L’insécurité, toujours et encore

Publié le 19 Octobre 2016

L’insécurité, toujours et encore. D’une élection présidentielle à l’autre, depuis quinze ans, rien n’a changé, tout a empiré.

Octobre 2016. Dans la nuit de lundi à mardi, des centaines de policiers ont manifesté sur les Champs-Élysées. Pour dénoncer leur « hiérarchie carriériste » et une justice qui, selon eux, ne fait pas son travail. L’agression de quatre des leurs, il y a peu, dans l’Essonne, puis celle de Mantes-la-Jolie ce week-end ont fait déborder le vase. Dépassé, le gouvernement n’a pas su calmer leur exaspération. Pire, il a qualifié leurs assaillants de « sauvageons », comme si les banlieues vivaient encore à l’heure de la guerre des boutons.

Déjà, en octobre 2001, des centaines de policiers avaient manifesté par surprise dans Paris, au cri de « Y en a marre de se faire flinguer ». Deux de leurs collègues venaient d’être tués dans le Val-de-Marne. Le gouvernement de Lionel Jospin avait été débordé par la colère des forces de l’ordre, qui avait aussi gagné les rangs de la gendarmerie. Six mois plus tard, l’insécurité était au cœur de l’élection présidentielle. Jean-Marie Le Pen était qualifié pour le second tour.

Quinze ans plus tard, la délinquance pourrit la vie de toujours plus de quartiers, alors que le nombre de policiers blessés en service a explosé (5 736 en 2015). Les milliards d’euros dépensés pour la rénovation urbaine des cités n’ont pas empêché le trafic de drogue de se propager, les zones de non-droit de prospérer, le système scolaire de se déliter. L’islamisme a trouvé là un terreau propice à son enracinement...

Yves Thréard

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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