François Hollande badine et butine

Publié le 15 Octobre 2016

L’élu, aujourd’hui, n’agit plus. Il commente l’action qu’il aurait pu, pourrait ou devrait accomplir. Les élus qui ont un certain sens de l’État attendent d’avoir quitté la vie politique pour que ces commentaires deviennent des confidences. Philippe de Villiers, avec un grand succès, a publié Le moment est venu de dire ce que j’ai vu. Jean-Louis Debré a rédigé un Ce que je ne pouvais pas dire.

Notre président Hollande, dont les sondages sont en berne et qui doit se dire que le livre de Zemmour, Un quinquennat pour rien, est un jugement d’une tragique vérité, a donc devancé l’appel.

Plutôt que de se consacrer à plein temps à une fonction parmi les plus prestigieuses et les plus difficiles de la planète, il a passé 60 heures à se livrer à des journalistes, comme s’il n’était pas là où il est. C’est hallucinant. Au centre de la distribution, le rôle-titre avoue aux spectateurs qu’il n’était pas fait pour cet emploi, et qu’il l’abandonnerait sans amertume.

On se souvient de la tirade « Moi Président ». On se dit, aujourd’hui, qu’il ne l’a pas été du tout. Ses entretiens avec les auteurs d’Un président ne devrait pas dire ça ont, bien sûr, suscité les critiques acerbes de l’opposition, qui considère que la fonction présidentielle subit un abaissement inouï. Mais ses partisans eux-mêmes sont ébranlés. Leur langue de bois devient de plomb. Ils préfèrent ne pas commenter, laissant les « frondeurs » dire tout le mal qu’ils pensent de celui qui les a fait élire.

Certains évoquent un suicide politique. En fait, depuis le début, on assiste à un curieux spectacle où celui qui n’aurait jamais dû occuper l’Élysée se dédouble constamment entre l’homme de la fonction souvent mal à l’aise et l’homme tout court, dont l’esprit porté aux petites blagues et aux galipettes est à cent lieues du minimum mental pour assumer cette charge.

François Hollande est un cynique même pas méchant.

Devant les magistrats de l’USM, réunis en congrès, il lit le discours qu’on lui a écrit et dit : « Ce sont les magistrats qui font la grandeur de la justice » mais, se confiant à des journalistes, il dit ce qu’il pense : « La justice, institution de lâcheté. » Quand on prend la vie au sérieux et qu’on mesure les responsabilités d’un président de la République, soit on dit fermement et posément ce qu’on pense de la justice et on lance une politique pour la réformer, soit on se tait. Le président de la Cour de cassation et le procureur général n’ont pas digéré l’insulte, mais le coupable semble ne pas s’en soucier. Docteur président ne fait pas siens les dérapages de Mr. Hollande.

On se souvient des balades nocturnes et à scooter de ce père célibataire dont la seule réforme importante aura été le mariage dit « pour tous », lui qui porte cette institution tellement peu en estime qu’il l’avait négligée pour lui-même. François courait retrouver ses nouvelles amours avec une grossièreté sans pareille pour la concubine, que les courtisans saluaient du nom, pour le moins usurpé, de première dame de France.

On trouvait la décontraction du couple élyséen transgressive et moderne en diable. Les escapades casquées ont moins fait rire : le président socialiste était ridicule et goujat à la fois. La vengeance de la concubine s’est illustrée dans l’expression présidentielle jetée en pâture aux Français médusés. Ce socialiste opportuniste jugeait les « sans » une sacrée bonne trouvaille de « com’ » – les « sans-papiers » au lieu des clandestins, par exemple -, qu’il l’employait en s’amusant pour désigner les pauvres : les « sans-dents ». Mépris tranquille pour les pauvres.

Cet homme ne vit pas. Il joue. Il badine et il butine. Pour le reste, il n’est pas acteur mais spectateur et n’a même pas un grand intérêt pour le spectacle. « C’est vrai qu’il y a trop d’immigrés », dit-il. Il sont appelés à nous remplacer et « la femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain », dit-il encore. Après moi, le déluge !

Christian Vanneste
Homme politique
bvoltaire.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #Hollande

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