Istres : Macron joue au Général

Publié le par LA REDACTION

Emmanuel Macron sur la base de Istre

Emmanuel Macron sur la base de Istre

L’annonce au début du mois d’exorbitantes coupes budgétaires imposées à une armée déjà exsangue et vétuste avait mis le feu aux poudres. « je ne vais pas me laisser b***er comme ça » avait-il affirmé devant les députés, « je ne pourrai plus regarder mes gars dans les yeux si on réduit encore nos moyens« , avait tonitrué le général Pierre de Villiers, chef d’état-major, devant la commission parlementaire de défense.

Une critique parfaitement légale, émise dans un cadre constitutionnel devant la représentation nationale, et sans remise en cause du pouvoir civil ou de sa légitimité. Bref, pas de quoi fouetter un chat. Mais toute critique, fût-elle légale, est un blasphème pour Jupiter qui a sèchement rappelé à l’ordre le général de Villiers le lendemain soir, lors d’un discours prononcé devant les troupes qui allaient défiler le 14.

« Je suis votre chef« , a-t-il lâché, d’emblée : «  Je considère pour ma part qu’il n’est pas digne d’étaler des débats sur la place publique […] je n’ai à cet égard besoin de nulle pression, de nul commentaire« . Le président a également dit aimer le devoir de réserve. Et de conclure sur un ton lapidaire : « Et ce que j’ai parfois du mal à considérer dans certains secteurs, je l’admets encore moins quand il s’agit des armées« .

Outre son hubris démesuré, Emmanuel Macron a démontré ici sa totale méconnaissance de la chose militaire, dont l’une des premières règles est de ne jamais réprimander un officier devant ses subordonnés, sous peine de saper l’autorité de celui-ci auprès de ses troupes.

Rabroué et humilié, le général de Villiers a démissionné le 19 juillet en adressant une ultime bravade à son patron néronien : « Personne ne mérite d’être suivi aveuglément« , a-t-il déclaré. Son successeur est le général François Lecointre, ancien chef du cabinet militaire de Matignon, ayant travaillé avec Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Édouard Philippe. « Un héros » selon le Président, « un godillot » selon plusieurs haut gradés qui craignent un chef d’état-major absent et totalement soumis à l’Élysée. Qu’ils relativisent : ça aurait pu être le colonel Placé soudain promu à la dignité de maréchal.

Certains sont de mauvais perdants à la défaite amère. Macron est un mauvais gagnant qui, même après la victoire, n’épargne pas son adversaire vaincu. Non content d’avoir poussé de Villiers à la démission, il multiplie ses tacles envers le général. Lors d’un déplacement à Istres, où il s’est rendu déguisé en militaire, Emmanuel Macron a déclaré que le budget de l’armée « n’est pas le rôle » du chef d’état-major, dont les attributions sont limitées : « des troupes à conduire, des opérations à mener, une stratégie, des capacités à défendre et  à proposer au chef des armées qui est le président de la République« .

Les journalistes s’étonnent de ce ton inhabituellement cassant. « Quelle mouche a piqué Macron ? » se demandait Le Point ébahi. La réponse est pourtant simple : crise d’ego.

La nomination d’incompétentes notoires au Ministère des Armées (que d’aucuns impertinents transcrivent « ministère désarmé »), le défilé sur un véhicule militaire le jour de son investiture, le renvoi de de Villiers et son remplacement par un godillot, ainsi que sa visite sur une base militaire déguisé en Tom Cruise sont autant de messages aux soldats : il est le chef incontesté d’une armée où il n’a jamais mis les pieds, et ceux qui ne sont pas jouasses peuvent prendre la porte. En plus d’être une grande muette, l’armée est priée d’être sourde et aveugle, une grosse gaupe stupide et empotée, totalement soumise aux desiderata du Président dont on se demande si – dans le fond de son âme capricieuse et infantile – il ne jalouse pas ces hommes qui ont fait de l’héroïsme un mode de vie.

Notons que Macron est le premier président à ne pas avoir effectué de service militaire. Son titre de « chef », il ne le doit pas plus à ses faits d’armes qu’au respect de ses soldats, mais au seul principe électoral qui soumet le militaire au civil, le guerrier au politicard, l’héroïsme au cynisme.

Si nous avons tous joué à la guerre avec des soldats de plomb et dévalé rues ou sentiers avec nos camarades de jeu en nous prenant pour des généraux en campagne, avec l’âge, la plupart d’entre nous ont relégué ces jeux au monde perdu de l’enfance.

Pour d’autres, la chose s’avère plus complexe. Macron, qui se croit chef de guerre, en est la preuve. A ceci près que, contrairement à nous enfants, il joue avec de vrais soldats faits de chair et de sang. Et son jeu avec l’armée est bien trouble, il ne peut que nuire à la première puissance militaire d’Europe.

Nicolas Kirkitadze pour ripostelaique.com

 

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Publié dans France, Macron

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