La colère des policiers ne retombe pas

Publié le 20 Octobre 2016

De nouvelles manifestations ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Les policiers, en civil, étaient environ 300 sur les Champs-Élysées.

Malgré la mobilisation du gouvernement et sa promesse de « concertations » sur leurs revendications, les policiers ont encore exprimé leur ras-le-bol avec de nouvelles manifestations. « Cazeneuve t'as perdu, la police est dans la rue ! » : comme lundi au premier soir du mouvement de contestation, des agents ont marché dans la nuit sur les Champs-Élysées. Ils étaient environ 300, en civil : formant une chaîne compacte et dissimulant souvent leurs visages, ils sont montés jusqu'à l'Arc de Triomphe, sous lequel ils ont entonné la Marseillaise, avant de se disperser. Les manifestants avaient été auparavant empêchés de faire route vers le ministère de l'Intérieur, comme ils l'ambitionnaient.

Ils étaient partis de la très symbolique place de la République, après un détour par l'hôpital Saint-Louis tout proche, où est soigné un adjoint de sécurité de 28 ans très grièvement brûlé dans une attaque au cocktail Molotov d'un véhicule de police à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre. C'est cette agression qui a déclenché la fronde actuelle. Une gardienne de la paix de 39 ans, qui avait été également grièvement touchée, a quitté l'hôpital mardi soir. Après Marseille et Nice mardi, le mouvement a gagné encore d'autres villes. Une centaine d'agents se sont retrouvés mercredi soir devant l'hôtel de police à Nancy, selon une source syndicale. Et quelque 120 policiers se sont rassemblés à Toulouse pour dire leur « malaise ». À quelques mois de la présidentielle, la fronde a viré à la polémique politique.

Les syndicats, confrontés eux-mêmes à la colère de la base, ont ensuite été reçus longuement par le garde des Sceaux. Alors que les policiers dénoncent régulièrement « l'impunité » dont jouiraient leurs agresseurs, Jean-Jacques Urvoas a promis « la plus grande fermeté ». À la sortie, le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance, Frédéric Lagache, s'est cependant dit « déçu » par l'absence de « réponse », notamment sur un changement des règles de la légitime défense. Le syndicat demande désormais « une audience au président de la République ». Mais Yves Lefebvre, d'Unité-Police SGP-FO, s'est félicité d'« un bon dialogue ». Ce syndicat a appelé à une manifestation silencieuse, « une marche de la colère policière et citoyenne », le mercredi 26 octobre.

lepoint.fr

Rédigé par La rédaction

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