ne peut garantir qu’une nouvelle jungle ne se reconstituera à Calais ou dans ses environs.

Mais peu importe. Pour le gouvernement, le problème de Calais, cette zone de non-droit tolérée depuis trop longtemps, aura cessé d’exister notamment dans les médias. Pour un temps, les touristes, les chauffers routiers et les Calaisiens pourront rouler normalement sur l’A14 sans craindre un barrage. De même, la délinquance dans le Calaisis connaîtra un répit. 

La réponse socialiste fut longue à venir, mais elle est simple : pulvériser la jungle de Calais aux quatre coins de la France, sur 450 sites imposés par l’Etat à des communes et des riverains très majoritairement hostiles. Cela s’appelle “mettre la poussière sous le tapis”, car rien n’est réglé, mais tout semble net. Cela a en outre l’avantage de casser le thermomètre d’une situation plus globale dont Calais était devenu le révélateur : une immigration incontrôlée, un espace Shengen en faillite et l’incapacité de l’Etat français de faire respecter la loi. Pas une loi plus répressive, pas une loi d’exception dictée par l’état d’urgence, non la loi, rien que la loi. 

Comme le confirment les images de l’évacuation en cours, les migrants de Calais ne sont pas des réfugiés de guerre fuyant des persécutions, mais, en majorité, des hommes jeunes qui migrent pour des raisons économiques. Au regard de la loi, ils ne bénéficiant d’aucun droit d’asile politique ; ils sont en situation irrégulière et il convient, selon la loi, de les reconduire à la frontière.

Au lieu de cela, le pouvoir socialiste les installe dans les régions : il s’agit là d’un formidable et inquiétant renoncement. 

Après avoir renoncé à faire respecter la loi dans la jungle et le Calaisis, l’Etat renonce à faire appliquer les lois de la République en matière d’immigration. Ce renoncement est néfaste à mains égards. Tout d’abord, il s’agit d’un puissant encouragement à l’émigration illégale puisque dans notre pays le risque de reconduite est nul ; grâce à Hollande, les passeurs clandestins pourront se prévaloir d’un taux de réussite exceptionnellement élevé une fois le pied posé en France.

D’autre part, il crée dans l’esprit des Français une confusion dommageable entre migrants clandestins et réfugiés fuyant des guerres. 

Enfin, et c’est le plus grave, ce renoncement montre que sur le territoire de la République le respect de la loi est optionnel, et que, au regard de la loi française, il existe deux catégories d’individus : ceux qui sont condamnés à la respecter et à qui on ne manque pas de faire des remontrances de toutes sortes (du permis à points aux contrôles absurdes de l’inspection du travail, en passant par les normes environnementales imposées aux agriculteurs et les tracasseries administratives innombrables) et ceux qui s’en trouvent affranchis par l’absence de volonté politique ou par idéologie, du multirécidiviste en sursis perpétuel au sans-papiers jamais reconduit.

En renonçant à faire appliquer le droit, le pouvoir socialiste montre son incapacité à traiter les problèmes d’immigration. Dans son camp et celui de ses alliés, des écologistes à l’extrême gauche, il persiste une incapacité idéologique à envisager beaucoup de sujets régaliens. 

L’Etat doit se recentrer sur ses prérogatives régaliennes sans quoi la cohésion nationale, déjà mise à mal, risque d’éclater. Nicolas Sarkozy, n’en déplaîse à son clergé, a su s’affranchir du politiquement correct qui paralyse l’Etat. Ce n’est pas le cas de tous les candidats de la primaire de la droite et du centre, et en particulier d’Alain Juppé qui, en devenant l’otage de François Bayrou, annihile sa capacité, s’il est élu, à traiter efficacement les dossiers régaliens majeurs qui attendent le futur président de la République.

 

Valéry Denis

Adjoint au maire de Troyes

Conseiller départemental de l'Aube

centriste-et-sarkozyste.com

 

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Immigration

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