La patience du peuple de France atteindra un jour ses limites

Publié le 17 Octobre 2016

Régulièrement meurtrie, la France voit s’avancer le spectre d’un conflit national entre musulmans et non-musulmans. Alors que le maintien de l’ordre devient un enjeu vital, nos gouvernants rivalisent de laxisme et de médiocrité.

Bientôt, la guerre civile en France ? Fantasme ou sombre prévision, il n’est pas un banquet, un dîner, un café qui ne s’enflamme à l’évocation d’un prochain conflit armé qui opposerait musulmans et non-musulmans sur le sol national. La France, meurtrie par les attentats, découvre chaque jour un peu plus la faillite de son État régalien. Il n’est plus possible de se taire : après bien d’autres, le guet-apens de Viry-Châtillon n’en finit plus de sonner l’alarme. Aujourd’hui, les gangs n’hésitent plus à attaquer pour tuer afin de préserver leur territoire.

Dans ce contexte, où va la France ? Du Soumission (Flammarion), de Michel Houellebecq, au Guérilla (Ring), de Laurent Obertone, la littérature révèle à sa façon l’angoisse d’une nation et la montée en puissance d’un sentiment qui mêle peur et fascination (lire page 33). Guerre civile ou soumission à l’ordre islamique : tel serait le choix, disent les désabusés qui ont le vin triste. Il n’est pas trop tard pour éviter l’une et l’autre, répliquent ceux qui ont le vin gai et qui ont lu la Guerre civile qui vient (Pierre-Guillaume de Roux), d’Ivan Rioufol. Trop tard, protestent les plus désespérés, à la façon d’Éric Zemmour : incapables de sacrifier nos vies pour nos valeurs, ce sera la soumission.

La guerre civile ? Du délire, protestent les autruches du politiquement correct. Une « grosse blague », relaie Régis Debray dans un entretien au Figaro : où sont groupes armés, puissance étrangère, communauté musulmane soudée ? À la place, seulement une secte et une myriade de djihadistes reliés par Internet. Et si menace de guerre civile il y avait, elle viendrait de « l’ultra droite française », annonce Patrick Calvar, le directeur général de la sécurité intérieure, applaudi par Emmanuel Valls, traqueur de la “fachosphère”.

Enquêtons. Réduire l’interrogation nationale sur la guerre à ceux qui proclament leur envie de la faire ? Le bon sens français acquiesce à cette réflexion d‘Homère : « Il est sans foi ni loi, il est sans feu ni lieu, celui que réjouit la glaciale horreur de la guerre intestine. » Il a la mémoire de la grande jacquerie de 1358, de la Fronde, des guerres de Vendée, de ces grèves insurrectionnelles de 1947 sous inspiration communiste. Et plus encore de la guerre des Cathares et de celles qui opposèrent catholiques et protestants. De ses grands intellectuels, il a appris que« le plus grand des maux est les guerres civiles » (Pascal), ce « règne du crime » (Corneille), ce moment où le frère assassine le frère, le fils égorge père et mère, où le voisin extermine le voisin. « Les guerres civiles ont cela de pire que les autres guerres, de nous mettre chacun en échauguette [sentinelle] en sa propre maison », écrit Montaigne.

Si la France ne désire pas la guerre, a-t-elle pourtant tort de la craindre ?

Parmi ces conflits, le pire est la guerre de religion. Le vainqueur ne permet pas au vaincu de vivre simplement sous sa loi et son administration, à la façon dont s’imposa la pax romana après les sordides guerres civiles de la fin de la Rome républicaine. Puisque l’objectif est la destruction de la conscience ou son reformatage, la cruauté s’impose après la victoire. Une caractéristique commune avec les idéologies révolutionnaires athées. Et plus l’interprétation religieuse est totalitaire, plus le tortionnaire jouit de ses abjections en se persuadant d’obéir ainsi aux dieux et de rendre service à l’infidèle. « La guerre est une bénédiction », car « si on le tue, et qu’on empêche ainsi l’infidèle de perpétrer ses méfaits, cette mort sera son bien », disait l’ayatollah Khomeini.

Si la France ne désire pas la guerre civile, a-t-elle pourtant tort de la craindre ? Ce n’est pas certain. Du côté des djihadistes, la volonté de guerre civile est bien là. Ne sont-ils qu’une poignée ? J’entends l’objection. Passons sur ces centaines de terroristes français actuellement au Proche-Orient qui vont revenir s’ils ne sont pas neutralisés avant. Mais qui a dit qu’une minorité agissante ne pouvait mobiliser des foules et enclencher une guerre civile par une dynamique action-répression-mobilisation-action ? Toutes les guerres révolutionnaires n’ont-elles pas commencé ainsi ?

