Cette France défigurée !

Publié le 19 Octobre 2016

Une dégradation inquiétante.

Plus ça va plus on se demande où est passé  l’Etat, tant les zones de non droit et les agressions  montrent combien son autorité est mise  en défaut. Il ne se passe pas un jour que je n’ouvre mon ordinateur et trouve à la « une », une agression caractérisée. Encore aujourd’hui, je découvre que le personnel du Centre hospitalier de Tourcoing est toujours sous le choc, après l’agression d’une rare violence dont ont été victimes deux médecins et une infirmière du service des urgences dans la nuit de samedi à dimanche dernier.  Les médias ont évité d’en parler apparemment…  Les violences contre le corps enseignant se multiplient en classe et même dans la rue, et dans les lycées et collèges, l’ambiance n’est pas plus sereine. Mais l’exemple le plus flagrant de cette dérive c’est, bien sûr, l’attaque au cocktail Molotov contre des voitures de police stationnées à Viry-Châtillon. Un policier a été brûlé très grièvement et, au bout de plus d’une semaine, il est encore entre la vie et la mort. A  Mantes-la –Jolie  la  police est tombée dans un traquenard et s’est fait tirer dessus. En Corse, une bande de jeunes a attaqué les forces de l’ordre, faisant quatre blessés et incendié plusieurs voitures pour protester contre le procès de trois des leurs jugés en métropole. Ce dernier exemple relève d’un autre cadre mais n’en reste pas moins inacceptable. Enfin, à Calais, le tournage de France 5 dans la « jungle » tourne au cauchemar, et l’interprète patchoune d’un journaliste est violée.

On sait, mais que fait-on ?

Tout le monde sait que les cités où est organisé le marché de la drogue sont inaccessibles pour la police.  Tout le monde sait que les services hospitaliers sont l’objet de violences récurrentes. On se souvient aussi que les manifestations contre la loi Travail ont toutes fini par la destruction de mobilier urbain et que l’hôpital Necker pour enfants, à Paris, a même été attaqué et ses vitrines détruites. Depuis quelques temps, on assiste un peu partout à des émeutes spontanées accompagnées par des assauts contre tout ce qui représente, de près ou de loin, l’autorité de l’État. Il  n’est pas exagéré d’affirmer que les auteurs de toutes ces agressions ont des motivations communes  liées soit à l’affirmation d’une « identité » (devinez laquelle) ou la manifestation d’une haine de la France, soit à la volonté de gauchistes « no borders » d’imposer l’anarchie, quand ce ne sont pas de simples voyous acteurs d’un marché de drogue.

Le ras-le-bol des forces de l’ordre, voire des citoyens.

En réaction, des policiers ont manifesté dans la nuit de lundi à mardi à Paris pour se plaindre de leurs conditions de travail, du manque de matériel et de l’absence de moyens propres à lutter contre une violence qui, dans la plupart des cas, les dépasse. Ils protestent contre le manque de soutien de leur hiérarchie, les tracasseries administratives dès qu’une violence leur est imputée. La vérité,  c’est que le gouvernement n’a  pas pris la mesure de ce qui se passe. L’exaspération que manifestent nos policiers gagne aussi la population. La gauche est toujours aux prises avec ses états d’âmes et a  toujours un problème avec « l’autorité ». Elle fait de  beaux discours, mais l’action ne suit pas.  C’est vrai de la lutte contre le terrorisme, c’est vrai de la lutte contre les manifestations identitaires illégales, c’est vrai de la répression contre la toxicomanie comme en témoigne le choix d’ouvrir une salle de « shoot » à Paris. Le top de la vie à Boboland, c’est être à poil en fumant un joint.

La déliquescence vient du sommet.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes correspond à une autre crise que le pouvoir socialiste ne parvient pas à régler. Ce projet existe depuis longtemps. Des centaines de recours ont été tranchés en faveur des travaux. Le gouvernement a même organisé un référendum régional qui, avec 55 % des voix, a approuvé la construction de l’aéroport. Il continue d’être contesté par les écologistes, alors que le referendum était censé clore le débat. Quelques centaines de « zadistes », des écologistes, des « blackbloks » et des altermondialistes rêveurs ont pris racine sur les lieux et ne détesteraient pas une bonne castagne avec les policiers. Ils doivent être évacués, par la force s’il le faut. François Hollande et Manuel Valls ont confirmé que la zone serait libérée et que les travaux commenceraient cet automne. Les purs et durs, comme Cécile Duflot, continuent cependant de proclamer que le projet doit être abandonné, que les zadistes défendent une cause juste, même s’ils s’y prennent de manière violente et au mépris de tous les jugements prononcés par les tribunaux. On n’est pas surpris par les agissements de ces gens qui ne respectent la loi que lorsqu’elle leur est favorable. Mais voilà que Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, déclare qu’il faut en finir avec l’aéroport, dévoilant ce qu’elle a toujours pensé. Le fait qu’elle se dresse contre le Premier Ministre, est grave et contribue à discréditer un exécutif  déjà bien faible. Elle le fait au mépris des décisions de justice et de la légitimité des élus locaux.  La démocratie en prend un sacré coup, mais elle n’en a cure. Si elle agit ainsi, c’est que la rumeur se répand que François Hollande pourrait bien renoncer à se présenter pour un second mandat, et que, dans ce cas, Manuel Valls se présenterait.  Or, elle a bel et bien l’intention de lui faire barrage et de déclarer à son tour sa candidature.  Autrement dit, il s’agit d’un calcul machiavélique : elle espère que Manuel Valls voudra faire preuve de fermeté et que l’évacuation de la ZAD se passera mal, avec, cerise sur le gâteau royal, peut-être même des morts. Quel discrédit pour son rival. Ou il renonce, et alors elle aura beau jeu de  dénoncer le « matamore ».   Où est le sens de l’Etat dans tous ces calculs politiciens ? Et pendant ce temps-là pépère promène sa bedaine à travers la France, mobilisant des forces de l’ordre qui seraient bien utiles ailleurs, pour exalter son énorme popularité !

En attendant, c’est l’autorité de l’État qui disparaît, c’est le sentiment général que tout citoyen en colère peut faire impunément ce qu’il veut, depuis ceux qui agressent des enseignants jusqu’aux zadistes qui affirment défendre une cause sacrée et ne sont pas gênés de faire régner la loi de l’ultra-minorité. Cette France défigurée, cul par-dessus tête, les Français n’en veulent pas !

Daniel HOULLE

calepindh.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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