Ces quartiers périphériques où des bandes ont fêté le massacre du Bataclan

Les islamistes testent les défenses, provoquent la répression et tentent de se transformer en martyrs de l’islamophobie pour mobiliser les musulmans autour d’eux. Leur objectif est de construire un mur de haine dans ces “zones grises” où musulmans et “infidèles” vivent en bonne entente. Une stratégie théorisée par Abou Moussab al-Souri, longtemps proche d’Al-Qaïda, qui, dans Appel à la résistance islamique mondiale, prône l’action terroriste de petites cellules disséminées dans le pays pour créer cette rupture. Stratégie suivie par l’État islamique, suivant le manuel du collectif Abou Bakr Naji, Administration de la sauvagerie.

Objecter qu’il n’y aurait pas de communauté musulmane unifiée, entre sunnites et chiites et leurs multiples courants ? Certes, mais nationalistes et républicains de la guerre d’Espagne, Hutus et Tutsis n’étaient-ils pas divisés tout autant ? Le jeu de victimisation est là : rassembler au nom de la lutte contre l’islamophobie ce qui est épars, quitte ensuite à régler ses comptes dans le sang, comme on le voit entre Al-Qaïda et l’État Islamique.

Cette stratégie a pour elle trente ans de laxisme. Chacun peut constater la prolifération des voiles, le refus grandissant de serrer la main des femmes, les violences contre les médecins qui veulent soigner les musulmanes, les pressions des islamistes voilées, l’extension des ghettos où les islamistes et leurs alliés dealers font régner leur loi.

Et où vivent donc ces 28 % de musulmans en rupture affichée avec l’islam modéré de leurs parents et avec la France, révélés par une enquête de l’Institut Montaigne ? Ces 24 % favorables au niqab ? Ce tiers favorable à la polygamie ? Ces 65 % favorables au voile ? Là où ont lieu caillassages de pompiers, attaques de policiers, incendies de voitures. Dans ces quartiers périphériques où des bandes ont fêté les massacres de Toulouse et du Bataclan, là d’où sont sortis les djihadistes.

Il n’y a pas vraiment de groupements armés ? En est-on certain ? Des armes ? Il y en a à la pelle dans les cités. Et le massacre des 800 000 Tutsis, en trois mois, au Rwanda, en 1994, s’est fait à coups de machettes, de gourdins et de houes agricoles. Les islamistes attaquent nos concitoyens aussi avec des couteaux de cuisine. Quand les têtes sont armées, l’intendance suit.

La patience du peuple de France atteindra un jour ses limites

Encore faudrait-il l’intervention d’un pays étranger, souffle-t-on. Drôle d’idée. Que le Qatar ou l’Arabie saoudite ne soient pas en mesure de déclencher un conflit en France ne suffit pas à rassurer. De la guerre de Genpei (1180-85), au Japon, à la guerre de Sécession américaine, beaucoup furent commencées sans appui étranger. La plus dramatique des guerres civiles, la révolte des Taiping, en Chine (1851-1864), avec ses 30 millions de morts, ne déroge pas à cette règle : la cause majeure en fut la haine armée à l’intérieur.

Heureusement, notre nation a une capacité de résilience unique au monde. Elle est habitée d’une telle force morale que, jusqu’ici, le massacre de ses enfants ne l’a pas conduite à la haine — mais (à peine) à l’autodéfense (lire page 34). « Nous n’acceptons pas de subir l’ordre des gangs », nous disent les Corses de Sisco, montrant le chemin de l’honneur et du courage à la France tout entière.

Mais la question est, bien sûr : combien de temps cette vertu tiendra-t-elle ? Le pouvoir est si faible, si pleutre, si ignorant du devoir dû à la plus vieille nation d’Europe qu’il s’en va même mendier auprès du Conseil d’État des autorisations d’agir. Oui, il attend, ce peuple de France, avec une patience qui atteindra un jour ses limites, le fer républicain contre les prémices de la sédition, pour le retour de l’ordre laïc, souhaitant la renaissance de la douce France. En somme il attend un dirigeant digne d’elle, capable du mot de Bonaparte : « La France avant tout. »

valeursactuelles.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

Commenter cet article

Vent d'Est, Vent d'Ouest 18/10/2016 18:18

Le gouvernement n'attend peut-être que cela : que le peuple français se soulève pour justifier plus de répression. Vous avez dit complotiste ?

Charles 17/10/2016 08:36

...Les limites de la patience du peuple de France tendent vers l'infini ....çà dure depuis plusieurs décennies...et çà va encore durer, au vu des politiciens en lice pour prendre le volant ....la chute sera longue et douloureuse ....
A moins que les français ne se réveillent un jour ....mais je n'y crois pas ....pour moi ...c'est ficelé ..on va droit à la cata
Bonne journée...